Résumé

  • draft-many-lsr-power-group-04 propose des TLV IS-IS pour les groupes d’alimentation, le potentiel d’économie, les adjacences endormies et le débit dormant d’un LAG. Ce sont des entrées de calcul, non des commandes électriques ni des mesures de résultat.
  • Un réveil crédible suppose un identifiant de ressource exact, l’accord des deux extrémités, deux actions locales du gestionnaire d’alimentation, un chemin de contrôle indépendant, le retour de l’adjacence et une capacité à nouveau utilisable.
  • L’authentification IS-IS établit l’origine du message. Elle ne certifie ni le capteur, ni la configuration, ni l’état physique déclaré par un routeur pourtant autorisé.

La panne la plus difficile à expliquer n’est pas toujours une disparition. C’est parfois une ressource qui reste parfaitement visible. Son identifiant est dans la base. Son potentiel d’économie est chiffré. Son adjacence est conservée, marquée « endormie ». Quand la demande remonte, le contrôleur la sélectionne parce que toute la mémoire nécessaire semble présente.

Mais la mémoire du contrôle n’est pas l’état de la machine.

La révision 04 propose précisément de conserver dans IS-IS des informations sur des ressources mises en veille. Cette représentation est nécessaire pour pouvoir raisonner sur leur réveil. Elle ne constitue pas le reçu du réveil.

Ce que le routeur annonce réellement

Le Power Group TLV associe, dans l’espace local du routeur émetteur, un identifiant, un potentiel d’économie d’énergie ou PSP exprimé en milliwatts, et éventuellement un parent. Le Sleeping Adjacencies TLV transporte des TLV de joignabilité complets pour que l’adjacence indisponible ne soit pas effacée de la mémoire topologique.

Des sous-TLV ajoutent l’appartenance d’une interface à un ou plusieurs groupes, son PSP et le débit unidirectionnel dormant d’un LAG. Un bit placé dans le Link Attributes sub-TLV de RFC 5029 indique qu’un lien peut être mis en veille.

Le vocabulaire est précis. Il faut respecter sa portée :

Indication Conclusion permise Conclusion interdite sans autre preuve
Power-Sleep Capable le lien peut être éligible une mise en veille a été autorisée ou exécutée
PSP une économie potentielle est déclarée cette économie a été mesurée pendant l’intervalle
adjacence endormie l’émetteur conserve une ressource indisponible les deux extrémités ont achevé la même transition
débit dormant un agrégat de capacité de membres LAG est déclaré cette capacité est déjà réveillée et réservable
LSP authentifié un participant reconnu a signé l’annonce les valeurs d’un routeur autorisé sont physiquement vraies

Une plate-forme qui remplace ces cinq propositions par un voyant vert ne simplifie pas l’exploitation. Elle supprime les limites de la preuve.

Le « présent » est l’ensemble complet des fragments

Les identifiants de Power Group ne sont pas mondiaux. Ils ne prennent sens qu’avec l’Intermediate System qui les émet. Un parent égal à zéro désigne une racine. Un parent non résolu transforme aussi le groupe en racine. Un cycle, en revanche, invalide tous ses membres pour le calcul de chemin.

Le récepteur doit comparer toutes les occurrences dans l’ensemble courant des LSP, à un niveau IS-IS donné. Des doublons identiques se confondent. Deux entrées portant le même identifiant mais des PSP ou parents différents sont toutes rejetées. L’ordre d’arrivée et le numéro du fragment ne servent pas à choisir une vérité commode.

Cette règle reconnaît un fait opérationnel : la mise à jour de plusieurs fragments n’est atomique que « lorsque cela est possible ». Pendant la convergence, l’incohérence est un état attendu et doit rester visible comme tel.

Même prudence pour une adjacence publiée à la fois endormie et non endormie : l’état endormi l’emporte. Après le redémarrage du nœud distant, certaines données peuvent devenir irrésolubles. L’annonce peut rester en mémoire, mais les champs irrésolubles ne doivent plus nourrir le calcul tant qu’une nouvelle annonce distante ne les a pas rétablis.

Le reçu utile doit donc conserver l’origine, le niveau, la génération des LSP, les fragments, la période d’effet, la règle de validation et la raison d’une exclusion. Une exportation aplatie sleeping=true ne permet pas de reconstruire la décision.

Le débit dormant d’un LAG perd l’identité des membres

Un LAG de niveau 3 peut référencer plusieurs Power Groups. Pourtant, le sous-TLV d’appartenance ne dit pas quel membre physique relie le LAG à quel groupe. Le débit dormant est lui-même un total : la somme des débits maximaux des composants endormis, diminuée de la capacité affectée à des LSP RSVP-TE.

Ce total ne décrit pas le membre qu’il faut réveiller. Il ne dit pas si l’optique est synchronisée, si l’adjacence est revenue, si les réservations sont cohérentes ou si le membre a rejoint l’ensemble actif. Il est un nombre unidirectionnel, encodé en binary32, soumis à des règles de validité et de conflit. Ces règles protègent la forme du nombre ; elles ne créent pas la capacité.

RFC 5305 fournit le contexte des extensions d’ingénierie de trafic. RFC 5120 encadre les topologies multiples. Aucun de ces textes n’autorise à traiter un agrégat de TED comme une mesure fraîche de la transmission.

Le calculateur ne commande pas le relais électrique

Le projet PCPPS concentre les flux sur un petit nombre de ressources quand la demande baisse. Les chemins ordinaires excluent les adjacences endormies. S’il ne trouve aucun chemin, le calculateur peut envisager une ressource endormie, demander son réveil au composant de gestion du sommeil, puis recommencer son calcul.

Ce composant est hors du périmètre du projet. La séparation est saine : le calculateur formule un besoin ; le gestionnaire local agit sur le matériel.

Le cadre de transition de puissance détaille alors une autre machine d’état : Operating, Requisition, Ready, Pending, Sleeping. L’accusé de préparation conduit à Ready, pas à la preuve d’un sommeil physique. L’instruction finale conduit d’abord à Pending. Le texte interdit de déclarer le succès au seul motif qu’une demande a été envoyée.

Chaque extrémité possède son gestionnaire local. Les deux doivent agir. Le réveil restaure séparément leur état et doit emprunter un chemin de contrôle qui ne dépend pas de la ressource endormie. Identité du lien, adressage, attributs TE, distinction des liens parallèles, réservations, labels et protection doivent survivre ou être réconciliés.

Le contrôle crédible comporte au minimum neuf reçus : provenance des données ; réception authentifiée de l’ensemble LSP ; projection TED datée ; décision de calcul et politique ; transaction exacte sur la ressource ; achèvement physique aux deux extrémités ; conservation de l’état et du chemin de réveil ; retour de l’adjacence et capacité rafraîchie ; enfin installation, paquets, énergie mesurée et résultat de service.

Une signature n’est pas un wattmètre

RFC 5310 permet d’authentifier IS-IS. Le projet recommande cette protection, car une fausse annonce pourrait concentrer le trafic sur une capacité insuffisante ou provoquer des transitions répétées.

Il rappelle aussi qu’un routeur autorisé mais mal configuré peut annoncer une donnée incorrecte. L’authentification répond à « qui a émis ? », non à « quel capteur a observé ? » ni à « le matériel a-t-il exécuté ? ». Il faut donc stocker le type de source — valeur administrative, lecture matérielle ou dérivation —, sa version, son heure, l’émetteur et le retour d’état.

Après le réveil, RFC 5880 peut contribuer une observation de continuité avec BFD. Même une session BFD saine ne prouve ni la capacité réservée, ni l’économie d’énergie, ni le succès applicatif. C’est une étape, pas la conclusion.

Un projet actif ne prouve aucun déploiement

Le Datatracker présente la révision 04 comme un Internet-Draft individuel actif, candidat pour LSR, avec un appel à adoption. L’historique montre le travail documentaire. Il ne montre ni produit, ni interopérabilité, ni économie mesurée. Plusieurs valeurs IANA sont encore TBD.

Cette analyse ne prétend donc pas qu’un incident réel a eu lieu. Elle ne prétend pas non plus que les annonces sont fausses. Elle dit seulement qu’elles ont une portée définie.

Avant d’admettre un flux, il faut joindre des postconditions : même ressource, deux extrémités prêtes, deux gestionnaires physiques achevés, chemin de réveil conservé, adjacence et éventuelle vivacité rétablies, fragments cohérents, mappages résolus, réservations réconciliées, capacité utilisable fraîche, entrée de forwarding installée et effet observé. En l’absence d’un élément, l’état honnête est wake_unverified.

La primauté du code en fonctionnement place l’exécution avant l’étiquette. La réflexion sur le pouvoir séparé de la responsabilité demande qui commande et qui supporte la perte. L’illusion de stabilité rappelle que la continuité du service compte davantage que la continuité du récit de contrôle.

Une base IS-IS peut se souvenir d’un lien endormi. Elle ne peut pas le réveiller.

Sources