- AFRINIC est largement couvert par le principal journal de Maurice alors que le statut de « société déclarée » et d'autres événements attirent l'attention.
- AFRINIC fait face à des troubles juridiques avec Cloud Innovation; le gouvernement intervient pour rétablir la surveillance et la légitimité.
L’Express, le journal le plus lu à Maurice, dans son édition du 20 août 2025, a mis en lumière la crise de gouvernance en spirale à l'AFRINIC—le registre Internet régional pour l'Afrique—alimentée par un litige prolongé avec Cloud Innovation Ltd concernant les allocations d'adresses IP. Cloud Innovation, autrefois un membre important, a engagé des poursuites judiciaires qui ont conduit à la mise sous séquestre de l'AFRINIC et à une tentative de dissolution. La composition incorrecte du conseil d'administration a encore aggravé la défaillance de gouvernance, ce qui a conduit à une supervision des élections par un séquestre nommé par le tribunal.
En réponse, le gouvernement mauricien a élevé l'AFRINIC au statut de « société déclarée »—une mesure exceptionnelle en vertu de la loi sur les sociétés, accordant le pouvoir de suspendre toutes les actions en justice et de lancer une inspection soutenue par l'État. Le juge Nicholas Ohsan-Bellepeau a été nommé inspecteur, habilité par des dispositions constitutionnelles et légales. Ses références—expérience judiciaire et impartialité—ont été considérées comme essentielles pour restaurer la crédibilité dans un contexte d'allégations de détournement des mécanismes judiciaires et d'opacité procédurale.
Cette intervention survient dans un contexte d'inquiétude mondiale croissante: le dysfonctionnement de l'AFRINIC menace le contrôle de l'Afrique sur son infrastructure numérique, risquant une intervention externe via l'ICANN. Le rapport à venir de l'inspecteur était considéré comme crucial pour évaluer les défaillances structurelles de l'AFRINIC et tracer la voie vers une gouvernance transparente.
Depuis lors, le juge a vu son mandat révoqué par le président, les critiques soulignant qu'aucun juge en exercice ne devrait être nommé par l'exécutif pour des tâches extérieures au tribunal. Cela a constitué un excès de pouvoir du gouvernement et un défi potentiel à la loi constitutionnelle du pays.
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Tourmente de gouvernance à l'AFRINIC: une analyse détaillée de L'Express
Bourbier juridique avec Cloud Innovation Ltd
L'AFRINIC, le registre Internet africain, est empêtré dans des batailles juridiques persistantes initiées par Cloud Innovation Ltd—un membre autrefois important expulsé à la suite de différends sur les allocations d'adresses IP. Ces tensions se sont intensifiées lorsque Cloud Innovation a demandé la mise sous séquestre et a finalement poussé à la dissolution forcée de l'AFRINIC.
Mise sous séquestre et composition douteuse du conseil
Alors que les litiges s'accumulaient, l'AFRINIC a été placée sous séquestre. Le conseil d'administration initial n'était pas correctement constitué, ce qui a conduit à la nomination d'un séquestre dont le mandat incluait la restauration d'une gouvernance légitime par des élections correctement organisées.
Intervention gouvernementale via le statut de « société déclarée »
De manière spectaculaire, le gouvernement de Maurice a désigné l'AFRINIC comme « société déclarée » en vertu de l'article 230 de la loi sur les sociétés—une mesure extraordinaire permettant une supervision étatique dans l'intérêt public. Cette action suspend les actions en justice existantes contre l'organisation, en bloque de nouvelles et déclenche une enquête nommée par le gouvernement.
La nomination de l'inspecteur: un juge de la Cour suprême
En vertu de la loi sur les sociétés, tout inspecteur nommé doit être un auditeur qualifié avec cinq ans d'expérience ou un fonctionnaire judiciaire en exercice ou ancien. Compte tenu de la complexité de l'affaire et de l'utilisation abusive potentielle des procédures judiciaires, le président a choisi le juge Nicholas Ohsan-Bellepeau, juge en exercice à la Cour suprême, comme inspecteur. Il a été temporairement déchargé de ses fonctions judiciaires jusqu'au 30 septembre 2025 pour mener à bien ce mandat.
Contexte et conséquences: ce que cela signifie pour l'AFRINIC
Pression institutionnelle croissante
La guerre juridique prolongée avec Cloud Innovation a paralysé la gouvernance de l'AFRINIC, conduisant à une structure sans conseil ni PDG et soulevant des doutes sur sa légitimité.
Choisir un juge comme enquêteur
Le juge Ohsan-Bellepeau a apporté des décennies de crédibilité judiciaire et de neutralité—des qualités jugées essentielles compte tenu de la crise. Sa sélection, invoquant l'article 77(3) de la Constitution et l'article 7(3) de la loi sur les tribunaux, a alimenté le discours sur l'équilibre des pouvoirs institutionnels.
Quelle est la suite ?
Un rapport du juge Ohsan-Bellepeau était très attendu pour faire la lumière sur les défaillances procédurales, la légalité de la mise sous séquestre et les demandes de Cloud Innovation. Ses conclusions pourraient façonner l'avenir de l'AFRINIC, influencer la position de l'ICANN et définir les normes de gouvernance régionale de l'Internet.

