- Le juge Nicholas Ohsan Bellepeau s'est retiré de son rôle d'inspecteur de l'AFRINIC, après que Cloud Innovation Ltd a contesté sa nomination pour conflit d'intérêts, gelant son mandat et le poussant à démissionner pour protéger l'intégrité judiciaire.
- Son départ aggrave la crise de gouvernance de l'AFRINIC, déjà marquée par une mise sous séquestre, l'annulation de l'élection du conseil d'administration de 2025 et des appels croissants à la dissolution du registre, suscitant des craintes d'une intervention de l'ICANN et de l'érosion de la souveraineté numérique de l'Afrique.
Dans un rebondissement juridique stupéfiant, le juge Nicholas Ohsan Bellepeau, nommé le mois dernier en tant qu'inspecteur pour examiner l'AFRINIC Ltd, actuellement sous séquestre judiciaire, s'est officiellement retiré de son rôle, invoquant des conflits d'intérêts.
Comme le rapporte Defimedia.info, ladémissiondu juge, présentée par son équipe juridique le 20 août 2025 devant le juge Azam Neerooa, fait échouer une tentative du gouvernement d'enquêter sur l'AFRINIC, et ajoute de l'huile sur le feu aux critiques selon lesquelles des parties prenantes influentes dans l'affaire AFRINIC tentent d'interférer dans la crise par des moyens qui dépassent les limites légales.
L'équipe du juge Bellepeau, dirigée par les avocats principaux Robin Ramburn, Yanilla Moonshiram, Ali Hajee Abdoula et l'avocat Preetam Chuttoo, a déclaré que bien que le juge ait divulgué son implication antérieure dans trois affaires impliquant Cloud Innovation et AFRINIC au moment de sa nomination, son indépendance n'était pas entachée. Après sa nomination, la Cour suprême de Maurice lui asignifié une injonctiongelant son mandat, rendant la mission intenable. Avec la démission de Bellepeau, l'affaire devrait maintenant se poursuivre le 26 août 2025.
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Catastrophe de gouvernance à l'AFRINIC
Le retrait du juge Bellepeau intervient dans un contexte de chaos croissant au sein de l'AFRINIC, le gardien des adresses IP pour l'Afrique, une saga exposant desdéfaillancessystémiquesde la confiance institutionnelle, des normes démocratiques et de la souveraineté numérique régionale.
L'AFRINIC n'a plus de conseil d'administration ni de PDG depuis plusieurs années, fonctionnant sous la tutelle d'un séquestre nommé par le tribunal. Cela a centralisé le contrôle et mis à l'écart la gouvernance communautaire.
En juin 2025, une élection très attendue du conseil d'administration a étéannulée en raison d'un seul vote par procuration contesté, provoquant un tollé alors que des centaines de bulletins valides ont été rejetés. Cela a brisé la confiance des membres et signalé un effondrement plus profond du processus démocratique au cœur de l'AFRINIC.
Cloud Innovation, le troisième plus grand membre de l'AFRINIC, est intervenu pour tenter de remettre l'organisation entre des mains plus démocratiques et plus compétentes enexigeant la dissolution de l'AFRINIC. Il a exhorté qu'un registre Internet régional (RIR) existant reprenne les fonctions de l'AFRINIC pour sauvegarder la gouvernance de l'Internet en Afrique.
Cette débâcle de gouvernance n'est pas passée inaperçue. L'ICANN, par le biais de son cadre ICP-2, a indiqué qu'elle pourrait intervenir ou même ne plus reconnaître l'AFRINIC si les réformes échouent, soulevant des alarmes quant à une influence extérieure croissante minant l'autonomie régionale.
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Un test constitutionnel à Maurice
Au-delà de l'échec institutionnel, la crise de l'AFRINICmet désormais à l'épreuve la résilience démocratique à Maurice, le pays hôte. Elle soulèvedes questions urgentes sur la manière dont les institutions politiques, juridiques et judiciairespeuvent, ou devraient, intervenir pour protéger les droits numériques et la gouvernance régionale de l'effondrement.
La nomination du juge Bellepeau en tant qu'inspecteur était une tentative du gouvernement mauricien de contourner le pouvoir judiciaire dans le contexte de la crise croissante. Comme l'a dit un observateur, sa réputation mesurée offrait l'espoir que l'honnêteté juridique puisse percer la fatigue institutionnelle.
Son retrait suggère que même l'intégrité du pouvoir judiciaire pourrait être insuffisante pour surmonter la paralysie procédurale croissante, les assauts juridiques externes et l'autorité contestée.
Son départ non seulement retarde une enquête ordonnée par le tribunal, mais souligne également la crise de gouvernance de l'AFRINIC, menaçant la revendication du continent à une gestion démocratique de sa propre infrastructure numérique.