•Le Japon finance un réseau satellite LEO dirigé par Rakuten pour construire une alternative souveraine à Starlink
•Construit le premier réseau satellite domestique du Japon, réduisant la dépendance à SpaceX pour la connectivité critique
Les faits
Un consortium dirigé par Rakuten devrait recevoir jusqu'à 150 milliards de yens (environ 930 millions de dollars américains) de financement du gouvernement japonais pour développer un réseau de communications par satellite en orbite terrestre basse (LEO) domestique. La subvention proposée fait partie de la stratégie du ministère des Affaires intérieures et des Communications visant à renforcer la capacité de communication spatiale sous contrôle national du Japon et à étendre la connectivité nationale résiliente.
Rakuten a l'intention de créer une coentreprise avec AST SpaceMobile pour déployer et exploiter le service. La phase initiale utilisera l'infrastructure satellite d'AST SpaceMobile avant de passer progressivement à une constellation de satellites japonaise dédiée. Le réseau est conçu pour fournir une connectivité mobile directe vers les appareils, en particulier dans les îles éloignées, les régions montagneuses et les zones touchées par des catastrophes où les réseaux terrestres conventionnels sont plus difficiles à déployer ou à restaurer.
Cette initiative intervient alors que les principaux opérateurs mobiles japonais — dont KDDI, NTT Docomo et SoftBank — s'appuient déjà sur des partenariats avec Starlink de SpaceX pour les communications par satellite. La proposition de Rakuten créerait la première alternative sous contrôle national du pays, étendant la capacité satellite tout en renforçant la résilience des communications grâce à une infrastructure soutenue par l'État. Par ailleurs, le ministère des Affaires intérieures et des Communications du Japon a confirmé le 24 juin qu'il ouvrira la bande des 700 MHz pour une utilisation satellite directe vers les appareils, avec des modifications réglementaires attendues d'ici septembre 2026.
Analyse
La subvention proposée illustre comment les communications par satellite deviennent une partie de l'infrastructure stratégique nationale plutôt qu'un simple service de télécommunications commercial. Alors que les gouvernements traitent de plus en plus les réseaux non terrestres comme une extension de la connectivité nationale, la propriété et le contrôle opérationnel deviennent aussi importants que la couverture réseau elle-même.
Pour Rakuten, le projet représente une expansion stratégique au-delà des opérations de réseau mobile vers une infrastructure de communications souveraine. Plutôt que de dépendre principalement de plateformes satellites exploitées par des entités étrangères, l'entreprise participerait directement à la construction et à l'exploitation d'un réseau LEO soutenu par l'État. Pour le Japon, l'investissement renforce la capacité nationale dans un domaine devenu de plus en plus important pour la résilience face aux catastrophes, la connectivité dans les zones reculées et la souveraineté numérique à long terme.
Plus largement, l'annonce reflète un changement plus vaste dans la politique d'infrastructure des télécommunications. Les gouvernements ne considèrent plus la connectivité par satellite uniquement comme un complément aux réseaux terrestres, mais comme une composante intégrale de l'architecture des communications futures. Pour les opérateurs d'infrastructure, la direction est claire: le contrôle stratégique de la connectivité non terrestre devient un élément de plus en plus important de la planification des infrastructures numériques nationales.
À surveiller
Surveillez la confirmation officielle de la subvention, la création de la coentreprise de Rakuten avec AST SpaceMobile et les détails du déploiement des satellites. Il sera également important de surveiller comment le Japon intègre les réseaux non terrestres dans la future politique des télécommunications — notamment comment l'ouverture du spectre des 700 MHz pour le service direct vers les appareils façonne la stratégie des opérateurs — et si d'autres opérateurs nationaux poursuivent des capacités satellites souveraines parallèlement aux partenariats existants avec des fournisseurs internationaux.

