- Cloud Innovation pousse pour la liquidation de l’AFRINIC alors que l’effondrement de la gouvernance s’aggrave
- L’ICANN fait face à des critiques pour son ingérence dans la crise de la gouvernance Internet en Afrique
La gouvernance de l’AFRINIC s’est effondrée
L’AFRINIC, le gestionnaire des ressources d’adresses IP de l’Afrique, risque de devenir un registre défaillant. Des années de problèmes de gouvernance, de mauvaise gestion et d’enchevêtrements juridiques l’ont amené au bord de l’effondrement. Bien que placé sous administration judiciaire depuis 2023, l’AFRINIC n’a pas réussi à organiser des élections fonctionnelles. En juin 2025, son élection tant attendue a été brusquement annulée en raison d’une procuration contestée, entraînant la mise au rebut de centaines de votes valides—un événement qui a déclenché une indignation généralisée. Cela, selon les critiques, confirme que les normes électorales de l’AFRINIC sont devenues fondamentalement inapplicables.
L’annulation n’a pas été un incident isolé, mais fait partie d’un dysfonctionnement plus large. Sans conseil d’administration fonctionnel, sans PDG et sans capacité à remplir son mandat principal, l’AFRINIC a perdu la confiance de ses membres. Cette paralysie institutionnelle menace désormais la continuité des ressources IP de l’Afrique et son développement numérique.
L’argument de Cloud Innovation pour une réinitialisation nécessaire
Cloud Innovation, le troisième plus grand membre de l’AFRINIC, a passé des années à s’engager auprès de l’organisation par le biais de litiges et de surveillance. En 2025, elle a soutenu le processus électoral et encouragé une large participation. Cependant, lorsque le vote de juin a été annulé malgré des soumissions valides, Cloud Innovation a conclu que la démocratie au sein de l’AFRINIC était devenue «plus viable». Son évaluation: les élections ne sont plus une voie viable dans un système défaillant.
En conséquence, Cloud Innovation a déposé une pétition formelle pour liquider l’AFRINIC. Elle a décrit cette démarche comme une réinitialisation nécessaire, et non un acte d’agression. La société a demandé à l’ICANN et à la NRO de nommer immédiatement un nouveau RIR, afin de préserver la continuité des adresses IP en Afrique. Selon elle, maintenir l’AFRINIC en vie uniquement de nom perpétue l’échec de la gouvernance.
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La prise de pouvoir discrète de l’ICANN suscite l’inquiétude
Alors que l’AFRINIC vacille, l’ICANN est critiquée pour ce que les détracteurs qualifient de prise de pouvoir discrète. Ses interventions, comme faire pression sur l’administrateur judiciaire et pousser à la reprise des élections, sont perçues comme une atteinte à l’autorité judiciaire locale. À cela s’ajoute la résurgence du document ICP-2, qui permet à l’ICANN de retirer unilatéralement la reconnaissance des registres régionaux, ce qui est largement considéré comme un abus de pouvoir.
Le PDG Kurtis Lindqvist affirme que l’ICANN doit protéger les ressources Internet mondiales. Mais les critiques estiment que l’ICANN tente de choisir les dirigeants de l’AFRINIC, contournant le modèle multipartite qu’elle prétend soutenir. Les messages contradictoires de l’organisation — menaçant de retirer la reconnaissance un jour, faisant marche arrière le lendemain — reflètent une stratégie davantage axée sur le contrôle que sur la stabilité.
Liquidation: destruction ou la seule voie à suivre ?
La liquidation est-elle la seule voie ? Cloud Innovation le pense. Ayant investi dans les voies juridiques et l’engagement démocratique, elle fait valoir que l’AFRINIC est irréparable. La structure actuelle d’administration judiciaire, censée stabiliser le registre, n’a fait qu’exposer des défaillances plus profondes. La réponse judiciaire attendue à sa pétition — prévue pour le 24 juillet — pourrait façonner l’avenir de l’Internet du continent.
Les opposants mettent en garde contre un contrôle externe, mais les partisans estiment qu’une réinitialisation légale, supervisée par les tribunaux, est la seule alternative viable. L’effondrement continu de l’AFRINIC met en péril le développement de l’Internet en Afrique. Sans un registre fonctionnel ou une gouvernance claire, Cloud Innovation soutient que la continuité ne peut être préservée que par le remplacement, et non par la réforme.

