- L’appel à la dissolution de l’AFRINIC lancé par Cloud Innovation a suscité inquiétude, débat et résistance dans le paysage de la gouvernance de l’Internet.
- Les parties prenantes mondiales et régionales insistent sur la réforme plutôt que la dissolution, mettant en garde contre des risques majeurs pour la stabilité de l’Internet en Afrique.
La proposition qui a ébranlé la gouvernance de l’Internet en Afrique
Cloud Innovation, l’un des plus grands membres de ressources d’AFRINIC, a récemment appelé à la dissolution de l’AFRINIC, citant des défaillances présumées de gouvernance, une mauvaise gestion juridique et des pannes de service. L’entreprise a fait valoir que le maintien des activités de l’AFRINIC met en danger l’écosystème Internet africain et a proposé que l’ICANN et la NRO supervisent la création d’un registre successeur. Cette demande sans précédent a déclenché un débat intense parmi les opérateurs de réseaux, les organismes de gouvernance, la société civile et les parties prenantes mondiales.
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L’ICANN appelle à des réformes mais s’abstient d’intervenir
L’ICANN a reconnu la gravité des défis de gouvernance de l’AFRINIC, mais a jusqu’à présent refusé de soutenir la dissolution. Dans ses déclarations publiques, l’ICANN a souligné que les communautés Internet régionales devraient résoudre les problèmes par des réformes internes, et non par le remplacement. L’ICANN a également averti que le démantèlement de l’AFRINIC comporterait des risques opérationnels majeurs, notamment des retards dans l’attribution des adresses IP et une éventuelle instabilité des services.
Le soutien prudent de la NRO à l’AFRINIC
L’Organisation des ressources de numérotation (NRO), qui représente les cinq RIR, a réaffirmé son soutien au rôle de l’AFRINIC tout en reconnaissant la nécessité d’améliorations. La NRO a encouragé les acteurs locaux à utiliser le processus multipartite établi pour répondre aux préoccupations, reflétant ainsi une volonté d’éviter de créer des précédents qui pourraient perturber la gouvernance mondiale de l’Internet.
Les FAI divisés mais inquiets de l’impact sur les services
Parmi les FAI africains, les réactions sont mitigées. Certains petits opérateurs expriment en privé leur frustration face à la lenteur du service de l’AFRINIC, à son incohérence de gouvernance et à son manque de responsabilité. D’autres, en particulier les grands acteurs, avertissent que la dissolution du registre pourrait entraîner de graves conséquences opérationnelles. L’opinion générale semble être que l’AFRINIC a besoin d’une réforme profonde, mais aussi de continuité. La simple fermeture nuirait à tout le monde.
La société civile appelle à la responsabilisation et au dialogue
Les groupes africains de défense des droits numériques et les organisations de la société civile ont ajouté leur voix au débat, exhortant toutes les parties à privilégier le dialogue plutôt que l’escalade. Des groupes comme Paradigm Initiative et Internet Society Africa ont averti qu’un effondrement institutionnel nuirait non seulement au secteur technologique mais aussi aux établissements d’enseignement, aux petites entreprises et aux communautés mal connectées. Leur message: réparez les problèmes, mais ne brûlez pas la maison.
Les grandes questions pour la gouvernance de l’Internet en Afrique
La proposition de Cloud Innovation a attiré l’attention mondiale sur la fragilité des institutions africaines de gouvernance de l’Internet. Elle soulève des questions inconfortables: à quel moment l’échec est-il excessif ? Quand la réforme cesse-t-elle d’être suffisante ? Et quel est le coût — technique, économique et social — du remplacement d’une institution centrale ?
Alors que la communauté Internet mondiale penche pour une réforme prudente, les préoccupations soulevées par Cloud Innovation ont mis une pression nouvelle sur la direction de l’AFRINIC pour qu’elle apporte des changements significatifs.

