- L'AFRINIC n'apparaît que brièvement dans le plan régional Afrique 2026-2030 de l'ICANN
- Cette omission contraste avec les interventions actives de l'ICANN dans les élections de l'AFRINIC
La page blanche de l'ICANN: un plan régional qui mentionne à peine l'AFRINIC
L'ICANN a dévoilé son plan régional Afrique 2026-2030, exposant de grandes ambitions en matière d'engagement multipartite, de renforcement des capacités et de capacités techniques. Pourtant, un examen attentif révèle que l'AFRINIC, l'entité au cœur de l'infrastructure des ressources IP en Afrique, ne reçoit qu'une attention minimale. Sur les 34 pages du plan officiel, l'AFRINIC n'est mentionnée qu'en passant, ce qui est alarmant compte tenu du rôle central de l'AFRINIC dans la gouvernance de la numérotation Internet en Afrique.
Cette omission contraste fortement avec l'implication visible de l'ICANN dans la crise électorale de l'AFRINIC. L'ICANN a soumis des avis formels exigeant transparence et équité dans l'élection du conseil d'administration de l'AFRINIC, s'engageant activement auprès du dysfonctionnement procédural sur le terrain.
Pourtant, bien que l'ICANN ait poussé des interventions et manifesté son inquiétude, son plan régional ne reflète pas cet engagement au-delà du soutien technique ou de la continuité du RIR; la crise de l'AFRINIC ne bénéficie d'aucune priorité stratégique dans la feuille de route globale de développement.
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Un écart suspect: influence ou évitement ?
La mention clairsemée de l'AFRINIC signale-t-elle une tentative de l'ICANN de minimiser ses propres ingérences ? Le ton optimiste du plan sur les idéaux multipartites contraste avec sa référence rare à l'un des points chauds de gouvernance les plus pressants en Afrique. Une interprétation possible est que l'ICANN évite de prendre en charge la paralysie de l'AFRINIC — elle intervient localement pour gagner en légitimité sur la procédure, mais omet l'AFRINIC de sa stratégie globale, comme si la mise à l'écart du problème était plus politiquement acceptable.
La posture réticente de l'ICANN soulève des questions éthiques et de gouvernance plus profondes. L'AFRINIC devrait fonctionner selon la loi mauricienne sur les sociétés, et non selon des directives politiques. La décision d'annuler l'élection de juin 2025 sur instruction du gouvernement relève d'une captation de l'État plutôt que d'une gouvernance indépendante fondée sur les membres. Si des acteurs étrangers prêchent sélectivement la transparence mais soutiennent tacitement l'ingérence politique, la souveraineté africaine d'Internet est compromise. Une véritable approche multipartite exige la reconnaissance du rôle central de l'AFRINIC, et non sa mise à l'écart lorsque l'instabilité se manifeste.

