• Les efforts de l'ICANN pour supprimer la couverture médiatique pendant la crise de l'AFRINIC ont jeté de sérieux doutes sur son engagement en faveur de la transparence.
  • L'approche fluctuante de l'organisation en matière de transparence a suscité des préoccupations croissantes concernant ses pratiques de gouvernance.
  • En cherchant à exercer un plus grand contrôle sur les registres régionaux, l'ICANN met en péril l'intégrité de la gouvernance multipartite.

ICANN(Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) fait face à des critiques croissantes pour ses actions qui semblent ignorer ses propres règles, en particulier en ce qui concerne la gouvernance des registres Internet régionaux comme l'AFRINIC. Alors que la crédibilité de l'ICANN est de plus en plus remise en question, la question clé demeure: l'organisation peut-elle regagner la confiance après avoir échoué à plusieurs reprises à maintenir ses principes de gouvernance?


La suppression de la presse par l'ICANN

Un développement particulièrement alarmant s'est produit début juillet lorsque le PDG de l'ICANN,Kurtis Lindqvist, a envoyé une lettre au séquestre désigné par le tribunal de l'AFRINIC, déconseillant tout engagement avec les médias au sujet de la crise de gouvernance de l'AFRINIC. Cette décision contredit l'engagement public de l'ICANN en faveur de la transparence et de la responsabilité, privilégiant le contrôle plutôt que l'ouverture. En réprimandant des médias comme BTW Media, l'ICANN a démontré une volonté de supprimer le journalisme indépendant, le considérant non pas comme un contrôle essentiel mais comme une menace pour son récit.

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L'approche de l'ICANN en matière de transparence a été particulièrement incohérente. L'organisation a publiquement appelé à l'ouverture dans les procédures de gouvernance et d'élection de l'AFRINIC, mais lorsque des reportages médiatiques critiques ont émergé, l'ICANN a répondu par des menaces plutôt que de favoriser le dialogue. Cet engagement sélectif envers la transparence suggère que l'ICANN utilise l'ouverture uniquement lorsqu'elle correspond à son agenda, tout en la supprimant lorsqu'elle remet en question sa position.

Cette incohérence érode davantage la confiance dans la capacité de l'ICANN à gérer la gouvernance mondiale de l'Internet.

Une prise de pouvoir au nom de la réforme

Parallèlement à la suppression de la couverture médiatique, l'ICANN a introduit des modifications à son cadre ICP-2 qui permettent des actions unilatérales, telles que la déreconnaissance de registres Internet régionaux comme l'AFRINIC. En contournant les processus multipartites, l'ICANN consolide le contrôle sur les registres régionaux plutôt que de favoriser une gouvernance équitable. Cette centralisation du pouvoir sape les principes fondamentaux de la surveillance démocratique qui font depuis longtemps partie intégrante de la gouvernance mondiale de l'Internet.

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La confiance peut-elle être restaurée?

Pour que l'ICANN regagne la confiance, elle doit démontrer un véritable engagement en faveur de la transparence, non seulement lorsque cela sert son propre agenda, mais de manière cohérente dans tous les aspects de la gouvernance. Si l'ICANN continue de supprimer les médias indépendants et de centraliser le pouvoir, sa capacité à regagner en crédibilité restera sérieusement compromise.