• Les ambiguïtés juridiques à Maurice, en particulier en vertu de la loi sur les sociétés et des déclarations gouvernementales, ont retardé à plusieurs reprises les élections du conseil d'administration d'AFRINIC.
  • Ces incertitudes ont ouvert la voie à des pressions externes, érodé la confiance des membres et affaibli la gouvernance ascendante dirigée par la communauté.

Cadre juridique de Maurice et mise sous séquestre d'AFRINIC

Les tribunaux mauriciens ont placé AFRINIC sous séquestre le 12 septembre 2023 par l'intermédiaire de la Cour suprême, une décision confirmée par la Cour d'appel civile en octobre 2024, laissant AFRINIC sous le contrôle d'un séquestre nommé par le tribunal. En vertu de la loi mauricienne sur les sociétés de 2001, AFRINIC a ensuite été désignée comme “société déclarée” par le Premier ministre, déclenchant une surveillance réglementaire supplémentaire, y compris des enquêtes d'inspecteurs par l'intermédiaire du Registre des sociétés.

Ce statut juridique crée une incertitude constitutionnelle: être une société déclarée implique des pouvoirs juridiques en vertu de l'article 230 de la loi sur les sociétés qui peuvent limiter ou modifier la manière dont les statuts internes d'AFRINIC sont respectés. Par exemple, la nomination d'un inspecteur pour enquêter sur les affaires d'AFRINIC ajoute une autre couche d'influence étatique ou exécutive dans ce que certains considèrent comme une organisation privée à but non lucratif dirigée par ses membres.

Retards électoraux, annulations et droits contestés

Le séquestre, qui a été placé à la tête d'AFRINIC depuis l'ordonnance de la Cour suprême de 2023, a dirigé l'élection du conseil d'administration de septembre 2025. Bien qu'elle ait été conçue comme une approche pour retrouver la stabilité, sa mise en œuvre a annulé les décisions juridiques précédentes qui avaient soutenu l'élection de juin et s'est déroulée dans un environnement où de nombreux entités de longue date ont remis en question sa légitimité et sa transparence.

La confiance dans le résultat a été entachée par un certain nombre de restrictions de vote et d'irrégularités procédurales, telles que l'exclusion des membres admis après septembre 2023.

Cette élection la plus récente ne peut donc pas être reconnue comme une résolution démocratique de la crise de gouvernance d'AFRINIC. Elle reflète plutôt l'incertitude constitutionnelle persistante à Maurice, où la loi sur les sociétés, les déclarations ministérielles et le contrôle judiciaire s'entrechoquent sans hiérarchie claire. Les membres soutiennent que les propres statuts d'AFRINIC n'ont pas été pleinement respectés et que les procédures influencées par l'État ont affaibli le principe de gouvernance ascendante.

Loin de résoudre l'impasse de gouvernance, le scrutin de septembre a approfondi la méfiance et renforcé la nécessité d'un nouveau processus dirigé par la communauté.

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Intervention ministérielle et tensions de surveillance

Au-delà des tribunaux, l'implication des ministères gouvernementaux — en particulier le Ministère des Technologies de l'Information, de la Communication et de l'Innovation — et les déclarations réglementaires ont ajouté des couches d'incertitude. Dans un cas, le ministère est intervenu pour suspendre le dépouillement des votes et signaler des irrégularités présumées alors même que l'élection se déroulait sous des procédures supervisées par le tribunal. Cette intervention a fait craindre que le pouvoir exécutif ne puisse outrepasser les mandats judiciaires et la gouvernance communautaire.

De plus, la désignation d'AFRINIC comme “société déclarée” donnerait au registre des pouvoirs accrus pour nommer des inspecteurs, exiger des rapports et éventuellement limiter la transparence si le langage juridique le permet. Certains membres de la communauté soutiennent que ces pouvoirs sont utilisés de manière à contourner ou à passer outre les règles de gouvernance interne et à limiter la capacité des membres à tenir la direction d'AFRINIC responsable. MyBroadband a noté que ces incertitudes risquent d'affaiblir la confiance dans le seul registre régional d'Afrique.

Impacts sur la démocratie, le contrôle communautaire et la confiance des membres

Ces ambiguïtés constitutionnelles ont transformé des processus démocratiques importants — tels que les droits de vote, la validité des procurations et les nominations aux comités — en champs de bataille plutôt qu'en procédures fiables. Lorsque les élections sont annulées sans preuve évidente et visible de fraude généralisée, les membres d'AFRINIC — en particulier les petites entités — se sentent privés de leurs droits. La perte de confiance, les contestations juridiques et les cycles récurrents d'incertitude en sont les conséquences.

Selon Cloud Innovation et d'autres parties prenantes, AFRINIC ne peut retrouver son statut de registre valide et dirigé par la communauté qu'en limitant les interventions étatiques ou exécutives, en rétablissant des élections en toute transparence et en adhérant aux statuts. La leçon plus large est que pour empêcher l'effondrement de la confiance, les institutions de gouvernance numérique ont besoin de fondements constitutionnels clairs et stables, y compris la loi statutaire, les règlements internes, les contrôles judiciaires et la représentation des membres.