• En 2023, 18 pays, dont huit en Afrique, ont connu 124 fermetures.
  • Bright Chimedza a récemment interrogé 83 commissaires aux droits de l’homme du Zimbabwe sur leurs défis et préoccupations concernant les coupures d’Internet afin de mieux soutenir leur travail.
  • Sur la base de cette enquête, Bright Chimedza propose cinq actions pour faire face aux risques.

NOTRE AVIS:
Les gouvernements croient souvent à tort que couper Internet peut calmer les troubles, arrêter la diffusion de fausses informations, réduire les dommages des cybermenaces ou, comme dans le cas des fermetures liées aux examens en Algérie et en Irak, freiner la tricherie. Mais les coupures sont très perturbatrices pour l’activité économique: elles bloquent le commerce électronique, entraînent des pertes dans les transactions sensibles au facteur temps, augmentent le chômage, interrompent la communication entre les entreprises et les clients, et présentent des risques financiers et de réputation pour les entreprises.

–Fei Wang, BTW Reporter

La situation des coupures d’Internet est en hausse. Selon Pulse, 18 pays, dont huit en Afrique, ont connu 124 fermetures en 2023. Bien que le Zimbabwe ne fasse pas partie de ces pays, il a subi plusieurs fermetures confirmées et présumées. Ces événements se produisent pendant des troubles politiques ou des manifestations, limitant l’accès aux plateformes d’information et de communication et empêchant la diffusion de nouvelles et d’observations en temps quasi réel.

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Cela entrave particulièrement la capacité des travailleurs des droits de l’homme et des organisations de surveillance des droits de l’homme à documenter les violations des droits de l’homme en de telles périodes. Sans contre-actions bien conçues et systématiques et sans moyens de contourner ou d’atténuer l’impact, les fermetures imposées par le gouvernement continueront d’entraver les efforts de surveillance des programmes et organisations de défense des droits de l’homme.

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Une enquête utile

S’appuyant sur des travaux de plaidoyer antérieurs, Bright Chimedza a récemment interrogé 83 commissaires aux droits de l’homme du Zimbabwe sur leurs défis et leurs préoccupations concernant les coupures d’Internet, afin de mieux les soutenir et de les préparer à documenter et à surveiller les violations des droits de l’homme pendant les coupures d’Internet. Bright Chimedza est un politologue passionné par les processus électoraux, l’engagement civique et la planification stratégique.

Peu de soutien et d’investissement pour se préparer aux coupures

Tous les répondants ont convenu que la coupure d’Internet entrave les opérations de leur organisation. Ils ont tous été restreints à plusieurs reprises dans le passé, ce qui a empêché la libre circulation de l’information entre les observateurs et les groupes de surveillance des droits de l’homme, et vice versa.

L’enquête révèle l’anxiété face aux coupures d’Internet à l’avenir, le soutien aux membres de la communauté pour contourner les perturbations Internet obligatoires imposées par le gouvernement et le faible investissement.

  • 50,6 % n’investissent pas dans la prédiction des coupures d’Internet et n’ont pas d’expérience dans ce domaine.
  • 64 % ne connaissent pas d’organisations fournissant un support technique pour contourner les coupures d’Internet.
  • 65,1 % pensent que le Zimbabwe est susceptible de connaître une fermeture en 2024.
  • 65,1 % ont déclaré travailler pour des organisations sans stratégies de communication pour surmonter les défis des coupures d’Internet. 34,9 % ont indiqué qu’ils disposent de politiques ou de manuels de communication, mais malgré ces manuels, ils peinent à recevoir des rapports de leurs observateurs communautaires, en particulier dans les zones marginalisées.
  • 91,6 % des répondants estiment que les organisations de surveillance des droits de l’homme (OSDH) doivent renforcer leurs stratégies de contournement.
  • 92,6 % estiment que les professionnels des droits de l’homme devraient élaborer des kits d’outils pour contourner les coupures d’Internet.

Feuille de route pour l’action et stratégies d’atténuation

  • Organiser des sessions de formation internes et communautaires axées sur l’utilisation des réseaux privés virtuels (VPN), du réseau Tor et des réseaux maillés (mesh networks).
  • Solliciter l’aide de militants des droits numériques concernant l’utilisation de serveurs proxy ou de Hypergéants (HG). Les premiers agissent comme intermédiaires entre les utilisateurs et les sites Web, dissimulant la véritable localisation de l’utilisateur et facilitant l’accès à des contenus restreints. Les seconds déploient des serveurs au sein d’autres réseaux pour servir les utilisateurs de ces réseaux ou leur clientèle. Cette approche localise le contenu au sein du réseau d’hébergement, minimisant ainsi le trafic traversant les frontières du réseau.
  • Contacter des partenaires financiers pour aider à établir des réseaux communautaires dans les régions mal desservies du Zimbabwe. Des informations supplémentaires sur les réseaux communautaires peuvent être trouvées par des recherches plus approfondies.
  • Allouer des ressources à des plateformes de publication à faible connexion comme les services textuels (Txti). Ce service Web est utilisé pour générer des pages Web optimisées pour les connexions Internet lentes et peut consolider les informations pour un accès pratique dans les zones à connectivité de données limitée.