- Ethio Telecom n'a levé que 150 millions de dollars lors de son introduction en bourse, bien en deçà des attentes.
- Ce résultat décevant met en évidence les défis des privatisations des opérateurs de télécommunications dans les marchés émergents, dans un contexte d'incertitude politique et économique.
Ce qui s'est passé: la faible demande éclipse la vente partielle d'Ethio Telecom
La privatisation partielle très attendue d'Ethio Telecomn'a pas été à la hauteur des espérances, ne levant que 150 millions de dollars alors qu'on espérait un montant bien plus élevé. Le gouvernement éthiopien a proposé 10 % de l'opérateur public, mais seulement 1,5 milliard de birrs (26 millions de dollars) ont été apportés par le grand public, le reste étant pris en charge par des institutions publiques. L'administration du Premier ministre Abiy Ahmed espérait que cette offre symboliserait l'engagement de l'Éthiopie à libéraliser son secteur des télécommunications et attirerait des capitaux étrangers. Ethio Telecom, l'opérateur dominant en Éthiopie avec plus de 72 millions d'abonnés, reste un pilier essentiel des plans plus larges de réforme économique du gouvernement. Cependant, malgré l'optimisme suscité par l'annonce de l'IPO en 2021, les difficultés économiques locales, les pénuries de devises et les conflits régionaux ont fortement ébranlé la confiance des investisseurs.
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Pourquoi c'est important
L'échec de l'IPO d'Ethio Telecom est un coup dur pour les ambitions de l'Éthiopie de moderniser son économie et son marché des télécommunications. Il soulève des préoccupations plus profondes quant à l'attractivité des actifs publics dans des environnements politiques instables. La réforme des télécommunications en Éthiopie était autrefois considérée comme un projet phare, avec l'entrée deSafaricom Ethiopiaen 2022 saluée comme un moment historique. Pourtant, le résultat décevant de l'IPO montre que les investisseurs nationaux et internationaux restent prudents. La tendance plus large dans les marchés émergents est également préoccupante: les privatisations dans des pays comme le Nigéria et le Kenya ont connu des difficultés similaires, reflétant la manière dont le risque politique, l'instabilité monétaire et l'incertitude réglementaire pèsent lourdement sur les transactions dans les télécommunications. L'incapacité d'Ethio Telecom à susciter un fort intérêt des investisseurs suggère que le gouvernement doit maintenant repenser sa stratégie de privatisation et améliorer le climat d'investissement. Sans réformes significatives, les futures ventes d'actifs – y compris une deuxième licence de télécommunications que l'Éthiopie espère accorder – pourraient également sous-performer, affaiblissant les perspectives de croissance numérique et de modernisation économique dans la région.

