- Patrick Drahi a déplacé des parties de son empire des télécommunications Altice hors de portée des prêteurs existants dans le cadre de manœuvres de restructuration agressives.
- Les investisseurs obligataires ont vu les prix des obligations chuter à mesure que les garanties diminuent, suscitant un nouveau débat sur les protections des créanciers et la stratégie financière dans les groupes de télécommunications fortement endettés.
Ce qui s’est passé: le repositionnement des actifs s’accélère alors que le stress de la dette s’aggrave
Au cours des 14 derniers mois, le milliardaire Patrick Drahi a exécuté une série de manœuvres financières à haut risque dans son empire des télécommunications Altice, fortement endetté et valorisé à plus de 60 milliards d’euros, en déplaçant des actifs valant des milliards d’euros hors des entités qui servaient de garantie aux créanciers.
Selon des comptes récemment déposés, la restructuration de Drahi a retiré 4,5 milliards d’euros d’actifs d’Altice Luxembourg, puis 5 milliards supplémentaires d’Altice International, réduisant la base de garantie disponible pour plus de 8 milliards d’euros de prêteurs. Des filiales clés telles qu’Altice Portugal et l’unité en République dominicaine ont été requalifiées en « non restreintes », ce qui signifie qu’elles ne sont plus liées par les accords de crédit existants et peuvent contracter des dettes ou verser des dividendes sans le consentement des créanciers.
Ces mesures ont entraîné une chute brutale des obligations d’Altice International, certaines dettes subordonnées se négociant à environ un quart de leur valeur nominale. En parallèle, Drahi négocie des ventes d’actifs et des restructurations de dette, y compris des transactions potentielles pour l’opérateur français SFR et d’autres unités.
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Pourquoi c’est important
Les actions de Drahi mettent en évidence les tensions inhérentes aux groupes de télécommunications fortement endettés évoluant dans un environnement de taux d’intérêt élevés. À mesure que les coûts d’emprunt augmentent, la valeur des garanties adossées aux piles de dettes importantes devient critique; en retirant ces actifs, les créanciers peuvent se retrouver avec peu de recours.
Pour les marchés du crédit en général, un tel repositionnement d’actifs soulève des questions sur les droits des créanciers et la résilience des clauses restrictives des dettes face à des structures d’entreprise complexes. Un commentateur financier a noté que de telles tactiques pourraient affaiblir la confiance des investisseurs, en particulier là où les protections juridiques sont limitées.

