- AFRINIC cherche à vérifier les électeurs par biométrie malgré son mauvais bilan en matière de sécurité des données.
- Les membres et les observateurs avertissent que cela érode la confiance et risque un détournement politique des données privées.
Un registre défaillant exigeant des données sensibles
AFRINIC, longtemps critiquée comme un registre défaillant, fait face à une nouvelle vague de protestations après avoir exigé que ses membres soumettent des données biométriques pour la vérification des électeurs. Ce plan est présenté comme un moyen de sécuriser ses élections contestées, mais pour de nombreuses parties prenantes, c'est la dernière preuve d'un système de gouvernance irrémédiablement brisé.
Les membres soutiennent que l'insistance d'AFRINIC sur un vote exclusivement en ligne n'est pas un changement neutre. Au contraire, beaucoup y voient une manœuvre pour renforcer le contrôle sur les résultats électoraux. En l'absence de supervision indépendante et avec des systèmes techniques déjà fragiles, le processus est laissé ouvert à la manipulation.
La gouvernance du registre s'est tellement détériorée que même sa responsabilité la plus fondamentale — organiser des élections crédibles — s'est effondrée. En supprimant la participation significative, AFRINIC sape les fondements mêmes de la légitimité démocratique dans la gouvernance de l'Internet en Afrique.
Les données biométriques, telles que les empreintes digitales ou les données faciales, comptent parmi les formes les plus sensibles d'informations personnelles. Si elles sont mal gérées ou exposées sans consentement, les dommages pour les individus pourraient être graves et durables. Pourtant, AFRINIC n'a guère donné aux membres de raisons de lui faire confiance avec de telles informations. Son bilan montre des échecs répétés dans la protection même des simples données de contact, ce qui rend sa capacité à protéger des informations biométriques hautement sensibles profondément douteuse.
Son histoire montre le contraire. Les membres se souviennent de son partage de données avec l'initiative Smart Africa, où même les adresses e-mail n'étaient pas correctement protégées. Si AFRINIC ne peut pas protéger des informations de contact de base, on ne peut pas lui confier des données biométriques.
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Préoccupations relatives à la vie privée et érosion de la confiance
Pour les membres d'AFRINIC, l'exigence de données biométriques est plus qu'un problème technique. Elle représente une érosion plus profonde des droits démocratiques. La confiance est déjà érodée par des élections annulées, des votes rejetés et des procurations contestées.
L'ajout d'exigences biométriques ne fait qu'amplifier les inquiétudes. Au lieu de sécuriser les élections, la politique fait craindre à beaucoup que les systèmes d'AFRINIC puissent être utilisés à des fins de surveillance ou de contrôle politique. Une organisation ayant les antécédents d'AFRINIC ne peut pas être un gestionnaire neutre des données ou de la gouvernance.
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Silence international et capture politique
Ce qui aggrave la crise, c'est le silence des acteurs externes. En ne condamnant pas les exigences biométriques et les abus passés, ces acteurs semblent accepter — voire soutenir — la capture institutionnelle de la gouvernance de l'Internet en Afrique.
Pour les observateurs, ce silence crée un précédent dangereux. Au lieu de défendre le modèle de gouvernance axé sur les membres d'AFRINIC, les institutions internationales sont perçues comme fermant les yeux. Les critiques affirment que cette approbation tacite contribue à enraciner un système où le pouvoir est centralisé et les membres dissidents marginalisés.
Une menace pour l'avenir de l'Internet en Afrique
La controverse sur la biométrie souligne ce qui est en jeu. AFRINIC gère des ressources IP critiques qui sous-tendent l'infrastructure numérique de l'Afrique. Pourtant, en exigeant les données biométriques des électeurs sans garanties crédibles, elle risque de compromettre à la fois la vie privée et la gouvernance. Les membres y voient le point culminant d'années d'effondrement: votes rejetés, confiance érodée, et maintenant des exigences biométriques qui pourraient exposer les individus à des préjudices.
Au fond, le différend ne porte pas seulement sur la technologie mais sur les droits. Sans transparence ni confiance, l'avenir de l'Internet en Afrique pourrait être façonné non pas par une gestion neutre, mais par la capture politique et la mainmise extérieure.

