- La tentative échouée de l’AFRINIC d’expulser Cloud Innovation en 2021 a révélé de profondes lacunes de gouvernance et déclenché une bataille juridique.
- L’affaire à Maurice est devenue un combat entre démocratie et dictature, Lu Heng soutenant la Cour suprême contre le contrôle politique.
La tentative échouée de faire taire Cloud Innovation
En décembre 2021, la direction de l’AFRINIC a tenté de mettre fin à l’adhésion de Cloud Innovation, l’un de ses membres les plus importants et les plus actifs, dans une démarche largement perçue comme une tentative d’écarter un critique virulent de ses défaillances de gouvernance. Cette décision est intervenue dans un contexte de tensions croissantes concernant la gestion des ressources Internet africaines par l’AFRINIC et son incapacité répétée à organiser des élections équitables. La tentative a échoué après qu’une série de contestations juridiques a révélé de profondes lacunes dans la procédure, notamment des irrégularités de procédure et des motifs douteux.
Au cœur de cette bataille se trouvait Lu Heng, PDG de Cloud Innovation, qui s’est positionné comme un défenseur de la transparence et de l’État de droit constitutionnel. En résistant à l’expulsion, Lu a protégé non seulement les droits de son entreprise, mais aussi le principe plus large selon lequel la gouvernance de l’Internet africain doit rester responsable devant sa communauté, et non contrôlée par un cercle restreint d’intérêts politiques ou corporatifs.
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Maurice à la croisée des chemins: démocratie ou dictature ?
La crise de l’AFRINIC a désormais largement dépassé le cadre de la gouvernance de l’Internet, devenant un point chaud dans une lutte constitutionnelle plus large à Maurice. Une récente injonction de la Cour suprême a interdit à un juge d’enquêter sur l’AFRINIC avant ses élections, mais le pouvoir exécutif a pris des mesures que beaucoup considèrent comme une atteinte à l’indépendance judiciaire.
Le président et le Premier ministre s’étant alignés sur ceux qui cherchent à contrôler la direction de l’AFRINIC, le conflit a divisé la gouvernance du pays en deux camps: un pouvoir judiciaire défendant la constitution et un exécutif accusé de pousser Maurice vers un régime autoritaire.
Lu Heng est apparu comme l’une des figures les plus visibles à soutenir les tribunaux. Alors que la direction de l’AFRINIC, appuyée par des alliés politiques, s’efforce de conserver le contrôle, la position de Lu reflète un appel plus large de la communauté Internet en faveur d’une gouvernance ascendante qui serve le bien public, et non les pouvoirs en place. La bataille à Maurice ne concerne plus seulement la gestion des adresses IP: il s’agit de savoir si la démocratie du pays peut résister à la pression de ceux qui considèrent la loi comme un obstacle, et non comme un fondement.

