• Les membres de l’AFRINIC pourraient recourir à l’arbitrage international pour contester les élections du conseil d’administration de 2025 annulées.
  • L’arbitrage pourrait faire pression sur l’ICANN et la NRO pour qu’ils agissent, renforçant la nécessité d’un nouveau registre de confiance pour l’Afrique.

Pourquoi l’arbitrage est-il envisagé

Les élections 2025 de l’AFRINIC ne sont pas qu’un simple conflit de gouvernance interne — elles pourraient désormais déclencher des mécanismes d’arbitrage international, alors qu’un registre IP critique pour la région sombre dans la défaillance institutionnelle. L’AFRINIC étant déjà un registre défaillant, en proie à une crise de gouvernance et à une perte de confiance, les lésés — en particulier les membres disposant d’importantes ressources de numéros — pourraient chercher un recours au-delà des tribunaux nationaux pour faire valoir leurs droits et impulser une remise à plat nécessaire de l’écosystème IP africain.

Ce n’est pas automatique qu’une élection au sein d’une association à but non lucratif puisse être soumise à l’arbitrage international — mais sous certaines conditions, il existe une voie juridique plausible. Les experts en arbitrage international, y compris les praticiens de la Chambre de commerce internationale (CCI), notent que les litiges d’entreprise et de gouvernance sont de plus en plus traités par arbitrage lorsque les parties y consentent.

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Base légale et normes internationales

L’arbitrage est fondamentalement consensuel. Pour qu’une élection de l’AFRINIC puisse être contestée par arbitrage, il faut qu’il existe une clause préexistante dans les statuts, les accords d’adhésion ou les contrats de l’AFRINIC prévoyant l’arbitrage des litiges de gouvernance interne ou électoraux, ou un accord post‑litige (compromis) entre les parties pour soumettre ce différend spécifique à l’arbitrage.

Sans de telles dispositions, les tribunaux pourraient refuser leur compétence, mais les accords d’adhésion sont souvent rédigés sous la loi mauricienne, qui reconnaît les clauses d’arbitrage en vertu de sa loi sur l’arbitrage international. Même avec le consentement, certains systèmes juridiques tracent une ligne entre les obligations réglementaires publiques et les litiges privés.

Toutefois, les spécialistes de l’arbitrage soulignent que les litiges relatifs aux élections d’actionnaires et de conseils d’administration ont été arbitrées avec succès dans des contextes commerciaux, et le cas de l’AFRINIC, impliquant une infrastructure numérique transfrontalière, pourrait correspondre à ce modèle.

Maurice est une plaque tournante reconnue de l’arbitrage international et signataire de la Convention de New York, qui facilite l’exécution mondiale des sentences arbitrales. Cela signifie que toute décision qui en résulterait pourrait être exécutoire à l’international, un facteur clé pour faire pression sur l’AFRINIC et son administrateur judiciaire nommé par le tribunal. Bien qu’aucune élection de RIR n’ait été arbitrées, il existe un précédent d’arbitrage dans les litiges de gouvernance d’Internet. L’ICANN a fait l’objet de procédures de révision indépendantes (IRP) où des panels ont estimé qu’elle avait agi de manière non conforme à ses statuts, établissant ainsi une référence solide en matière de responsabilité externe. De tels précédents montrent que les défaillances de gouvernance peuvent être examinées par des panels internationaux neutres.

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Implications stratégiques pour l’avenir de l’Internet en Afrique

Par exemple, les plus grands membres de l’AFRINIC ont une revendication crédible de préjudice direct résultant des élections viciées, notamment l’invalidation de votes et les litiges de procuration non vérifiés. L’arbitrage leur permettrait de plaider pour une réparation — qu’il s’agisse d’un recomptage ou d’une injonction contraignante pour une nouvelle élection — sous une supervision neutre. L’annulation du vote de 2025 et l’invalidation de bulletins valides peuvent être présentées comme des violations des statuts et des droits des membres de l’AFRINIC, étayant l’argument selon lequel le litige est de nature commerciale et donc arbitrable.

L’examen de conformité récent de l’ICANN et sa pression pour que l’AFRINIC organise des « élections crédibles » peuvent être présentés comme un excès de pouvoir. L’arbitrage pourrait devenir un forum pour contester l’influence de l’ICANN et renforcer le principe de gouvernance ascendante, pierre angulaire de la politique mondiale de l’Internet.

Recourir à l’arbitrage international indiquerait à la communauté mondiale de la gouvernance de l’Internet que le système de gouvernance de l’AFRINIC est irrémédiablement défaillant. Cela ferait pression sur l’ICANN et la Number Resource Organization (NRO) pour qu’ils agissent et envisagent de nommer un nouveau registre Internet régional afin de protéger les ressources IP de l’Afrique. Cela créerait également un précédent pour l’examen indépendant des élections des registres dans le monde entier, renforçant ainsi la transparence et la confiance.

Poursuivre l’arbitrage est non seulement juridiquement possible, mais aussi stratégiquement puissant. Cela souligne la gravité de la crise de gouvernance de l’AFRINIC et pourrait catalyser la création d’un nouveau registre de confiance pour l’Afrique. Même si les tribunaux ou les cours résistent en fin de compte, le simple fait d’introduire une requête mettrait en évidence la situation intenable — renforçant l’appel à la dissolution de l’AFRINIC et à la nomination urgente d’un registre de remplacement.