• La CMA ouvre une consultation sur l'accord, jusqu'au 8 mai, au stade pré-Phase 1.
  • La fusion pourrait débloquer 3,5 milliards de livres d'investissement mais risque de créer un duopole de la fibre au Royaume-Uni.

Ce qui s'est passé

L'Autorité de la concurrence et des marchés du Royaume-Uni (CMA) a ouvert un examen initial du projet d'acquisition de Substantial Group, la société mère de Netomnia, par nexfibre. Le régulateur a lancé une « invitation à commenter », ce qui marque le stade le plus précoce de l'examen d'une fusion plutôt qu'une enquête formelle de Phase 1. La consultation se déroule jusqu'au 8 mai 2026.

La transaction valorise Substantial à environ 2 milliards de livres et placerait le réseau de fibre complet en pleine croissance de Netomnia sous le contrôle de nexfibre. Soutenu par Liberty Global, Telefónica et InfraVia, nexfibre opère comme un réseau de gros aligné sur Virgin Media O2.

L'empreinte combinée s'étendrait rapidement. Les entreprises affirment que l'accord pourrait débloquer 3,5 milliards de livres de capital et étendre la couverture fibre à environ 8 millions de locaux à court terme, avec l'ambition d'atteindre jusqu'à 20 millions de foyers à long terme.

Les partisans présentent la fusion comme un moyen de renforcer un concurrent national face à Openreach. Cependant, des rivaux, dont CityFibre, ont averti que l'accord risquait de concentrer le marché et de réduire la concurrence dans les infrastructures.

Pourquoi c'est important

Cet examen intervient à un moment charnière pour le marché britannique de la fibre. Des années de déploiement agressif ont produit un champ encombré d'opérateurs de réseaux alternatifs, dont beaucoup poursuivent les mêmes clients avec des infrastructures qui se chevauchent et des bilans affaiblis. La consolidation n'est plus facultative. Elle devient inévitable.

L'accord nexfibre-Substantial signale un changement plus profond dans le fonctionnement du marché. La course ne consiste plus à savoir qui construit le plus vite, mais qui peut évoluer durablement. Les grandes plateformes peuvent obtenir des capitaux moins chers, exploiter leurs actifs plus efficacement et donner la priorité aux rendements plutôt qu'à l'expansion de l'empreinte. En ce sens, la consolidation n'est pas seulement stratégique. Elle est structurelle.

Pourtant, le compromis concurrentiel est frappant. S'il est autorisé sans mesures correctives significatives, l'accord ferait pencher le marché vers un duopole de fait entre Openreach et la plateforme Virgin Media O2-nexfibre. Cela pourrait stabiliser les flux d'investissement, mais risque d'émousser la concurrence par les prix et d'affaiblir les incitations à innover au fil du temps.

L'Autorité de la concurrence et des marchés est désormais confrontée à un choix déterminant. Une position permissive pourrait déclencher une vague de fusions dans un secteur des réseaux alternatifs financièrement tendu, tandis qu'une ligne plus dure pourrait préserver la concurrence mais prolonger la fragmentation. Il ne s'agit plus seulement d'un examen de fusion: c'est un test précoce de la capacité du marché britannique de la fibre à absorber la consolidation, et de la mesure dans laquelle les régulateurs sont prêts à sacrifier la concurrence au profit de l'échelle pour construire l'épine dorsale numérique du pays.

À lire aussi: Nokia construit le réseau fibre SkyFiber dans le Nevada rural

À lire aussi: enet ouvre un corridor fibre reliant les grandes villes irlandaises