- La vente de Capgemini Government Solutions par Capgemini fait suite aux pressions des responsables français concernant un contrat lié à l'ICE.
- Cette unité ne représente qu'une faible part du chiffre d'affaires, mais elle est devenue un enjeu réputationnel majeur dans le contexte des manifestations contre l'application des lois sur l'immigration aux États-Unis.
Ce qui s’est passé: la cession de l’unité déclenchée par la polémique
Capgemini SE, le groupe multinational de services informatiques et de conseil basé à Paris, coté au CAC 40 et employant plus de 340 000 personnes dans le monde, a annoncé le 1er février 2026 qu'il allait céder sa filiale américaineCapgeminiGovernment Solutions (CGS). Cette décision fait suite à une surveillance accrue en France et ailleurs concernant un contrat signé par l'unité avec l'agence américaine de l'immigration et des douanes (ICE) en décembre 2025, qui portait sur des services dits de « skip-tracing » utilisés pour localiser des personnes dans le cadre de mesures d'exécution.
La cession sera lancée immédiatement, a indiqué l'entreprise, bien que Capgemini se soit abstenu de lier explicitement la vente au contrat ICE dans sa déclaration publique. Elle a expliqué que les contraintes légales sur les contrats fédéraux aux États-Unis empêchaient le groupe d'exercer une surveillance suffisante sur les opérations de la filiale pour garantir l'alignement avec ses objectifs plus larges. CGS représente environ 0,4 % du chiffre d'affaires mondial projeté pour 2025 et moins de 2 % du chiffre d'affaires américain.
Des parlementaires français, dont le ministre de l'Économie Roland Lescure, avaient publiquement exigé de la transparence sur ce contrat avec l'ICE, dans un contexte de vastes manifestations aux États-Unis contre les tactiques d'application des lois sur l'immigration. La controverse s'est intensifiée après que des tirs mortels perpétrés par des agents fédéraux de l'immigration dans le Minnesota ont attiré l'attention internationale.
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Pourquoi c’est important
La décision de Capgemini souligne comment les pressions géopolitiques et réputationnelles peuvent l'emporter sur les intérêts financiers directs. Avec une contribution mineure de CGS au chiffre d'affaires total du groupe, sa vente témoigne de la sensibilité croissante des entreprises européennes aux réactions négatives du public face à leur implication dans des domaines politiques controversés.
Le cas met également en lumière un défi structurel en matière de gouvernance: les accords de sécurité spéciaux requis pour les contrats fédéraux américains peuvent isoler les filiales américaines de la supervision de la maison mère, exposant ainsi les multinationales à des risques éthiques et politiques.
Du point de vue de la finance d'entreprise, les cessions ayant un impact négligeable sur le chiffre d'affaires peuvent néanmoins servir d'outils d'atténuation des risques lorsque des contrôles juridiques, réglementaires ou publics menacent l'image de marque globale. Le retrait de Capgemini pourrait créer un précédent sur la manière dont les sociétés de conseil informatique européennes gèrent les contrats avec le gouvernement américain qui recoupent des controverses politiques nationales.

