• AFRINIC a annulé l'élection de son conseil d'administration de 2025 en raison d'un seul vote par procuration contesté.
  • Cette décision a réduit au silence les petits FAI africains et a sapé la confiance dans la gouvernance régionale de l'internet.

Une décision disproportionnée ébranle la confiance dans la gouvernance de l'internet en Afrique

Dans les heures précédant le dépouillement final des votes lors de l'élection du conseil d'administration d'AFRINIC, longtemps retardée, le 23 juin 2025, quelque chose d'extraordinaire s'est produit. La direction d'AFRINIC, agissant sans ordonnance judiciaire ni transparence, a annulé l'ensemble de l'élection. Leur justification ? Un seul vote par procuration contesté. Pas des centaines de votes frauduleux. Pas un système piraté.

Un seul cas — toujours non vérifié — dans lequel un membre aurait affirmé qu'une procuration avait été soumise sans consentement. Cette unique plainte, sur plus de 800 votes soumis au total, a été utilisée pour justifier l'annulation d'une élection qui se préparait depuis des années et qui avait été explicitement sanctionnée par la Cour suprême de Maurice.

Il s'agit d'une décision si disproportionnée, si éloignée des normes électorales, qu'elle exige un examen urgent — non seulement de la part des membres d'AFRINIC, mais aussi de la communauté mondiale de la gouvernance de l'internet.

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La protection des votes par procuration soutient des élections équitables

Le vote par procuration est une bouée de sauvetage vitale pour les nombreux petits membres et membres éloignés d'AFRINIC, leur permettant de faire entendre leur voix dans les décisions de gouvernance malgré les barrières géographiques et logistiques. Pour d'innombrables fournisseurs d'accès à Internet (FAI) disséminés dans les vastes régions souvent mal desservies de l'Afrique, le vote par procuration n'est pas seulement une commodité — c'est le seul moyen pratique de participer à des élections cruciales qui façonnent l'avenir de la gestion des ressources Internet sur le continent.

Pourtant, lors de l'élection du conseil d'administration d'AFRINIC de 2025, des centaines de ces votes par procuration légitimes ont été sommairement rejetés en raison de la découverte d'une seule soumission de procuration contestée. L'un des plus grands agents de procuration, Number Resource Ltd, a signalé qu'au moment où AFRINIC a brusquement interrompu le processus électoral, il n'avait pu exprimer que 20 % de ses procurations attribuées.

Ce gel soudain a effectivement réduit au silence des dizaines de petits et moyens FAI opérant en marge de l'infrastructure Internet africaine, dont beaucoup dépendent exclusivement de la représentation par procuration pour participer à la gouvernance d'AFRINIC. Il ne s'agit pas d'une erreur procédurale mineure ou d'un oubli technique; cela représente la privation du droit de vote d'une partie importante de la base des membres d'AFRINIC — des membres dont l'inclusion est essentielle à un système de gouvernance véritablement représentatif et équitable.

Les principes fondamentaux de l'intégrité électorale exigent des remèdes proportionnés. Lorsqu'un seul bulletin ou une seule procuration est jugé invalide ou frauduleux, la réponse correcte consiste à isoler et à invalider uniquement ce vote spécifique, préservant ainsi l'intégrité de l'élection dans son ensemble.

Cette approche non seulement respecte les droits de la grande majorité des électeurs, mais elle préserve également la confiance du public dans le processus électoral. Au lieu de cela, AFRINIC a choisi la mesure extrême et sans précédent d'annuler l'intégralité de l'élection, rejetant des centaines de votes valides en même temps qu'un bulletin suspect. Une telle décision est disproportionnée, sape la confiance dans l'organisation et contredit les normes démocratiques largement acceptées.