- Victoire clé pour Telecom Argentina: la cour d’appel suspend l’injonction du gouvernement, autorisant les activités de consolidation.
- La bataille antitrust s’intensifie: la décision du gouvernement reste sous examen par les régulateurs, les inquiétudes sur la concentration du marché persistant.
La Cour accorde une suspension dans l’affaire de la fusion Telecom Argentina
Le 9 juin 2025, la Cour fédérale d’appel d’Argentine a rendu une décision accordant l’appel de Telecom Argentina « avec effet suspensif » contre une résolution du ministère de l’Industrie et du Commerce datant de mars. La résolution initiale interdisait à Telecom d’avancer dans l’intégration de ses activités récemment acquises de Telefónica Argentina, invoquant des préoccupations de position dominante potentielle—jusqu’à 61 % dans les services mobiles, 69 % dans la téléphonie fixe et jusqu’à 80 % dans le haut débit résidentiel dans certaines régions.
La fusion de 1,25 milliard de dollars, finalisée en février, s’inscrit dans la stratégie plus large de Telefónica visant à réduire sa présence en Amérique latine. La décision du tribunal permet à Telecom et Telefónica Argentina de reprendre les activités d’intégration opérationnelle, telles que le partage d’infrastructures et l’alignement des systèmes, tandis que la Cour continue d’évaluer les fondements juridiques de l’affaire.
Cependant, la décision reste provisoire. L’arrêt de la cour d’appel ne fait que suspendre l’ordonnance antérieure du gouvernement et ne résout pas les préoccupations juridiques ou réglementaires sous-jacentes. D’autres autorités—à savoir la Commission nationale de défense de la concurrence (CNDC) et le régulateur national des télécoms Enacom—conservent le pouvoir d’imposer des conditions ou des restrictions en attendant un examen plus approfondi.
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Pourquoi c’est important
Cette décision provisoire marque un tournant critique dans l’un des litiges d’entreprise les plus politisés d’Argentine. Le président Javier Milei, un libertarien autoproclamé, était intervenu rapidement en coulisses en faveur de la concurrence sur le marché—mais les critiques soutiennent que ses actions reflétaient également une animosité personnelle envers le groupe média Clarín, qui détient une participation de 40 % dans Telecom Argentina. Son gouvernement a qualifié l’accord de risque de monopole de fait dans un secteur crucial.
D’un point de vue plus large du secteur, la décision souligne la tension entre la rationalisation des opérations commerciales et la préservation des marchés concurrentiels—un équilibre auquel les régulateurs du monde entier continuent de se heurter. Le résultat aura des implications sur l’infrastructure numérique de l’Argentine, les prix à la consommation et les futures consolidations dans les télécoms.
De plus, la décision de Telecom d’émettre 800 millions de dollars d’obligations pour soutenir l’acquisition ajoute de la complexité financière au contexte réglementaire de la fusion. Alors que la cour d’appel se met en retrait de l’exécution pour le moment, les projecteurs se tournent vers la CNDC, Enacom, et peut-être même la Cour suprême pour déterminer si la fusion sera finalement autorisée—et à quelles conditions.

