• Apple conteste l'autorité indienne de la concurrence et la base légale des pénalités basées sur le chiffre d'affaires mondial alors qu'elle défend ses politiques de l'App Store.
      • L'affaire soulève des questions plus larges sur la manière dont les entreprises multinationales sont réglementées et sanctionnées sur les marchés numériques.

    Ce qui s'est passé

    Apple Inc. a demandé à la Delhi High Court d'empêcher la Competition Commission of India (CCI) de solliciter ses dossiers financiers mondiaux dans le cadre d'une enquête antitrust en cours sur ses politiques de l'App Store. Dans des documents judiciaires datés du 15 janvier 2026, Apple a fait valoir que se conformer à la demande de la CCI avant que sa contestation judiciaire du cadre de sanctions sous-jacent ne soit résolue compromettrait son argumentation et porterait préjudice à sa défense.

    Le litige porte sur la modification de 2024 par l'Inde de la loi sur la concurrence (Competition Act), qui permet à la CCI de calculer les sanctions en fonction du chiffre d'affaires mondial d'une entreprise. Apple craint que, si elle est appliquée à l'affaire de l'App Store, cela puisse entraîner des amendes allant jusqu'à 38 milliards de dollars — un montant qu'elle décrit comme disproportionné et punitif.

    La CCI a déjà émis une ordonnance privée, le 31 décembre 2025, demandant les informations financières d'Apple, malgré la contestation judiciaire. Apple souhaite que l'enquête soit suspendue jusqu'à ce que le tribunal statue sur la validité des règles de sanction de 2024, qui, selon elle, excèdent l'autorité du régulateur. L'affaire doit être entendue le 27 janvier 2026.

    L'autorité indienne de la concurrence défend le régime de sanctions modifié comme nécessaire pour dissuader les comportements répréhensibles des multinationales, en particulier lorsque les revenus locaux ne représentent qu'une petite fraction du chiffre d'affaires global. En vertu des nouvelles règles, la CCI peut imposer des amendes allant jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial pour les infractions à la concurrence.

    Ce bras de fer juridique fait suite à des actions antérieures en décembre 2025, lorsqu'Apple a contesté la loi sur les sanctions dans un autre document judiciaire, faisant valoir qu'elle pourrait entraîner des responsabilités disproportionnées pour des comportements qui ne se sont produits qu'en Inde.

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    Pourquoi c'est important: application du droit de la concurrence et réglementation des multinationales

    L'affrontement entre Apple et la CCI témoigne de tensions plus larges sur la manière dont les géants du numérique sont réglementés sur les marchés nationaux. Avec les entreprises technologiques mondiales opérant au-delà des frontières, les régulateurs ont de plus en plus cherché à appliquer des pénalités qui reflètent l'échelle de l'activité mondiale d'une entreprise plutôt que ses revenus locaux.

    Pourtant, cette approche est controversée: les critiques affirment qu'elle pourrait décourager les investissements, soumettre les entreprises à des sanctions punitives pour des comportements limités ou isolés, et étendre effectivement la portée d'une juridiction dans la stratégie globale des entreprises.

    La contestation d'Apple met également en évidence des préoccupations concernant les garanties procédurales et la sécurité juridique pour les entreprises multinationales. Si les tribunaux autorisent les régulateurs à demander des données financières mondiales avant que la légalité des régimes de sanctions ne soit testée, les entreprises peuvent percevoir les régulateurs comme ayant à la fois un pouvoir d'enquête et de sanction sans limites claires — une préoccupation reprise dans d'autres affaires multinationales.

    D'un autre côté, les partisans d'une application stricte du droit de la concurrence affirment que sans sanctions solides, les plateformes puissantes pourraient subir des conséquences minimes pour des pratiques anticoncurrentielles qui nuisent aux développeurs et consommateurs locaux, en particulier dans les marchés numériques à croissance rapide comme l'Inde.

    Le résultat de l'examen par la Delhi High Court pourrait créer un précédent important non seulement pour Apple, mais aussi pour la manière dont les autres entreprises technologiques multinationales sont tenues responsables en vertu des lois sur la concurrence en évolution dans les économies émergentes.

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