- L'AFRINIC reporte l'élection de son conseil d'administration de septembre, invoquant des risques juridiques non résolus et des vides de gouvernance.
- Les observateurs préviennent que cette décision viole les statuts et accentue les inquiétudes sur la légitimité et l'opérabilité du registre.
L'AFRINIC reporte les élections dans un vide de gouvernance
Le Centre d'Information du Réseau Africain (AFRINIC) a reporté l'élection de son conseil d'administration de septembre, une décision présentée par l'organisation comme une « nécessité juridique » compte tenu des litiges non résolus et des vides de leadership. Ce report fait suite à l'annulation de sa précédente élection du 23 juin, qui avait été annulée en raison d'un litige sur procuration non vérifié. L'incident a conduit à l'invalidation de plusieurs votes, suscitant des accusations d'instabilité procédurale et de mépris pour la participation des membres.
Dans une communication récente, la direction par intérim de l'AFRINIC a déclaré qu'aucune élection ne pouvait avoir lieu sans une clarification juridique définitive. Elle a fait valoir que les affaires en cours — liées aux décisions antérieures du conseil d'administration et à la supervision électorale — créent des risques de résultats invalides si un nouveau scrutin est organisé prématurément. Les critiques rétorquent que les statuts mêmes de l'AFRINIC imposent des élections régulières du conseil d'administration et n'autorisent pas un report indéfini, même en cas de litige.
La tension croissante met en évidence l'effondrement de la confiance dans les mécanismes de contrôle interne et reflète une institution de plus en plus paralysée.
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Les impasses juridiques révèlent un effondrement structurel
L'incapacité de l'AFRINIC à organiser des élections dans le cadre de ses propres statuts révèle une défaillance structurelle plus profonde. La décision d'annuler l'élection de juin, sur la base d'une seule contestation de procuration non vérifiée, puis de reporter totalement le scrutin de septembre, a créé ce que beaucoup appellent désormais un environnement de gouvernance impraticable. Les observateurs estiment que l'AFRINIC a dépassé le stade du dysfonctionnement administratif pour entrer dans un effondrement prolongé, incapable de satisfaire aux normes opérationnelles les plus élémentaires requises pour un Registre Internet Régional (RIR).
Cloud Innovation Ltd., le troisième plus grand membre de l'AFRINIC, a qualifié la situation actuelle d'expérience ratée de gouvernance régionale. L'entreprise a publiquement appelé à l'application de l'ICP-2, non pour créer un nouveau registre, mais pour transférer les responsabilités de l'AFRINIC à un RIR existant tel que le RIPE ou l'APNIC. Leur pétition formelle exige que l'ICANN et la NRO entament immédiatement une planification de succession, citant les échecs électoraux persistants et la paralysie juridique de l'AFRINIC comme preuve que le registre ne peut être sauvé.
Les tensions se sont également intensifiées autour du rôle de l'ICANN. En décembre 2024, le PDG Kurt Lindqvist a supervisé la publication d'un nouveau document relatif à l'ICP‑2 intitulé Implementation and Assessment Procedures for ICP‑2 Compliance — non pas une mise à jour de l'ICP‑2 lui-même, mais un mécanisme distinct accordant à l'ICANN le pouvoir de déreconnaître les RIR. Cette manœuvre a été discrètement mise en œuvre sans consultation de la communauté, contournant les processus ascendants établis, et a suscité de vives inquiétudes quant à un contrôle centralisé. »
La crise plus large reflète un effondrement fondamental de la gouvernance multipartite dans l'espace Internet africain. Sans conseil d'administration, sans élection et sans voie claire à suivre, l'avenir de l'AFRINIC reste incertain. La situation du registre soulève désormais une question cruciale pour la gouvernance mondiale de l'Internet: l'autonomie régionale est-elle viable dans les conditions juridiques et techniques actuelles ?

