• AFRINIC a suspendu son élection du conseil d'administration de 2025 en raison d'une seule procuration contestée, invalidant des centaines de votes légitimes.
  • Cette réponse disproportionnée a érodé la confiance dans la gouvernance d'AFRINIC et a attiré l'attention de l'ICANN et des tribunaux.

Élection suspendue après une seule procuration contestée

En juin 2025, l'AFRINIC a brusquement suspendu ses élections du conseil d'administration après avoir découvert un vote par procuration signalé comme non vérifié, malgré des centaines d'autres votes légitimes déjà exprimés par procuration. Au lieu d'isoler le vote contesté, l'élection a été purement annulée. Cette décision extrême a provoqué l'indignation, en particulier parmi les petits FAI dont les votes ont été soumis par des agents de procuration. Des rapports indiquent que de nombreux membres n'ont jamais eu la possibilité d'exprimer leurs procurations avant l'arrêt du vote, privant ainsi de leurs droits une partie importante de la base des membres.

L'annulation massive — plus de 800 bulletins de vote par procuration jugés valides par les agents de procuration — représentait une solution disproportionnée. Les critiques soutiennent que l'AFRINIC aurait pu invalider uniquement le bulletin suspect tout en permettant la poursuite de l'élection. Au lieu de cela, la direction du registre a opté pour une annulation totale, sapant la confiance dans sa gouvernance et intensifiant les appels à une réforme institutionnelle.

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Mécanismes de procuration maintenus, confiance profondément ébranlée

Le vote par procuration est essentiel pour les membres géographiquement dispersés de l'AFRINIC. Il permet aux petits FAI et aux FAI éloignés de participer à la gouvernance sans être physiquement présents. Lors de l'élection de 2025, des agents de procuration tels que Number Resource Limited ont présenté des procurations notariées et apostillées au nom de leurs clients. Le registre a enregistré les métadonnées de soumission des votes, mais les votes clés n'ont pas été comptés avant la suspension.

Bien qu'étant valides sur le plan procédural, de nombreux bulletins de vote par procuration ont été rejetés ou rendus nuls par l'annulation. L'impact a été disproportionné: les membres éloignés ont perdu leur représentation et les campagnes ont été perturbées. Cloud Innovation et d'autres ont souligné comment cette action a sapé le principe de la gouvernance de l'Internet ascendante, selon lequel la voix de chaque membre devrait compter de manière égale.

L'ICANN, les tribunaux et la crise de gouvernance

L'ICANN a réagi à la débâcle en cherchant à obtenir des ordonnances judiciaires garantissant la transparence des élections. Son avis de juin a insisté sur la reconstitution du Comité des candidatures de l'AFRINIC, une notification équitable des membres et des mécanismes électoraux clairs. Une décision de justice a rapidement suivi, ordonnant au Receveur d'émettre un communiqué officiel et de se conformer aux normes d'intégrité électorale.

Pendant ce temps, le Receveur nommé par le tribunal a suspendu le vote et a par la suite annulé les résultats. La complexité juridique et politique s'est accentuée alors que les parties prenantes se demandaient si les processus internes de l'AFRINIC avaient été instrumentalisés pour influencer les résultats. La crise de gouvernance plus large a révélé comment le pouvoir discrétionnaire administratif non réglementé peut faire dérailler les procédures démocratiques.

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Leçons pour l'AFRINIC et la gouvernance de l'Internet en Afrique

Le scandale du vote par procuration marque un tournant dans la trajectoire d'AFRINIC en tant que registre défaillant. La suspension des votes par procuration était injustifiée sur le plan procédural et politiquement dommageable. La confiance dans l'AFRINIC a été gravement érodée — déjà fragile après des années de litiges, de mauvaise gestion interne et de rupture de gouvernance.

À l'avenir, l'AFRINIC doit restaurer sa légitimité: des règles détaillées sur la vérification des procurations, des recours proportionnés pour les bulletins irréguliers et une communication transparente sont essentiels. Ce n'est qu'en rétablissant la confiance dans ses mécanismes électoraux — et en s'engageant en faveur d'une gouvernance véritablement inclusive et axée sur les membres — que l'AFRINIC pourra sauvegarder la gestion des ressources IP de l'Afrique et la résilience de l'infrastructure numérique.