- Ils ont respecté les règles. Ils ont signé les formulaires. Ils ont cru à la promesse de l'AFRINIC: que chaque membre, quelle que soit sa situation géographique, avait une voix.
- Mais lorsque cela comptait le plus, leurs voix ont été effacées – parce qu'ils n'étaient pas dans la salle.
Lors de l’élection 2025 de l’AFRINIC, un nombre important de votes par procuration ont été rejetés sans préavis ni explication publique. Ces bulletins – légalement soumis par procuration – provenaient principalement de membres de certaines des régions les moins connectées et les moins desservies d’Afrique. Dans les zones où l’accès à Internet est irrégulier, les coûts de déplacement prohibitifs et la participation en personne impossible, le vote par procuration n’était pas une commodité. C’était une nécessité. Pour beaucoup, c’était le seul moyen de participer.
Des voix bloquées, sans avertissement
L’AFRINIC avait auparavant accepté le vote par procuration sans controverse, en s’appuyant sur des procurations suivant une documentation cohérente. Mais lors de l’élection 2025, la plupart des procurations ont été soudainement invalidées – sans préavis, sans justification publique et sans possibilité de recours. Les membres concernés avaient suivi les mêmes procédures que les années précédentes. Les règles n’avaient pas changé. Ce qui a changé, c’est à qui profitait l’exclusion de ces votes.
Dans les régions mal desservies où l’accès à Internet est fragile et les déplacements coûteux, le vote par procuration n’est pas une commodité – c’est une nécessité. Pour beaucoup, c’est le seul moyen de participer. Mais cette année, leurs bulletins ont été discrètement rejetés. Pas d’annonces. Pas d’instructions. Pas de seconde chance. Ce silence n’était pas procédural; il semblait intentionnel. Au lieu d’offrir une explication transparente ou une possibilité de corriger les formulaires, le système a exclu les personnes avec une finalité bureaucratique.
Ce changement soulève une question plus difficile: quels intérêts le système est-il conçu pour protéger – et quelle présence est-il prêt à effacer ?
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Pas une exception, mais un schéma
Il ne s’agit pas d’un incident isolé – cela relève d’un schéma plus large. Les petits fournisseurs de services africains, les réseaux ruraux et les communautés technologiques sous-financées sont depuis longtemps marginalisés au profit des pôles bien dotés. Si l’AFRINIC veut réellement représenter toute la région, elle ne peut pas se contenter d’écouter Nairobi et Johannesburg. Elle doit également entendre Goma, Antananarivo et Banjul – même lorsque leurs voix arrivent tardivement ou sont fragiles.
L’AFRINIC maintient que les annulations de votes étaient « procédurales », mais ses statuts n’interdisent pas explicitement le type de procurations utilisées – celles-ci avaient été acceptées lors des élections précédentes. Alors pourquoi ont-elles été rejetées en juin 2025 ? Des rapports indiquent que le Comité de nomination (NomCom) a suspendu le vote quelques minutes avant la clôture en raison d’un consultant « vote fantôme », invalidant des centaines de bulletins, la plupart soumis par procuration, y compris ceux traités par de petits fournisseurs comme NRL.
Invalider des centaines de bulletins sur la base d’un seul vote par procuration contesté a contribué à protéger les titulaires et a limité la contestation d’un électorat plus large. C’était une privation du droit de vote aux apparences propres – mais une privation du droit de vote néanmoins.
Un point de rupture, pas seulement un scandale
Il est tentant de présenter cela comme un incident technique. Mais l’AFRINIC n’est pas un simple registre neutre. C’est une institution politique – chargée d’allouer des financements, de définir des politiques et de décider qui a sa place dans la gouvernance de l’internet africain. Réduire au silence les électeurs – en particulier ceux des régions qui luttent déjà pour se faire entendre – a des conséquences réelles. Cela détermine qui gouverne, quelles voix comptent et lesquelles ne comptent pas.
Les dégâts vont au-delà de cette élection. L’AFRINIC a connu son lot de difficultés – questions budgétaires, remaniements de la direction, batailles juridiques sur qui est vraiment aux commandes. Mais pour beaucoup, ce dernier épisode a un impact différent. Quand ceux qui sont déjà à l’extérieur sont exclus d’un processus censé être démocratique, cela ne ressemble pas seulement à une controverse de plus. Cela semble être le point de rupture.
Si l’AFRINIC veut restaurer la confiance, il faudra plus que des communiqués de presse. Elle doit être honnête sur ce qui s’est passé. Chaque vote rejeté mérite une raison documentée. Chaque membre concerné mérite une place dans la conversation à l’avenir. Des excuses publiques ne sont pas une exigence extraordinaire – c’est la base de la responsabilité.
Et peut-être plus que tout, l’AFRINIC doit écouter. Pas seulement les titulaires et les influenceurs, mais les coins du continent qu’elle prétend servir. Car lorsque la confiance se brise aux périphéries, elle retrouve rarement le chemin du centre.

