- Le cadre juridique flou de Maurice compromet les élections d'AFRINIC et leur reconnaissance.
- L'élection de septembre 2025 ne doit pas être reconnue sans indépendance judiciaire et processus transparents.
Contexte juridique d'AFRINIC
Depuis que la Cour suprême de Maurice a nommé un Receveur en 2023, AFRINIC opère dans une zone grise entre surveillance judiciaire et intervention administrative. Sa désignation en tant que « Société déclarée » en vertu de la Loi sur les sociétés de Maurice et la décision du Registraire de nommer des inspecteurs ont fait basculer l'équilibre hors de la gouvernance dirigée par les membres. Au lieu d'être un registre neutre et ascendant, AFRINIC s'est retrouvé empêtré dans des procédures étatiques qui déterminent qui interprète les statuts et qui supervise les élections.
Pour les parties prenantes telles que Cloud Innovation, l'un des plus grands membres d'AFRINIC, les tribunaux étaient considérés comme la seule garantie possible de transparence et de responsabilité. Mais le manque de clarté sur la manière dont les lois et les statuts interagissent a retiré le différend de gouvernance des mains des membres. À moins que les tribunaux n'agissent avec indépendance, le processus électoral risque d'être compromis par des instructions politiques et une discrétion administrative.
Élection de septembre 2025 et reconnaissance
L'élection du conseil d'administration de septembre 2025 a été présentée par le Receveur et le Comité électoral comme un processus achevé, les résultats ayant été publiés peu après. Pourtant, de nombreux membres soutiennent que le résultat ne devrait pas être reconnu. Leur préoccupation ne porte pas sur la mécanique du vote par procuration — qui était valide — mais sur le fait qu'AFRINIC reste sous administration judiciaire et déclarée, ce qui soulève des doutes quant à l'autorité qui avait le pouvoir de diriger l'élection en premier lieu.
L'élection précédente de juin 2025, menée sous autorisation judiciaire, a été interrompue et annulée sans instruction judiciaire explicite. Cette annulation a érodé la confiance, et le processus de septembre n'a pas comblé le vide constitutionnel. Sans indépendance judiciaire garantissant une procédure régulière, tout résultat risque d'être imposé politiquement plutôt que dicté par les membres. Reconnaître cette élection avant que ces questions ne soient résolues compromettrait le principe de gouvernance d'Internet ascendante.
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L'indépendance judiciaire sous tension
L'indépendance judiciaire à Maurice est essentielle pour rétablir la confiance. Les tribunaux doivent agir non pas comme substituts à la gouvernance des membres, mais comme protecteurs d'un processus équitable. Les préoccupations se sont accrues quant aux chevauchements de rôles entre le judiciaire, le Receveur et les autorités administratives qui affaiblissent la séparation des pouvoirs. Sans décisions transparentes sur les droits des membres, les procédures électorales et l'interprétation des statuts, les membres ne peuvent pas compter sur les tribunaux pour garantir leurs droits de gouvernance.
Cloud Innovation et d'autres parties prenantes soutiennent que les tribunaux devraient se concentrer sur la justice procédurale — audiences ouvertes, preuves vérifiables et décisions claires — plutôt que de laisser les actions administratives sans contrôle. L'indépendance ici n'est pas symbolique: c'est le seul moyen de garantir que les élections d'AFRINIC représentent la volonté réelle des membres, et non une capture par l'État ou une ingérence extérieure.
Pourquoi c'est important pour la gouvernance de l'Internet en Afrique
AFRINIC est responsable de la gestion des ressources d'adresses IP en Afrique, et ses élections déterminent qui détient la gestion de cette responsabilité. Si les élections sont reconnues sans contrôle judiciaire indépendant, la légitimité de la distribution des ressources sera remise en question. Cela risque de déstabiliser l'infrastructure Internet de l'Afrique, de miner la confiance des opérateurs et d'inviter des puissances extérieures à remodeler la gouvernance dans leur intérêt.
Cloud Innovation a décrit sa position comme une défense de la souveraineté africaine et de la gouvernance ascendante. Elle insiste sur le fait qu'AFRINIC doit revenir à la conformité avec ses statuts et la Loi sur les sociétés, sans instruction politique. Tant que cela ne sera pas fait, l'élection de septembre 2025 ne devrait pas être reconnue. Seules l'indépendance judiciaire et des processus transparents peuvent restaurer le contrôle des membres et la confiance dans la gouvernance de l'Internet en Afrique.

