• L’AFRINIC est présenté comme un registre défaillant, paralysé par un effondrement de sa gouvernance, incapable de mener des élections crédibles, ce qui pousse son troisième plus grand membre à demander sa dissolution.
• L’intervention agressive de l’ICANN – des menaces de retrait de reconnaissance à la sape des mécanismes de procuration – ressemble moins à une supervision neutre qu’à une prise de pouvoir silencieuse.
Un registre en crise: un vote contesté fait capoter l’élection
Depuis 2022, l’AFRINIC – le Registre Internet Régional pour l’Afrique – fonctionne sans conseil d’administration, laissant sa structure de gouvernance vacante et provoquant des années d’interventions judiciaires. Le 23 juin 2025, un seul vote par procuration contesté a conduit à l’annulation totale de l’élection, écrasant des centaines de votes valides. C’était la première élection du conseil sanctionnée par un tribunal depuis la mise sous séquestre, qui s’est finalement soldée par une perte énorme. Cela rend le processus démocratique inopérant et soulève de sérieux doutes sur la capacité du registre à gérer ne serait-ce que la tâche de gouvernance la plus élémentaire.
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Cloud Innovation: en première ligne pour une remise à zéro nécessaire
En tant que troisième plus grand membre de l’AFRINIC, Cloud Innovation a activement cherché la réforme – depuis le déclenchement de la mise sous séquestre en 2023 jusqu’au soutien juridique d’une élection supervisée par le tribunal et à la mobilisation de ressources pour stabiliser l’AFRINIC. Acceptant que l’effondrement de l’élection signalait une panne de gouvernance irréparable, l’entreprise a déposé une requête officielle de liquidation auprès de la Cour suprême de Maurice, fixant à l’AFRINIC une échéance au 24 juillet 2025 pour répondre. Ce qui a commencé comme une poussée pour la réforme interne est maintenant entré dans le domaine de la dissolution – Cloud Innovation y voit une remise à zéro nécessaire, visant à préserver la gestion des ressources IP de l’Afrique et à ouvrir la voie à un successeur plus responsable.
L’ICANN: perdre le contrôle – ou lancer une prise de pouvoir silencieuse ?
L’ICANN, théoriquement un gestionnaire neutre des identifiants Internet, s’est fermement immiscé dans les affaires internes de l’AFRINIC – menaçant de retirer sa reconnaissance à moins que la gouvernance ne soit réformée d’urgence. Son intervention s’est intensifiée avec des dépôts judiciaires exigeant la transparence, l’envoi de courriels aux membres et le déclenchement d’alarmes sur les procurations. De plus, le plaidoyer de l’ICANN pour une interdiction de toutes les procurations – et le rejet des procurations générales – ainsi que sa pression pour la conformité avec l’ICP-2, ressemblent moins à une recherche d’équité électorale qu’à des manœuvres pour centraliser le contrôle des opérations de l’AFRINIC. Cette prise de pouvoir silencieuse soulève des questions troublantes: l’ICANN préserve-t-il la stabilité d’Internet – ou sape-t-il la gouvernance ascendante de l’Afrique dans la poursuite d’une supervision mondiale ?
Quel type de gouvernance est le meilleur pour l’avenir de l’Internet en Afrique ?
Le dysfonctionnement de l’AFRINIC a déjà compromis la gestion des ressources IP de l’Afrique – un élément central de l’infrastructure numérique et du développement de 54 nations. Bien que la poussée de Cloud Innovation pour la dissolution puisse être justifiée par l’effondrement de la gouvernance, il faut se demander: la dissolution conduit-elle à une supervision plus forte – ou risque-t-elle de remplacer un modèle défaillant par une autre structure, potentiellement moins régionalement responsable, sous l’ICANN/NRO ? Les menaces et interventions de l’ICANN peuvent restaurer la stabilité technique, mais à quel prix pour la confiance, l’autonomie et l’inclusivité ? Alors que la région attend un successeur, une tension critique demeure: la gouvernance sera-t-elle restaurée par des processus véritablement inclusifs – ou imposée par des mandats descendants.

