Summary
- Le Process en vigueur confie trois sièges du TAG à la Team et soumet chaque nomination à deux scrutins secrets séparés, chacun exigeant les deux tiers: celui du TAG et celui de l’Advisory Board. Les deux nominations annoncées en février 2026 ont suivi cette voie.
- Le projet daté du 25 octobre supprime le scrutin de l’Advisory Board et maintient celui du TAG. En juillet, l’Advisory Board a indiqué qu’il ne souhaitait plus ratifier systématiquement ces nominations; son éventuel rôle lors d’un blocage entre Team et TAG reste discuté à part.
Deux annonces à six jours d’intervalle
Le W3C a annoncé Brian Kardell le 6 février puis Heather Flanagan le 12 février pour des mandats au TAG courant jusqu’en 2028. Le premier communiqué explique même pourquoi les nominations sont séparées: les délais et une réunion prochaine du TAG rendaient l’attente peu attrayante. Chaque texte nomme la Team comme auteur du choix et les deux organes — TAG et Advisory Board — comme auteurs de la ratification. Les quatre accords institutionnels sont réels; leurs marges de vote secret ne sont pas publiées.
Le Process de 2025 répartit le TAG entre huit membres élus par l’Advisory Committee, trois nommés par la Team et Tim Berners-Lee, membre à vie. Les nominations doivent corriger les lacunes de compétences ou d’expérience que l’élection peut laisser. La Team doit ouvrir un moyen de proposer des candidats à l’ensemble de la communauté et solliciter spécialement le TAG, l’Advisory Committee et les présidents de groupes de travail. Les limites de cumul par affiliation s’appliquent aussi. Les annonces de février disent que plusieurs candidatures ont été exclues parce que leur employeur était déjà représenté au TAG.
L’ancien partage des tâches avait sa logique. La Team cherchait et choisissait. Le TAG pouvait dire non à un collègue jugé inadapté au travail d’architecture. L’Advisory Board, organe élu distinct, possédait un contrôle supplémentaire sur l’équilibre institutionnel. Les deux votes des deux tiers confirmaient ou rejetaient un choix déjà fait par la Team. Additionner des verrous ne change pas la main qui tient la clé des candidatures.
Le projet du 25 octobre 2026 maintient les trois sièges nommés, la sélection par la Team, l’appel aux candidatures, les contraintes d’affiliation et le vote secret des deux tiers du TAG. Il raye le vote de l’Advisory Board. Ce projet suit encore la procédure d’adoption du nouveau Process; les nominations de février relevaient du texte en vigueur, qui exigeait bien deux ratifications.
Pourquoi le contrôleur a rendu son tampon
La discussion du dossier 810 dans le dépôt officiel ne manque pas de désaccords. En 2023, un intervenant défendait le veto de l’Advisory Board comme garde-fou contre l’entre-soi au TAG. Un autre demandait pourquoi un organe centré sur la stratégie et la procédure devrait disposer d’une voix d’approbation aussi forte que le groupe technique qui travaillera avec la personne nommée. Le débat porte sur deux risques réels: la cooptation par les pairs et la tutelle d’un organe moins proche du métier.
Le 2 juillet 2026, un participant a rapporté la position de l’Advisory Board: il ne jugeait plus devoir ratifier les nominations au TAG. La modification 1178, intégrée le 22 juillet, invoque cette décision. Le conseil consultatif a donc laissé partir sa propre prérogative. Il serait étrange de raconter l’affaire comme une dépossession imposée contre son avis.
Le fil de discussion distingue ensuite le vote ordinaire d’un éventuel arbitrage. Si la Team présente quelqu’un et que le TAG refuse, l’Advisory Board pourrait conseiller les deux parties. Certains évoquent un pouvoir plus formel en cas d’impasse; d’autres préféreraient que la Team revienne avec un autre nom ou accepte un siège vacant. Le projet actuel n’installe pas d’arbitrage obligatoire dans la clause des nominations. Il précise le seuil pour fermer la porte, puis se tait sur l’heure à laquelle on frappe de nouveau.
Ces six jours donnent une mesure à la question du temps. Les deux personnes ont finalement obtenu les deux ratifications; les pièces choisies ne montrent ni opposition serrée ni retard causé par l’Advisory Board. W3C a pourtant jugé utile de pourvoir un siège avant l’autre pour que le TAG avance. Après un refus, le coût d’une vacance serait encore plus visible.
Un scrutin fort mérite une sélection explicable
La page officielle du TAG décrit la garde de l’architecture du Web et l’examen de travaux techniques, au W3C et ailleurs. Garder aux pairs un vote des deux tiers paraît adapté à cette mission. Encore faut-il pouvoir comprendre l’étape précédente: quelle compétence manquait, combien de temps les propositions ont-elles été ouvertes, quels critères d’affiliation ont été appliqués? Une annonce peut répondre sans publier un seul bulletin secret ni le dossier personnel d’un candidat. Les communiqués de février ont commencé à le faire; la prochaine règle devrait en faire une habitude.
Reste le cas du refus. La Team peut revoir sa copie, le groupe peut attendre, un conseil indépendant peut aider. Le Process devrait dire qui déclenche la suite et comment le siège vacant est traité. Barrer une ligne qui prévoit un vote prend une minute. Écrire la règle qui fonctionne le lendemain d’un échec demande davantage.
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