Résumé

  • IGMPv3 et MLDv2 signalent au routeur voisin l’intérêt du récepteur et son filtre de sources, sans confirmer la livraison de bout en bout.
  • PIM-SM doit ensuite construire séparément un arbre partagé ou propre à une source, à partir du DR, du RPF, d’un RP ou du modèle SSM.
  • Le verdict doit relier l’adhésion au couple source-groupe exact, à l’état de l’arbre, au transfert et aux paquets vus par l’application.

Une adhésion valide, un écran noir

La console montre un rapport IGMPv3 récent sur la bonne interface. Le groupe est exact, le temporisateur court et le premier routeur connaît le récepteur. Pourtant, le lecteur vidéo reste noir. Le rapport n’est pas faux : il répond seulement à une autre question.

Il prouve qu’un système a demandé à recevoir. Il ne prouve ni que la source attendue émet, ni qu’un Join PIM a installé l’état amont, ni que le contrôle RPF a choisi le bon voisin, ni que la réplication existe dans le plan de transfert, ni que la socket destinataire a reçu un paquet.

L’état d’écoute reste local

Le RFC 3376 définit IGMPv3 comme le protocole par lequel les systèmes IPv4 déclarent leurs appartenances multicast aux routeurs voisins. Les modes INCLUDE et EXCLUDE permettent d’accepter seulement certaines sources ou d’en écarter certaines. L’état porte sur la socket, l’interface, le groupe, le mode et la liste de sources.

L’état agrégé de l’interface peut différer de celui d’une socket. Même lorsqu’un paquet atteint l’interface, son port de transport et l’état propre à l’application peuvent empêcher sa remise. Le RFC 3810 applique le même principe aux écouteurs IPv6 avec MLDv2.

L’arbre PIM constitue une seconde preuve

Le RFC 7761 décrit comment le routeur désigné transforme l’intérêt local en Join PIM vers le point de rendez-vous ou la source. Les états (*,G), (S,G) et (S,G,rpt) se construisent saut par saut. La MRIB fournit le chemin inverse ; la TIB mémorise l’arbre ; l’implémentation dérive normalement une MFIB efficace pour transférer les paquets.

La correspondance au RP peut être erronée, le voisin RPF peut changer, un état peut expirer et la bascule de l’arbre partagé vers l’arbre du plus court chemin peut être incomplète. Sur un LAN multi-accès, des doublons peuvent subsister jusqu’à l’élection PIM Assert. Une adhésion toujours visible ne tranche aucune de ces situations.

Le RFC 4607 ajoute une précision décisive pour SSM : la livraison vise le couple exact (S,G). Un tableau de bord limité au groupe peut donc paraître sain alors que la source demandée est absente.

Sources