Summary
draft-ietf-bmwg-powerbench-03propose une méthode de laboratoire pour caractériser des routeurs et commutateurs. Il ne définit ni gestion énergétique en production, ni palmarès de produits.- La condition Idle+ injecte un paquet par seconde dans chaque sens sur toutes les interfaces actives. Ce stimulus minimal peut activer le plan de transfert : Idle, Idle+ et les autres conditions ne sont donc pas des états universels de la machine.
- Le ratio
T/Pn'est comparable que si le rapport conserve le trafic effectivement transmis, les niveaux et pondérations de charge, la configuration, la précision du wattmètre, la stabilisation et la fenêtre de moyenne.
Le faux synonyme entre silence et repos
Deux laboratoires peuvent écrire « appareil au repos » et mesurer deux réalités différentes. Dans le premier, le routeur est configuré, toutes les interfaces sont actives, mais aucun paquet ne circule. Dans le second, chacune de ces interfaces reçoit un flux bidirectionnel d'un paquet par seconde. La charge est négligeable pour le débit ; elle peut pourtant suffire à réveiller le plan de transfert.
La révision 03 de PowerBench appelle la première situation Idle et la seconde Idle+. Le petit signe « + » empêche un grand raccourci : le mot repos ne décrit ni une configuration interne, ni un état électrique commun à tous les constructeurs.
Le document recense cinq conditions. Base observe les réglages d'usine après démarrage, cartes et composants actifs, sans émetteur-récepteur. Idle ajoute la configuration complète de transfert et maintient toutes les interfaces levées, sans trafic. Idle+ applique le flux minimal. Typical mesure un pourcentage déclaré du débit maximal avec une distribution réaliste de tailles de paquets fondée sur RFC 6985. Power with Traffic Load charge des ports ou cartes précis à un taux défini.
La nouveauté conceptuelle de la révision 03 est de séparer ces conditions des Power States. Le DUT peut conserver un même état interne entre deux conditions ou en changer pendant une seule mesure. Si cet état est observable ou explicitement configuré, le laboratoire devrait le nommer et expliquer comment il l'a établi. Il reste un contexte supplémentaire, jamais un substitut à la procédure.
Cette distinction protège le rapport contre une autorité empruntée. « Mode basse consommation » sonne comme une cause déjà démontrée. « Mesure Idle+ avec tel état observé » décrit ce que le laboratoire sait réellement. La révision précédente parlait plus directement de sortie d'un low-power mode ; la nouvelle dit prudemment que la différence peut capturer une transition.
Le Datatracker situe aussi le texte à sa juste place : projet Internet actif du groupe BMWG, révision 03 déposée le 30 septembre 2026. L'en-tête vise Standards Track, tandis que l'API figée ne renseigne pas de niveau prévu. Ce n'est ni un RFC, ni une approbation de l'IESG, ni le certificat d'un équipement.
L'efficacité est une fraction dont le numérateur se décide
PowerBench définit l'Energy Efficiency Ratio comme EER = T/P, en Gbit/s par watt. T additionne des capacités d'interface pondérées sur plusieurs niveaux de charge ; P additionne les puissances mesurées aux mêmes niveaux avec les mêmes coefficients.
Le choix doit précéder l'essai. Le texte illustre 100 %, 30 % et 0 % avec des poids 0,1, 0,8 et 0,1, mais autorise des profils différents pour routeurs d'accès, cœurs de réseau et commutateurs de centre de données. Favoriser 30 % répond à une question d'exploitation ; favoriser le repos en pose une autre. Les deux résultats peuvent être exacts sans être interchangeables.
Une variante permet d'utiliser la capacité totale des interfaces plutôt que la capacité pondérée. Elle donne une valeur proportionnelle, mais change le numérateur. Une fiche d'achat qui mélange les deux sous une seule colonne « Gbit/s/W » classe des conventions avant de classer des machines.
Le trafic doit en outre sortir du bon port. Abandonner les paquets réduirait très efficacement la consommation, mais détruirait le travail utile. La règle par défaut est zéro perte, dans la tradition du Non-Drop Rate de RFC 2544. Toute tolérance non nulle doit être déclarée et justifiée. La procédure citée disqualifie aussi un résultat si l'équipement ne revient pas à pleine charge NDR.
Le ratio devient ainsi un contrat : quel travail, sous quelle distribution, avec quelle exigence de livraison, contre quelle énergie ? Sans ces quatre éléments, la décimale finale ne répond à aucune question stable.
Le wattmètre ne mesure pas le bâtiment
Le montage relie le DUT à un générateur de trafic et à un wattmètre externe placé à l'entrée électrique de l'appareil. La mesure inclut donc ce que le DUT tire à cette frontière. Elle n'inclut pas l'infrastructure externe de refroidissement.
La chaleur reste pertinente. Ventilateurs et régulation thermique consomment derrière l'entrée mesurée ; la température peut modifier leur comportement. Le protocole prescrit 23 à 27 °C, 25 à 75 % d'humidité relative et 812 à 1 060 hPa. Il faut connaître l'évolution thermique sans transformer pour autant la puissance du châssis en consommation de la salle.
La révision 03 exige également une précision de wattmètre documentée et adaptée à la plage mesurée. Un écart d'un watt n'établit pas un classement si l'incertitude instrumentale et la méthode de moyenne sont plus larges. Le rapport sérieux conserve identité de l'instrument, plage, spécification de précision, valeurs brutes et, si disponible, preuve d'étalonnage.
Le texte ajoute une limite explicite : il s'agit d'un banc de laboratoire, pas d'un cadre de supervision ou de gestion énergétique opérationnelle. Les résultats peuvent servir de référence aux mesures en production. Ils ne transportent pas avec eux la distribution réelle des charges, la redondance, le refroidissement du site, les dérives logicielles ou la source d'électricité.
Cette frontière distingue aussi PowerBench des travaux sur la mise en sommeil d'un lien. Ici, aucune signalisation n'ordonne l'arrêt, aucune voie de réveil n'est validée et aucun rétablissement de service n'est prouvé. Une transition interne peut expliquer une courbe ; elle n'est pas un protocole de contrôle.
Les deux horloges du laboratoire
Après un changement de charge, files d'attente, caches, fréquences, ventilateurs et processus de contrôle évoluent. Une lecture immédiate saisit un transitoire ; une moyenne tardive peut saisir un autre régime. Le temps appartient donc à l'objet mesuré.
PowerBench demande l'intervalle de stabilisation entre l'application de la charge ou de la configuration et le début de la mesure. Il demande ensuite l'intervalle de mesure, sa méthode de moyenne et les valeurs propres à chaque niveau de charge lorsqu'elles diffèrent.
Le projet n'impose pas une durée universelle. Ce réalisme facilite l'essai, mais déplace la discipline vers le rapport. Pour reproduire ou comparer, un autre laboratoire doit savoir si sa fenêtre couvre le même comportement thermique et logiciel.
Cette exigence devient décisive dans un suivi longitudinal. Tester le même châssis avant et après une mise à jour peut isoler un progrès. Encore faut-il maintenir cartes, optiques, processus en arrière-plan, trace, environnement et fenêtres. Sinon, le nom de version reçoit le crédit d'une différence qu'il n'a peut-être pas causée.
Le programme fait désormais partie du matériel testé
Pour un plan de données programmable, la révision 03 recommande de consigner le programme ou la charge installée, la version du compilateur ou de la chaîne d'outils et une description des tables ou opérations avec état. Une même boîte P4 ou FPGA peut devenir une autre machine de transfert après compilation.
Cette addition transforme la fiche de résultat en passeport d'exécution. Elle doit identifier matériel, logiciel, cartes, ports activés et réellement actifs, interfaces, optiques, réglages, utilisation, trace, programme, compilateur, environnement, instrument et temps. Le nom commercial seul n'identifie plus le DUT pertinent.
La différence historique avec la révision 02 est cohérente : périmètre laboratoire, précision du wattmètre, frontière électrique, plan programmable, conditions distinctes des états et formulation moins affirmative sur les transitions. Ce sont des progrès dans la grammaire de preuve. Ils ne produisent aucun gagnant.
Les sources figées ne présentent ni résultat d'un produit nommé, ni déploiement, ni interopérabilité, ni économie de flotte, ni réduction carbone. Le projet accepte d'ailleurs un compromis : davantage de résultats bien décrits mais imparfaitement comparables peuvent éclairer davantage que quelques essais prescrits au point de devenir rares.
Sources et limites
L'analyse repose sur les artefacts texte, HTML et XML, le Datatracker et son historique, la révision 02, RFC 2544, RFC 6985, RFC 6988, RFC 7460 et le projet de terminologie GREEN. Aucune donnée privée de laboratoire n'a été utilisée.
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