Résumé
- Le calendrier de l’UIT prévoyait une validation et une approbation en juin 2026, puis un lancement national en octobre. La page actuelle de l’INTIC présente encore la stratégie parmi les instruments en préparation et en révision, et renvoie à un projet du 22 août dont la ligne d’approbation par le Conseil des ministres indique « xx de xxxx de 2026 ».
- Le projet chiffre le besoin cumulé préliminaire entre 1,5 et 2 milliards de dollars. Il distingue ensuite les rôles du Conseil des ministres, de la commission présidée par le MCTD, du ministère des Finances, des organismes sectoriels et de l’INTIC. Ce chiffre n’est pas une autorisation budgétaire.
Dans la paperasse publique, « xx » est une minuscule paire de lettres chargée d’une grande fonction. Sur la couverture du projet mozambicain de Stratégie nationale de transformation numérique daté du 22 août, la date d’approbation par le Conseil des ministres est « xx de xxxx de 2026 ». Le document compte pourtant six piliers, quatorze engagements phares pour 2030 et un horizon qui va jusqu’en 2035. C’est le statut affiché dans l’exemplaire consultable. Toute approbation ultérieure doit figurer dans une décision datée ou une version finale.
Le calendrier public mérite donc vérification. La page de projet de l’Union internationale des télécommunications prévoyait une validation et une approbation en juin 2026, puis le lancement de la stratégie en octobre. La page de propositions de l’INTIC décrit les instruments comme étant en préparation et en révision, ouverts aux contributions, et renvoie au projet d’août. Dans les pages publiques consultées ici, ni une version finale datée ni un compte rendu du lancement d’octobre n’apparaissent. Une échéance inscrite au calendrier et un instrument adopté sont deux pièces différentes.
Le projet décrit assez précisément l’organisation souhaitée. Le Conseil des ministres assurerait la supervision politique, adopterait la stratégie et trancherait les questions de haut niveau. Une commission technique multisectorielle présidée par le ministère des Communications et de la Transformation numérique (MCTD) coordonnerait l’exécution, suivrait les indicateurs et traiterait les blocages entre administrations. Les institutions sectorielles exécuteraient les actions relevant de leurs mandats ; l’INTIC consoliderait les données de suivi.
Le dessin sépare l’autorité politique, la coordination et la livraison au lieu de faire d’un comité l’opérateur de tous les services.
Le financement est le point de rencontre de ces responsabilités. Le projet estime à titre préliminaire le besoin cumulé entre 1,5 et 2 milliards de dollars pour la période de mise en œuvre. Cette estimation s’appuie sur les engagements existants, les coûts connus de certains programmes et une extrapolation indicative. Le document cite des projets publics ou concessionnels et l’appui de partenaires, tout en précisant que cette base ne suffira pas à réaliser toute l’ambition de 2030. Il prévoit aussi une revue conjointe des grands investissements numériques par le MCTD et le ministère des Finances avant toute décision de financement.
Cette étape peut repérer les doublons, les problèmes d’interopérabilité et les coûts d’exploitation avant les achats. Elle ne crée pas, à elle seule, de crédits budgétaires.
L’architecture de suivi prévoit une conférence publique annuelle, une consolidation trimestrielle des progrès, un rapport annuel d’évaluation et une revue à mi-parcours en 2030. Plusieurs données de référence doivent être établies en 2026–2027. Ces outils ne valent que si les chiffres sont publiés, si les institutions responsables sont nommées et si les retards entraînent une explication et une correction. Le projet promet la mesure et le redressement ; les rapports publics diront si cela devient une pratique.
L’UIT indique qu’environ 395 parties prenantes ont participé aux ateliers de Quelimane, Pemba et Maputo. Ces échanges apportent des connaissances utiles des provinces, des citoyens et des administrations. La fréquentation d’une consultation fournit des contributions ; elle ne confère pas le pouvoir d’adopter une stratégie ou d’engager l’argent public. Le projet attribue l’adoption au Conseil des ministres et relie les décisions d’investissement au ministère des Finances. Rendre cette chaîne visible permet à la participation d’éclairer la décision sans se faire passer pour elle.
Le prochain document utile ne sera donc pas une nouvelle photo de lancement. Ce sera une version finale datée qui concorde avec la décision d’approbation, un tableau reliant l’estimation de 1,5 à 2 milliards aux financements confirmés et aux besoins encore ouverts, ainsi que des responsables nommés pour chaque engagement de 2030. En attendant, le pays dispose d’un projet ambitieux et d’un organigramme de gouvernance ; la ligne d’approbation attend toujours sa date.
Sources primaires : Calendrier de l’UIT sur l’élaboration de la stratégie · Page de consultation et de propositions de l’INTIC · Projet publié par l’INTIC, 22 août 2026 · Lancement du processus de rédaction, rapport de l’INTIC
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