Résumé

  • La South African Post Office (SAPO) a été placée sous supervision et en sauvetage d'entreprise par la North Gauteng High Court, qui a nommé Anooshkumar Rooplal et Juanito Martin Damons praticiens conjoints ; le plan a été publié le 23 novembre 2023 et adopté le 7 décembre 2023.
  • Sur les 6,2 milliards de rands annoncés en deux tranches, 2,4 milliards ont été reçus, notamment pour les indemnités de licenciement ; la deuxième tranche, de 3,8 milliards, n'a jamais été versée.
  • La rationalisation a fermé 366 agences et laissé 657 agences actives, dont 258 relevant de l'obligation de service universel ; 4 342 salariés sur 4 875 notifiés ont été licenciés, et si plus de 99 % du compromis de 12 cents par rand a été payé, les 18 cents dus à SARS, au fonds de retraite et à Medipos restent en suspens.
  • Les praticiens ont déposé le 12 juin 2026 une requête en cessation, contestée par deux créanciers ; aucune ordonnance n'avait été rendue au 17 août 2026.

D'une ordonnance de justice à un plan adopté

Le dossier commence par une décision de justice. La North Gauteng High Court, à Pretoria, a placé la South African Post Office sous supervision et en sauvetage d'entreprise avec effet immédiat, et a désigné Anooshkumar Rooplal et Juanito Martin Damons comme praticiens conjoints (ordonnance de la cour).

Le rapport d'étape des praticiens, daté du 30 septembre 2025, fixe la chronologie officielle : ordonnance de commencement le 10 juillet 2023, confirmation de la CIPC le 12 juillet 2023, lancement du processus de licenciement au titre de l'article 189A(3) de la loi sur les relations de travail le 2 janvier 2024, paiements aux créanciers prévus d'avril à juillet 2024, et démarrage du processus de fermeture d'agences le 30 juin 2024 (rapport d'étape).

Le plan lui-même est un document public. Publié par les praticiens le 23 novembre 2023, il a été soumis aux parties affectées lors d'une réunion des créanciers et de l'actionnaire tenue en application des articles 151 et 152 de la loi sur les sociétés, le 7 décembre 2023, date à laquelle il a été adopté (plan de sauvetage adopté).

Un bilan social lourd et un règlement créancier inachevé

Le décompte le plus précis vient de la présentation des praticiens au Parlement. Lors de la rationalisation entamée en avril 2024, 366 agences ont été fermées définitivement et 657 sont restées actives, dont 258 soumises à l'obligation de service universel. 4 875 lettres de licenciement ont été envoyées, les préavis ont pris fin le 30 avril 2024, et 4 342 salariés ont été licenciés ; une demande au dispositif temporaire d'aide à l'emploi (TERS) a produit 381 millions de rands sur six mois, finalisée en avril 2025. La même présentation indique que le compromis de 12 cents par rand a commencé en mars 2024 avec environ 1 milliard de rands versés, que les 18 cents supplémentaires — environ 509 millions de rands dus à trois créanciers statutaires et de paie — dépendaient de fonds non reçus, et que la tranche manquante de 3,8 milliards a déclenché des mesures d'austérité. Des décomptes relayés par la presse évoquent 354 agences fermées ; le chiffre parlementaire retenu ici est de 366 (présentation parlementaire).

En octobre 2025, le praticien Anoosh Rooplal a déclaré devant des parlementaires que les 12 cents avaient été payés, que les 18 cents ne l'avaient pas été faute de la tranche de 3,8 milliards, et que 25 % du plan restaient inappliqués ; il chiffrait la part due aux fonds de pension, aux régimes médicaux et à SARS à environ 500 millions de rands (propos rapportés).

Plus tard, plus de 99 % du compromis de 12 cents avait été payé, mais le compromis conditionnel de 18 cents — SARS, Post Office Retirement Fund, Medipos — restait dû (compte rendu de la sortie contestée). Deux lectures du même plan coexistent donc : « 25 % inappliqués » à l'automne 2025, « substantiellement exécuté » en 2026. Elles s'attribuent à leurs auteurs et à leurs dates ; elles ne se fusionnent pas.

L'argent : annoncé, voté, versé

Un virement de 150 millions de rands a été approuvé par le Trésor national et annoncé le 25 février 2025 pour répondre à des pressions financières immédiates (communiqué gouvernemental).

Selon la presse, il a été reçu en mars 2025. Sur les deux tranches annoncées, la première — 2,4 milliards de rands — a bien été reçue et affectée aux indemnités de licenciement ; la seconde, de 3,8 milliards, destinée à la modernisation et à la numérisation des infrastructures, n'a jamais été débloquée. Un article de juillet 2025 évoquait par ailleurs 1,8 milliard de rands pour le service universel : il s'agit d'une autre mesure, à ne pas additionner (récit des deux tranches).

Pour 2026/27, le soutien voté se limite à 595 millions de rands au titre de l'obligation postale universelle, dans un budget ministériel de 2,549 milliards dont 1,749 milliard transféré aux entités du portefeuille — ICASA recevant 505 millions et le Film and Publications Board 112 millions (discours budgétaire).

Les comptes de l'exercice 2026

Pour l'exercice clos le 31 mars 2026, le chiffre d'affaires atteint 1,54 milliard de rands, en hausse de 2 millions ; la perte nette revient à 71 millions, contre 514 millions un an plus tôt ; l'actif net redevient positif, à 840 millions, après -7,9 milliards ; et la dette envers les créanciers passe d'environ 8,7 milliards à 440 millions (chiffres rapportés). Ces montants sont rapportés par les praticiens et la presse ; les états financiers audités n'ont pas été examinés.

Une sortie demandée, pas encore prononcée

Le 12 juin 2026, les praticiens conjoints ont déposé devant la High Court de Pretoria une requête en cessation du sauvetage. Déposer une requête ne signifie pas être sorti du sauvetage (dépôt de la requête).

Aucune date d'audience n'avait été accordée, notamment parce que le Post Office Retirement Fund et Medipos ont fait part de leur opposition ; tant que la cessation n'est pas prononcée, les praticiens restent l'autorité comptable. Un nouveau conseil d'administration, présidé par Regina Sizakele Madlala, a été nommé le 5 juin et installé le 22 juin. La directrice générale par intérim, Fathima Gany, a déclaré aux parlementaires que le sauvetage « n'a pas achevé le redressement » et que SAPO n'est pas soutenable en l'état (contexte et oppositions).

Au 17 août 2026, aucune ordonnance de cessation n'avait été rendue. Les 3,8 milliards n'ont pas été inscrits au budget 2026 et aucun engagement juridiquement contraignant ne les couvre (point de situation).

Ce que ces chiffres ne mesurent pas

Aucune des sources retenues ici ne mesure les volumes de courrier ou de colis réellement traités. L'état du service postal est donc décrit par la taille du réseau et des effectifs — 657 agences actives, dont 258 au titre de l'obligation de service universel — et non par une performance de livraison. La date de réception effective du virement de 150 millions de rands repose sur la presse, et le montant des 18 cents varie selon les sources : 509 millions de rands au Parlement, environ 500 millions dans les propos du praticien.