Résumé

  • Singapour dit que les entreprises locales trouvent aujourd’hui les ressources de calcul IA nécessaires dans des centres de données nationaux et étrangers, selon les retours du secteur sur la disponibilité et les prix.
  • Une réponse distincte affirme que les besoins en électricité et en eau des centres de données sont pris en compte dans la planification nationale. Les réponses ne publient pas de lien chiffré entre besoins de calcul, capacité future et ressources.

« Suffisant » décrit un marché, pas chaque usage

Le 6 octobre, le député Saktiandi Supaat a demandé si le gouvernement mesurait l’offre de calcul IA accessible aux entreprises par les centres de données locaux et les services cloud étrangers, et s’il prévoyait des pénuries d’ici 2030. Le ministère du Développement numérique et de l’Information (MDDI) a répondu que les besoins actuels reposaient sur les deux sources. Les retours des entreprises sur les disponibilités et les indicateurs de prix suggèrent, selon le ministère, que l’offre suffit pour répondre aux besoins présents. (Réponse du MDDI)

Cette appréciation ne constitue ni un inventaire public des accélérateurs disponibles ni une garantie qu’une entreprise trouvera la machine, le prix, le lieu et le niveau de service qui lui conviennent. La réponse ne donne ni volume total, ni série de prix, ni ventilation entre capacités locales et étrangères, ni estimation chiffrée des pénuries jusqu’en 2030. L’absence de ces chiffres dans la réponse ne prouve pas que l’administration ne possède pas d’autres données.

Le MDDI souligne aussi pourquoi une offre moyenne ne résout pas tous les besoins : latence, résilience, sécurité et gouvernance des données varient selon les charges de travail. Le ministère prévoit de développer durablement les capacités nationales tout en gardant accès à plusieurs sources étrangères. En mai, la mise à jour de la stratégie nationale d’IA disait déjà que l’accès au calcul s’était amélioré depuis les fortes contraintes de 2023, mais que l’évolution future de l’offre restait incertaine. (Stratégie nationale d’IA)

Le courant n’est pas le même que la prise

Le lendemain, le ministère de l’Énergie et de l’Industrie (MTI) a répondu à une question sur l’électricité et l’eau nécessaires aux centres de données, dont ceux qui hébergent des calculs d’IA. Il affirme que ces projections sont intégrées à la planification nationale des infrastructures, sans publier le modèle, les volumes ni les scénarios employés. Il précise que la croissance du secteur est calibrée depuis le moratoire de 2019–2022 en fonction de la sécurité énergétique et hydrique et de la décarbonation. (Réponse du MTI) Le MTI ajoute que le projet de loi sur l’infrastructure numérique imposera aux centres de données existants et nouveaux des critères de PUE au niveau des installations et permettra, au besoin, des exigences d’efficacité hydrique.

Les nouvelles capacités passent principalement par l’appel à candidatures pour les centres de données. Lors du deuxième appel récemment achevé, les candidats devaient alimenter au moins 50 % de leur capacité avec de l’énergie verte. C’est une condition d’attribution, pas la preuve que toutes les capacités retenues sont déjà construites ou adaptées à chaque charge d’IA.

Les deux réponses ne se contredisent pas : l’une traite du marché actuel du calcul et juge les projections futures difficiles ; l’autre situe les besoins énergétiques et hydriques dans la planification nationale. Ce que les documents publics ne montrent pas encore, c’est la passerelle chiffrée entre ces niveaux. On peut donc dire que Singapour juge l’offre actuelle suffisante, sans transformer ce constat en garantie pour les futurs besoins des entreprises ni prétendre qu’aucune planification n’existe.

Sources