Résumé

  • PDU-Concat économise des champs répétés en imposant aux PDU agrégées un type ULE commun et, lorsqu’elle existe, une même adresse NPA ; l’unité de validation devient donc aussi une unité de perte corrélée.
  • La preuve exploitable doit conserver séparément l’attente d’agrégation, l’émission, l’intégrité de l’enveloppe, la concordance des longueurs, l’extraction et la remise à la couche suivante.

La longueur inscrite sur l’enveloppe ressemble à un total de facture. Chaque PDU apporte ensuite sa propre ligne : quinze bits de longueur, puis les octets correspondants. Le récepteur additionne les lignes. Si elles ne retrouvent pas le total, il ne manque pas seulement un chiffre ; il manque la preuve que les frontières internes sont réelles.

C’est à cet endroit que le RFC 5163 transforme une optimisation de liaison en discipline d’exploitation.

L’économie est produite par la mutualisation

L’extension obligatoire PDU-Concat, type 3 du registre ULE, permet de placer dans une seule SNDU une série de PDU généralement courtes. Le type de la PDU encapsulée n’est indiqué qu’une fois. Toutes les PDU doivent partager ce type ; une concaténation récursive est interdite. Si l’en-tête de la SNDU porte une adresse de destination NPA, cette même adresse est associée à toutes les PDU. Les extensions placées avant PDU-Concat, par exemple TimeStamp, concernent l’ensemble composé.

Le bénéfice est concret : moins d’octets de contrôle répétés et moins de travail pour un récepteur qui peut écarter en une opération une destination qui ne le concerne pas. Mais le type commun n’établit pas que les charges utiles appartiennent à la même transaction. L’adresse commune ne démontre ni identité ni autorisation. Le RFC 4259 qualifie le filtrage NPA de protection faible, souvent configurable comme un mode promiscuité Ethernet.

La donnée partagée est donc un contexte de traitement, pas une attestation de confiance.

Le bilan intérieur doit rejoindre le total extérieur

Le récepteur commence par vérifier qu’il comprend le PDU-Concat-Type. Un type non pris en charge doit être rejeté et devrait produire une erreur PDU-Type. Il extrait ensuite les PDU dans l’ordre, contrôle chacune de leurs longueurs, puis vérifie que la somme des longueurs traitées correspond à la longueur de base de la SNDU.

Le texte normatif est précis. Si le total extérieur et les tailles intérieures divergent, le récepteur devrait rejeter toute la SNDU et consigner une erreur PDU-Concat de taille. En revanche, il ne doit pas transmettre une PDU partielle dont la longueur annoncée dépasse les octets encore disponibles. Transformer le premier « devrait » en obligation absolue serait inexact ; affaiblir la seconde interdiction le serait tout autant.

Un CRC valide ne clôt pas ce bilan. ULE protège chaque SNDU par CRC-32 ; pour une SNDU GSE fragmentée, le CRC se trouve dans le dernier fragment et disparaît après réassemblage. Cette vérification dit que l’enveloppe protégée est arrivée selon son propre modèle d’intégrité. Elle ne prouve ni la cohérence des découpes internes, ni le support du type, ni la correspondance NPA.

Il faut donc conserver plusieurs reçus : admission de PDU de même type, expiration du délai de regroupement, émission de l’enveloppe, réassemblage ou CRC, reconnaissance du type, validation de chaque longueur, concordance du total, extraction complète, transmission en aval et résultat de la couche supérieure. Aucun reçu ne peut être promu au rang du suivant.

Le temps économisé sur les en-têtes est payé avant l’envoi

Pour former un groupe, l’encapsulateur attend. Le RFC exige que le seuil d’attente PDU soit borné et recommande qu’il soit configurable. Une attente plus longue peut augmenter l’efficacité, mais ajoute de la gigue et peut accroître la probabilité de corruption. Quand le délai expire sans nouvelle PDU, toutes les PDU en attente doivent partir immédiatement.

La norme ne fournit aucune valeur universelle. L’arbitrage dépend du budget de délai du trafic et du nombre de charges utiles que l’on accepte de faire dépendre d’une même enveloppe. Une mesure honnête juxtapose les octets d’en-tête économisés, la réduction de traitement, la distribution réelle de l’attente et le nombre de PDU perdues ensemble lors d’un rejet.

TS-Concat rend cette granularité encore plus visible. Il agrège des paquets MPEG-2 de 188 octets. Si la longueur restante n’est pas un multiple entier de 188, le récepteur doit rejeter tous les paquets TS encapsulés. L’optimisation ne supprime pas le risque ; elle choisit l’unité à laquelle il se matérialise.

Une extension facultative peut être sautée ; une grammaire obligatoire ne le peut pas

Dans le RFC 4326, la longueur des extensions facultatives permet à un récepteur de les ignorer sans perdre la position de l’en-tête suivant. TimeStamp, défini par le RFC 5163, en est un exemple. Un récepteur peut le traiter ou le sauter, mais doit poursuivre et remettre la PDU. Sa valeur en microsecondes depuis l’heure UTC ne suffit à mesurer un délai aller que si l’horloge émettrice est synchronisée ; la perte demande des informations supplémentaires.

PDU-Concat est obligatoire parce qu’il modifie la grammaire du reste de la charge. Un récepteur qui l’ignore ne sait plus où finit une PDU et où commence la suivante. Comprendre la grammaire est nécessaire. Ce n’est toujours pas la preuve que son contenu a été accepté.

Sources