Résumé

  • RFC 3555 déclarait insensibles à la casse le nom d’encodage et les noms de paramètres, puis conservait séparément les règles qui donnent un sens aux valeurs.
  • Le passage d’un type de média vers SDP était une transformation structurée : type, sous-type, horloge, canaux, durée de paquet et paramètres propres au format n’avaient pas la même destination.

Un opérateur pouvait lire audio/l16 dans un contexte et L16 dans un autre sans conclure à deux formats distincts. Ce petit choix d’interopérabilité répondait à une réalité éditoriale : le profil RTP imprimait souvent les noms en majuscules, tandis que les sous-types de média apparaissaient couramment en minuscules. RFC 3555 rendait donc ces noms insensibles à la casse.

La facilité s’arrêtait là. Le document appliquait la même règle aux noms de paramètres, mais ne transformait pas leurs valeurs en texte libre. La valeur restait soumise à la grammaire MIME, à la définition du paramètre et surtout à la spécification du format de charge. Confondre « nom insensible à la casse » et « valeur librement normalisable » aurait supprimé une distinction que la norme conservait.

La carte, pas la ressemblance

L’exemple central partait de audio/L16; rate=48000; channels=2; ptime=5; emphasis=50-15. SDP ne recevait pas cette expression en bloc. audio devenait le nom de média de la ligne m=. L16, 48000 et 2 formaient a=rtpmap:97 L16/48000/2. emphasis=50-15 allait dans a=fmtp:97. ptime=5 devenait une ligne a=ptime:5.

Cette répartition associait chaque donnée à son autorité. L’horloge RTP et les paramètres d’encodage devaient accompagner le nom qui liait un numéro de charge dynamique. La durée recommandée d’un paquet décrivait une préférence de session, non l’identité du codec. Le paramètre propre au format devait être remis à l’outil média, car SDP n’avait pas à connaître sa sémantique.

RFC 3555 interdisait surtout au dossier d’enregistrement d’ajouter seul de nouveaux paramètres de format. La liste autorisée appartenait au RFC qui définissait la charge RTP. Un enregistrement pouvait expliquer la conversion vers fmtp; il ne pouvait pas changer le protocole sur le fil. Le registre nommait et documentait, il n’exécutait pas.

Le numéro 97 ne voyageait pas comme le nom

Dans l’exemple, 97 était un numéro de charge dynamique choisi dans la session. Il n’était pas l’identifiant mondial de L16. Une autre session pouvait associer 97 à un autre format, ou L16 à un autre numéro. Seule la paire formée par la ligne m= et l’attribut rtpmap reconstituait le contrat local.

Cette nuance sépare quatre reçus. Un sous-type peut être inscrit chez IANA. Une description SDP peut lier un numéro au sous-type et à une horloge. Un terminal peut annoncer ou accepter cette description. Enfin, des paquets peuvent arriver et être décodés. Aucun reçu ne remplace le suivant.

La version actuelle de SDP, RFC 8866, conserve cette architecture. Elle décrit rtpmap comme la liaison entre numéro, nom d’encodage, horloge et paramètres d’encodage. Elle décrit fmtp comme un canal pour remettre des paramètres propres au format à l’outil qui les comprend. Un parseur SDP peut donc réussir sans qu’un décodeur compatible existe.

Une obsolescence qui a séparé les responsabilités

RFC 4855 et RFC 4856 ont rendu RFC 3555 obsolète en 2007. Ce remplacement n’a pas effacé la carte. RFC 4855 a conservé la procédure, l’a adaptée aux règles de type de média révisées et a précisé le partage d’un même sous-type entre RTP et un transfert non-RTP. Le format de données et l’ensemble des paramètres obligatoires devaient être identiques ; sinon, deux types distincts étaient requis. RFC 4856 a déplacé les enregistrements concrets du profil et affirme que cette extraction n’a pas changé leur technique.

Dans la copie IANA figée au 6 octobre 2026, les registres audio et vidéo comportent respectivement 165 et 97 entrées. Vingt entrées citent directement RFC 4856, dont audio/L16, audio/PCMA et audio/PCMU. C’est un constat sur le catalogue, pas une mesure des logiciels installés ni des sessions réussies.

L’histoire de RFC 3555 montre ainsi une discipline plus exigeante qu’un vocabulaire partagé. Le même nom pouvait franchir deux systèmes d’écriture parce que la transformation était explicite. Là où la carte s’arrêtait, l’autorité du registre s’arrêtait aussi.

Sources