Résumé

  • GNI a annoncé le retour de Rebecca MacKinnon en août 2026 comme experte indépendante de sa circonscription universitaire ; elle a également fondé RDR.
  • Dans l’Index 2020 de RDR, l’adhésion à GNI ne valait qu’un crédit partiel pour un élément précis d’évaluation des entreprises, faute de preuve complémentaire sur des risques plus larges. Le processus ultérieur de GNI repose sur d’autres matériaux et d’autres décideurs.

Une trajectoire commune, deux objets d’évaluation

Le 18 août 2026, le Global Network Initiative (GNI) a annoncé que Rebecca MacKinnon revenait comme experte indépendante au sein de sa circonscription universitaire. L’organisation la présente comme membre fondatrice de son conseil d’administration, fondatrice de Ranking Digital Rights (RDR) et cofondatrice de Global Voices. Le Berkman Klein Center for Internet & Society à Harvard University indique également qu’elle a fondé RDR en 2013 et fait partie des fondateurs du conseil de GNI. Ce parcours rend la comparaison pertinente ; il ne permet pas d’attribuer à Rebecca MacKinnon la rédaction d’un indicateur de RDR ou du référentiel d’évaluation de GNI. L’annonce de GNI et le profil de Harvard établissent ces éléments biographiques.

Comparer les deux méthodes demande d’abord de préciser ce que chacune observe. Une note fondée sur les informations publiques peut rendre des politiques comparables entre entreprises. Une évaluation confidentielle peut examiner des procédures internes et des cas que ces publications ne montrent pas. Ces approches peuvent se compléter, mais elles ne produisent pas la même preuve et ne tranchent pas, à elles seules, la question de savoir si toutes les personnes touchées par les services d’une entreprise voient leurs droits respectés.

La portée étroite du crédit partiel de RDR

L’Index 2020 de RDR comportait l’indicateur G5, « Engagement des parties prenantes et redevabilité ». Son premier élément demandait si une entreprise appartenait à une initiative multipartite couvrant l’ensemble des effets possibles de ses activités sur la liberté d’expression et d’information, la vie privée et la non-discrimination. Les consignes décrivaient alors le périmètre de GNI comme centré sur les demandes des gouvernements, tandis qu’au moins la moitié de la méthode de RDR portait sur des risques liés aux droits humains qui ne provenaient pas des gouvernements. Dans ce contexte précis, l’adhésion à GNI sans preuve supplémentaire d’engagement et de redevabilité face à ces autres risques ne recevait qu’un crédit partiel pour l’élément 1. Les indicateurs RDR décrivent cette règle.

« Partiel » signifiait 50 points pour un élément individuel, et non une note globale de 50 pour une entreprise, encore moins une note attribuée à GNI. L’Index couvrait 26 entreprises et 58 indicateurs. Les chercheurs examinaient les informations publiées au niveau de la société mère, des entités d’exploitation et des services, puis rapprochaient les résultats, contrôlaient leur cohérence, sollicitaient des retours des entreprises et établissaient les notes finales. Le périmètre portait sur les politiques en vigueur du 9 février au 15 septembre 2020. La méthode évaluait des informations divulguées ; elle n’était ni un accès aux dossiers confidentiels ni un audit exhaustif des conduites réelles. La méthodologie 2020 précise le barème et les limites de l’exercice.

Le résultat ne constitue donc pas un jugement sur la valeur de GNI. Il répondait à une question plus circonscrite : l’adhésion d’une entreprise à GNI suffisait-elle, à elle seule, à satisfaire un élément de divulgation dont le champ était plus large ? RDR répondait non. Cette réponse ne prouvait pas que les membres de GNI n’avaient aucun autre mécanisme de redevabilité, ni qu’une entreprise donnée avait mal traité un cas.

GNI examine d’autres pièces

Le référentiel du cinquième cycle de GNI, pour 2024–2025, décrit un processus distinct. Des évaluateurs indépendants accrédités examinent les systèmes, politiques et procédures des entreprises, ainsi que des études de cas sélectionnées. Ils transmettent leurs éléments au Comité de redevabilité et au conseil de GNI ; ces instances rendent des appréciations de bonne foi, le conseil prenant la décision finale. Une entreprise peut choisir un évaluateur parmi le groupe accrédité et convenir avec lui du coût et du calendrier. Si un nouveau doute sur son indépendance apparaît après sa désignation, le conseil tranche. L’entreprise peut rédiger certaines réponses initiales, mais l’évaluateur demeure responsable du contenu de son rapport. Ces règles figurent dans le référentiel d’évaluation et dans la présentation de GNI sur la redevabilité.

Les deux méthodes ont ainsi des avantages et des angles morts différents. Les scores publics permettent de comparer des informations déclarées et de repérer les lacunes de divulgation. L’évaluation de GNI peut mobiliser des données non publiques et des cas concrets. Il est raisonnable d’inférer que ces deux vues peuvent être complémentaires ; ni RDR ni GNI ne présente pour autant un dispositif commun qui fusionnerait leurs résultats.

La confidentialité apporte une contrepartie réelle. L’accès à des matériaux internes peut enrichir l’examen de situations sensibles, notamment des réponses aux demandes gouvernementales. Mais un rapport public qui agrège ou anonymise certains cas ne constitue pas un dossier complet que le lecteur extérieur pourrait réexaminer. GNI dit que cette agrégation aide ses membres à résister aux demandes gouvernementales excessives. Son archive des rapports présente le rapport public 2021/22 comme le plus récent rapport autonome ; la page consacrée à ces évaluations indique sa publication le 23 octobre 2023.

Une adhésion n’est pas un résultat universel

Le rapport annuel 2025 de GNI fait état de 125 membres, dont 19 nouveaux, sept établis ou actifs principalement dans les pays de la majorité mondiale. Ces chiffres, publiés par GNI, indiquent l’ampleur et l’évolution de l’organisation ; ils ne constituent ni un sondage représentatif des personnes touchées ni une autorisation publique à parler en leur nom. Le rapport annuel est la source de ces données.

Il faut aussi maintenir la séparation des dates. Le texte de RDR décrivait le périmètre qu’il attribuait à GNI dans une méthode de 2020. Le référentiel ultérieur de GNI décrit des évaluateurs, des documents internes, des études de cas, un comité et une décision du conseil. Présenter les deux comme une seule méthode inchangée effacerait à la fois l’évolution et la différence des éléments observés.

La question utile est donc moins de savoir quelle institution prononce le dernier mot que de déterminer ce que chaque document permet d’affirmer. La note de RDR montre si des informations publiques répondent à un indicateur défini. Le processus de GNI soutient une appréciation de bonne foi à partir de matériaux auxquels le public n’a pas accès. Ni une adhésion, ni une note de divulgation, ni une évaluation interne ne démontre à elle seule le respect universel des droits ou la conformité juridique. Chacune peut éclairer une question limitée ; aucune ne remplace les preuves sur les politiques et les pratiques propres à une entreprise.

Sources