Résumé
- La marque européenne doit ouvrir une page qui permet de vérifier la certification du portefeuille et de nommer les autorités responsables.
- Les premiers portefeuilles passent par des schémas nationaux : un responsable fixe les règles, un évaluateur contrôle la solution et un organisme d’accréditation qualifie l’évaluateur.
- Un rapport public et une liste de la European Commission doivent relier chaque portefeuille à son certificat, à son statut et aux organismes concernés.
- Le rapport européen de juin 2026 décrit des portefeuilles encore en développement et ne donne aucun décompte de ceux déjà délivrés ou certifiés.
Analyse
Le petit signe doit ouvrir la bonne fiche
Sur un écran, une marque tient en quelques pixels. Sa valeur se joue à l’étape suivante : le lien doit conduire aux informations qui permettent de vérifier le statut de certification du portefeuille.
Le règlement de juillet 2026 prévoit cette vérification. Après son enregistrement, chaque unité de portefeuille doit intégrer l’URL fournie par la European Commission et accéder aux données de marque dans le format technique requis. L’utilisateur doit pouvoir consulter les informations sur la certification de la solution.
Le statut d’une unité peut changer. Si le fournisseur révoque son attestation, il doit retirer la marque de cette unité. Le certificat de conformité porte sur la solution; l’attestation concerne l’unité précise. Le registre doit garder ces deux décisions distinctes et montrer celle qui s’applique.
Les premiers certificats suivent des règles nationales
Le rapport 2026 de la European Commission décrit des portefeuilles encore en développement. Chaque État membre doit en fournir au moins un avant la fin de l’année. Pour les premiers modèles, la certification passe par des schémas nationaux. Le schéma européen de cybersécurité se prépare encore; ENISA le présente comme un projet candidat.
Un schéma national rassemble les règles de certification d’un pays. Chaque État en désigne le responsable. Cette personne ou organisation prépare les règles, les tient à jour et répond du fonctionnement du schéma. Elle peut être une autorité publique, un organisme d’évaluation, une association professionnelle ou une autre organisation appropriée. L’organisme qui fait fonctionner le schéma peut être différent de son responsable.
Un autre organisme examine le portefeuille et le système d’identification électronique associé. Il doit être accrédité par l’organisme national compétent, qui vérifie sa capacité à mener cette évaluation. Les rôles sont simples à distinguer : le responsable fixe et entretient le cadre, l’évaluateur contrôle la solution, l’accréditeur qualifie l’évaluateur.
Le responsable peut confier une partie du travail à une entreprise privée. Le règlement lui demande alors de fixer les obligations par contrat. Il reste responsable des tâches confiées. La fiche publique doit donc permettre de retrouver ce responsable, même quand plusieurs organismes exécutent le travail.
Le dossier public relie le certificat à ses responsables
Le certificat s’accompagne d’un rapport public. Celui-ci décrit le portefeuille et le système d’identification qui le fournit. Il présente les informations de sécurité accessibles au public, ou indique où les trouver, résume l’audit et la validation, puis expose la décision de certification.
Le rapport d’évaluation détaillé est un autre document. Il contient une analyse plus complète de la conception, des risques et de la validation. Le règlement prévoit sa transmission à la European Commission et à la European Digital Identity Cooperation Group. Le public dispose du rapport de certification et de son résumé de décision; l’analyse complète suit le circuit prévu entre ces organismes.
La European Commission publie aussi une liste lisible par machine. Les États lui transmettent et mettent à jour les éléments qui permettent de retrouver les autorités responsables, les modalités de supervision et de responsabilité, les règles de suspension ou de révocation, ainsi que le certificat et le rapport. Pour vérifier une marque, il faut pouvoir passer de l’écran à cette fiche, puis à l’organisme qui répond du schéma.
Le recours reste organisé dans chaque pays. Le schéma doit expliquer comment déposer une plainte ou un appel, comment le plaignant sera informé de la suite, et comment accéder à un recours juridictionnel effectif selon le droit national. Le parcours public doit donc montrer à la fois le statut du certificat et la voie à suivre pour contester une décision.
La date de fin 2026 n’est pas un compteur
Le règlement (UE) 2024/1183 demande à chaque État de fournir au moins un portefeuille avant la fin de 2026. Le rapport de juin 2026 de la European Commission décrit les travaux en cours et le recours initial aux schémas nationaux. Il ne donne aucun nombre de portefeuilles déjà délivrés ou certifiés.
Cette information doit venir des dossiers nationaux, pas de l’échéance inscrite dans le règlement. La première vérification utile sera concrète : le portefeuille apparaît-il dans la liste, le certificat correspond-il à la solution affichée, et le rapport nomme-t-il les organismes qui ont fixé les règles et contrôlé le produit?
Sources
- Règlement (UE) 2024/1183 établissant le cadre européen d’identité numérique
- Règlement d’exécution (UE) 2024/2981 sur la certification des portefeuilles
- Règlement d’exécution (UE) 2025/849 sur la liste des portefeuilles certifiés
- Règlement d’exécution (UE) 2026/1731 sur la marque de confiance
- European Commission, 2026 Digital Decade report, section 14
- ENISA, statut de certification et projet de schéma EUDI
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