Résumé
- Le renouvellement 2027 rend la composition du MAG observable, mais ses règles d’équilibre ne suffisent pas à démontrer quelles préoccupations atteignent le programme.
- Une note de bas de tableau indique qu’un membre a changé d’affiliation après sa nomination : les catégories d’origine ne décrivent donc pas toujours les liens actuels.
- Le statut permanent de l’IGF renforce la continuité et le compte rendu attendu; il ne transforme pas le MAG en régulateur de l’Internet.
Le dossier de renouvellement donne un chiffre précis : treize membres du Multistakeholder Advisory Group ont achevé trois mandats consécutifs, ou un quatrième dans certains cas exceptionnels, et sont indiqués comme sortants à la fin du cycle 2026. Le processus est ouvert aux nominations jusqu’au 5 novembre. À première vue, la composition future pourrait se lire comme un tableau de sièges par pays et par groupe. Mais le document contient aussi une note plus révélatrice : après sa nomination, une personne classée dans le groupe gouvernemental a informé le Secrétariat d’un changement d’affiliation vers la communauté technique.
Le nombre est utile; il ne dit pas à lui seul qui porte quelles préoccupations dans les délibérations.
La permanence renforce la continuité, pas la compétence du MAG
Le 17 décembre 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution A/RES/80/173 et décidé de faire de l’IGF un forum permanent des Nations unies, avec un secrétariat hébergé par le Département des affaires économiques et sociales. Le texte demande également d’améliorer les méthodes de travail, d’élargir la participation des pays en développement et des groupes sous-représentés, de consolider les travaux intersessions et de rendre compte chaque année à la Commission de la science et de la technique au service du développement.
Cette permanence donne au Forum une base plus durable et des attentes plus faciles à suivre. Elle ne change pas le mandat du MAG. Ses termes de référence lui assignent d’abord le conseil au Secrétaire général sur le programme et le calendrier de la réunion annuelle. Il contribue au choix des thèmes et des ateliers, à l’organisation des sessions, à la coordination des intervenants et aux travaux entre les réunions. Ce pouvoir d’ordonner l’attention est réel : il influe sur les sujets discutés et les personnes qui peuvent les éclairer. Il ne lui permet pas d’édicter des règles contraignantes pour les opérateurs, les organismes de normalisation ou les autorités nationales.
La distinction compte parce que « permanent » peut être compris comme un élargissement de compétence. La résolution invite les entités des Nations unies à prendre en compte les résultats de l’IGF; elle ne transforme pas chaque résultat en instruction. La question de 2027 est donc moins de savoir si le Forum acquiert un pouvoir opérationnel que de vérifier comment une plateforme durable relie participation, choix du programme et transmission des conclusions.
Les règles d’équilibre sont précises, mais les liens évoluent
Les orientations 2027 permettent aux gouvernements d’occuper jusqu’à 40 % des sièges; les autres places sont réparties à parts égales entre la société civile, le secteur privé et la communauté technique. Les membres sont nommés pour un an et peuvent servir jusqu’à trois années consécutives; un quatrième mandat reste exceptionnel et doit répondre à un besoin de continuité ou d’équilibre. Environ un tiers du groupe est renouvelé chaque année. Sur les treize personnes indiquées comme sortantes, le tableau en classe cinq dans le groupe gouvernemental, trois dans le privé, trois dans la société civile et deux dans la communauté technique.
La note sur le changement d’affiliation empêche de traiter ce classement comme une photographie immuable.
Le document publie aussi l’historique des pays représentés et de ceux qui ne l’ont jamais été. Les États-Unis y apparaissent vingt fois, la Chine dix-sept fois et le Nigeria dix fois. Les pays absents ou sous-représentés doivent bénéficier d’un avantage, sous réserve de l’équilibre général et de la décision finale du Secrétaire général. Les anciens pays hôtes de l’IGF disposent chacun d’un siège permanent; la parité femmes-hommes, l’expérience du travail avec les jeunes et la connaissance approfondie de la gouvernance de l’Internet sont également prises en compte.
Ces règles rendent les critères visibles, mais elles ne garantissent ni la nomination d’une personne ni l’expression de toutes les positions d’un pays ou d’un groupe.
La chaîne de nomination est explicite : les groupes de parties prenantes et la communauté au sens large peuvent proposer des noms, puis le Secrétaire général nomme les membres après examen des candidatures et recommandations. Ceux-ci siègent à titre personnel, tout en étant censés garder des liens avec leurs communautés. Ce n’est pas une élection conférant un mandat général. C’est un compromis entre expertise, renouvellement et maintien de relations avec des groupes concernés.
Mesurer le passage des liens à l’ordre du jour
Une évaluation utile suivra le parcours complet : qui a proposé les candidatures, comment la composition finale répond aux critères annoncés, si les membres entretiennent des liens actuels avec leurs communautés, et comment ces relations influencent le projet de programme. La note sur l’affiliation est importante parce qu’elle montre qu’un répertoire peut devenir obsolète entre la nomination et les réunions. L’actualisation de la composition n’est pas un détail administratif si l’équilibre est l’un des critères de sélection.
La résolution prévoit déjà un mécanisme de suivi. L’IGF doit rendre compte chaque année des progrès à la Commission de la science et de la technique au service du développement et transmettre les résultats de ses réunions et de ses travaux intersessions aux entités concernées. Ce circuit rend les échanges plus visibles, sans donner au MAG le pouvoir de faire appliquer une recommandation. Sa valeur dépendra de la capacité des rapports à préciser les résultats, leurs destinataires et les réponses reçues.
Le calendrier rend le test concret. La date limite des candidatures est le 5 novembre; la réunion 2026 se tiendra à Nairobi du 14 au 18 décembre. Au 10 octobre, la composition du MAG 2027 n’est pas connue. Après cette rotation, les observateurs pourront comparer trois choses : la composition annoncée, les thèmes finalement retenus et les suites données aux résultats. Un groupe équilibré peut rendre certains sujets plus difficiles à ignorer. Il ne parle pas pour l’ensemble des utilisateurs, des entreprises ou des gouvernements, et il ne peut pas engager les institutions qui conservent leur propre pouvoir de décision.
Sources
- Résolution A/RES/80/173 de l’Assemblée générale, notamment les paragraphes 98 à 103.
- Appel à candidatures pour le MAG 2027.
- Orientations du renouvellement 2027, y compris le tableau de rotation.
- Termes de référence du MAG.
- Dates et lieu de l’IGF 2026.
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