Résumé

  • APNIC marque la prop-167 comme mise en œuvre au 30 juin 2026, alors que son texte v002 comprend deux produits de visibilité : des statistiques publiques et un relevé par ressource dans MyAPNIC.
  • Le Conseil exécutif a approuvé le volet de publication tout en jugeant la vue par détenteur irréalisable à ce moment-là. La page de statut ultérieure n’indique pas séparément la clôture de chaque volet.

Un seul statut, deux manières d’observer l’annuaire

Un détenteur de ressources qui consulte une fiche WHOIS voit les données d’enregistrement publiées par APNIC. La prop-167 posait une autre question : combien de fois cette fiche est-elle interrogée, par quel service et depuis quelle origine ? Sa version 2 ne proposait pas seulement un graphique public du trafic. Elle associait des statistiques générales à une fonction MyAPNIC permettant à chaque détenteur de voir les requêtes visant ses propres adresses ou numéros de système autonome.

Les deux vues n’exposent pas les mêmes informations aux mêmes lecteurs. Des statistiques agrégées peuvent aider les membres et d’autres observateurs à comprendre la charge de WHOIS et de RDAP. Une vue par ressource répondrait à une question opérationnelle plus étroite : quelle attention mes ressources reçoivent-elles ? Le texte mentionnait, si possible, le type de requête et l’ASN source. Ces fonctions sont liées, mais elles ne sont pas substituables.

L’évaluation d’impact d’APNIC détaillait le jeu de données public : nombre de requêtes WHOIS et RDAP, ASN source pour au moins les 1 000 principaux ASN, nombre d’adresses IP sources par ASN, ainsi que des métadonnées comme le type et la méthode de requête. Elle prévoyait une mise à jour horaire et un format exploitable par machine, tel que JSON ou CSV. L’évaluation précisait aussi qu’aucun accord de niveau de service ne serait attaché à la disponibilité : la publication serait fournie au mieux des possibilités.

Après l’ajout de la fonction MyAPNIC dans la version 2, le délai pouvait dépasser douze mois si les travaux nécessaires s’avéraient possibles.

À APNIC 60, en septembre 2025, la prop-167 a recueilli un consensus. Ce n’était pas la dernière étape. En décembre, le Conseil exécutif a examiné les conséquences de la mise en œuvre et adopté la résolution 2025-32. Il a approuvé la proposition en ce qui concerne la publication de statistiques d’usage des services d’annuaire en temps réel ou quasi réel. La même résolution a isolé l’exigence MyAPNIC : montrer aux détenteurs combien de fois leurs ressources avaient été interrogées, avec le type de requête et l’ASN source si possible.

Le Conseil a estimé que les coûts, les ressources nécessaires et les risques potentiels pour la vie privée dépassaient l’avantage immédiat. Cette fonction n’était pas jugée réalisable « à ce moment-là ».

La page publique de la proposition affiche maintenant le statut « mise en œuvre » et donne le 30 juin 2026 comme date d’achèvement. Elle ne présente pas deux lignes de statut, l’une pour les statistiques publiques, l’autre pour la vue par ressource dans le portail. Cette lacune documentaire ne prouve pas que la fonction du portail soit encore absente. La décision du Conseil était explicitement liée au moment considéré ; une mise en œuvre ultérieure a pu changer la situation. Mais un statut unique ne dit pas au lecteur quel livrable a été fourni, quand il est devenu accessible ni ce qui a changé après la décision du Conseil.

L’achèvement doit laisser une trace vérifiable

Un registre de mise en œuvre peut répondre à ces questions sans publier de requêtes sensibles. Pour le flux public, une trace utile identifierait le point d’accès ou les fichiers téléchargeables, les champs et règles d’agrégation, l’heure de dernière actualisation et le traitement des données sources susceptibles d’exposer des personnes ou des réseaux. Elle préciserait également ce que signifie « au mieux des possibilités », puisque l’évaluation de la proposition ne promettait aucun niveau de disponibilité.

La fonction destinée aux membres mérite sa propre trace. Si elle a été livrée plus tard, le dossier pourrait nommer la fonction MyAPNIC, expliquer les contrôles d’accès, les types de ressources couverts, les dimensions de requête visibles et les protections de confidentialité. Si APNIC a décidé de ne pas la poursuivre, une décision datée pourrait indiquer si elle est reportée, retirée du périmètre de mise en œuvre ou renvoyée à une décision politique future. Ces résultats sont différents. Les documents publics consultés ici ne tranchent pas lequel s’applique.

C’est une question de gouvernance autant que de produit. Une proposition peut obtenir un consensus, une décision du Conseil exécutif, une place dans une feuille de route, puis un statut « mis en œuvre ». Chaque étape consigne un acte différent. Le lecteur ne devrait pas avoir à déduire qu’un seul jalon prouve que chaque phrase d’une proposition à plusieurs volets a produit une fonction utilisable. Il ne faut pas non plus prendre une ancienne réserve de faisabilité pour la preuve qu’aucun travail ultérieur n’a eu lieu.

Le test pratique est simple : un membre ou un observateur extérieur peut-il suivre chaque livrable promis, du texte politique à un résultat actuel et inspectable — ou à une décision clairement documentée sur son périmètre ? Tant que cette chaîne reste invisible, le statut d’achèvement informe, mais ne prouve pas ce que les détenteurs de ressources peuvent réellement consulter.

Sources