Résumé

  • L'AS210837 (ROYA-Communications-and-Internet-Services-Company-Ltd) est enregistré au RIPE depuis le 26 août 2021 selon des miroirs concordants, avec un statut ASSIGNED et une dernière modification le 20 mars 2023 ; la réponse RDAP faisant autorité n'a pas pu être inspectée directement au cours de cette recherche.
  • L'empreinte de 22 préfixes IPv4 et 29 préfixes IPv6 repose uniquement sur l'auto-déclaration de l'opérateur dans PeeringDB, record daté du 27 juillet 2022.
  • Deux collecteurs indépendants (Hurricane Electric, CIDR Report) signalent en 2026 l'absence d'annonces actives et une dernière visibilité le 11 février 2026 ; IP.CC liste pourtant un préfixe, 193.30.241.0/24.
  • Aucune déclaration publique de ROYA Communications n'a été localisée ; les charges utiles faisant autorité du RIPE n'ont pas été récupérées par les outils de cette enquête. Ces deux absences sont datées et font partie du constat.

Une identité d'enregistrement visible seulement par ses miroirs

Le point de départ est une identité d'enregistrement que cette enquête n'a pu observer qu'au travers de copies tierces. Trois miroirs — IPIP.NET, IPTrace et Robtex — reproduisent un objet aut-num pour l'AS210837 portant le nom ROYA-Communications-and-Internet-Services-Company-Ltd, l'organisation ORG-RI63-RIPE, l'organisation sponsorisante ORG-DTUL2-RIPE, un statut ASSIGNED, une création le 26 août 2021 à 11:45:54 UTC et une dernière modification le 20 mars 2023 à 15:53:34 UTC. Le miroir IPIP.NET décrit en outre l'organisation ORG-RI63-RIPE sous le nom « ROYA Communications and Internet Services Company Ltd. », un pays IQ, un type OTHER, un numéro d'enregistrement M.SH. A.-02-0000029678 et une adresse dans le quartier des Fleurs, à Mossoul, dans la province de Ninive, en Irak (IPIP.NET, IPTrace, Robtex).

Ces valeurs sont cohérentes entre elles, mais elles sont le reflet de copies, pas la réponse du registre lui-même. Les tentatives de lecture directe de la réponse RDAP du RIPE pour l'autnum 210837 n'ont pas abouti au cours de cette enquête — l'outil de recherche disponible ne restitue pas les charges utiles JSON brutes de type application/rdap+json (rdap.db.ripe.net/autnum/210837). Conformément à la documentation du RIPE, une réponse peut d'ailleurs rediriger (HTTP 301) vers le RIR faisant autorité lorsque la base RIPE n'est pas autoritaire pour la ressource demandée ; qu'un tel cas se soit présenté ici n'a pas été déterminé. Le fait que l'identité de l'opérateur ne soit observable que par miroir interposé est donc lui-même un résultat daté, pas une neutralité technique.

Juillet 2022 : une empreinte auto-déclarée

La deuxième couche est l'empreinte que l'opérateur revendiquait lui-même. La fiche PeeringDB du réseau 30448, sous l'alias « Roya ISP », décrit un FAI câble/DSL de portée Moyen-Orient, un trafic de 5 à 10 Gbit/s, 22 préfixes IPv4 et 29 préfixes IPv6, avec une fiche PeeringDB du réseau 30448, sous l'alias « Roya ISP », décrit un FAI câble/DSL de portée Moyen-Orient, un trafic de 5 à 10 Gbit/s, 22 préfixes IPv4 et 29 préfixes IPv6, avec une dernière mise à jour au 27 juillet 2022 à 05:36:12 UTC et des URL de route-server et de looking-glass (r.roya-isp.com, lg.roya-isp.com) (PeeringDB net/30448). La fiche organisation 32823 confirme le lien organisation-ASN (PeeringDB org/32823).

Deux précautions s'imposent. D'abord, ces chiffres sont déclarés par l'opérateur : ce sont des affirmations d'un annuaire, pas des mesures de routage. Ensuite, leur fenêtre temporelle est étroite : la mise à jour du 27 juillet 2022 situe l'empreinte revendiquée à quelques semaines de la date du 1er juillet 2022 choisie pour la comparaison historique, mais rien ne prouve que 51 préfixes étaient réellement annoncés dans la table globale à ce moment-là. La charge utile RIPEstat historique permettant de le vérifier — qui aurait exigé les paramètres documentés starttime/endtime — n'a pas pu être récupérée (documentation RIPEstat). L'écart de 2022 entre « revendiqué » et « annoncé » reste donc non mesuré.

2026 : des collecteurs qui s'accordent sur l'effondrement et divergent sur les restes

Quatre ans plus tard, le tableau change de nature. Hurricane Electric écrit que l'AS210837 « n'est plus visible dans la table de routage mondiale depuis le 11 février 2026 », avec zéro préfixe annoncé, un préfixe originaire (193.30.241.0/24) et un seul pair observé (bgp.he.net). CIDR Report déclare de son côté que l'AS n'est « actuellement utilisé ni pour annoncer des préfixes dans la table de routage mondiale, ni comme AS de transit visible », tout en notant une exception dans les sept derniers jours : un more-specific, 45.151.234.0/24, plus spécifique de 45.151.232.0/22 (CIDR Report).

Mais l'accord des collecteurs n'est pas total. IP.CC liste un préfixe IPv4 pour cet ASN : 193.30.241.0/24, décrit sous le nom TECHNOX-INTERNET-TEKNOLOJILERI, pays Turquie, RIR RIPE (IP.CC) — et Robtex associe ce même /24 à l'AS OMEGATECH-AS plutôt qu'à l'AS210837 (Robtex). Trois familles de collecteurs donnent donc trois réponses différentes : zéro, un, et « pas zéro depuis longtemps ». Les explications plausibles — caches périmés, seuils de filtrage (RIPEstat exclut par défaut les routes vues par moins de 10 pairs), ou annonces réellement intermittentes — ne sont pas tranchées par les sources disponibles, et la documentation du RIPE reconnaît elle-même que le point de terminaison peut être en retard de plus de 24 heures sur certaines données.

Un trou de continuité, pas une conclusion de cessation

Que faut-il en conclure ? Ni la disparition de la visibilité BGP ni le silence de l'opérateur ne prouvent une cessation d'activité. Ce qui est établi, c'est un trou de continuité daté : une empreinte auto-déclarée de 51 préfixes en juillet 2022, plus aucune annonce visible selon deux collecteurs en 2026, avec une divergence résiduelle sur un ou deux préfixes, et un enregistrement RIPE toujours au statut ASSIGNED selon les miroirs. La couverture antérieure de BTW sur ce sujet posait surtout la question épistémologique — quelles preuves relient l'enregistrement à l'exploitation ? (couverture BTW antérieure). Le présent article ajoute la consolidation datée et attribuée de la désaccord des collecteurs, et le déplacement de la question vers la responsabilité de cycle de vie.

C'est la question qui reste ouverte pour toute partie prenante — client, pair, registre, ou autorité de tutelle irakienne : qui contrôlait les annonces, qui a décidé de leur retrait, et qu'est-ce qui prouverait qu'une réparation est durable ?

Sources