Résumé

  • Au 30 septembre 2026, les contrats de soutien aux paiements des centres de données déjà exécutés par Alphabet représentaient 48,012 milliards de dollars de notionnel de dérivés de crédit, contre 16,940 milliards fin 2025. Leur passif comptabilisé à la juste valeur atteignait 606 millions.
  • Après certains défauts, Alphabet peut reprendre les baux sous-jacents pour son usage ou les sous-louer. Les accords ont encore jusqu'à quinze ans à courir; 27,7 milliards de dollars d'engagements portent sur des garanties futures à mettre en place.

Le mot « garantie » évoque un chèque de secours. Chez Alphabet, le contrat contient aussi une porte d'entrée. Son 10-Q de septembre 2026 décrit des accords avec des tiers couvrant certains paiements de centres de données, notamment loyers et coûts énergétiques associés. Un défaut prévu par l'accord donne à Alphabet le droit de reprendre le bail pour son propre usage ou de sous-louer les lieux.

L'exploitant continue de diriger l'activité ordinaire. Alphabet précise que, pour les entités concernées non consolidées, elle ne décide pas des activités qui déterminent le plus leur performance économique. Elle n'en est donc pas le bénéficiaire principal. Le droit de reprendre un bail après défaut est un levier de repli, pas une conduite quotidienne du chantier ou du bâtiment.

La taille du levier est nette. Les dérivés de crédit exécutés avaient un notionnel de 48,012 milliards de dollars fin septembre, contre 16,940 milliards neuf mois plus tôt. Le passif inscrit au bilan à la juste valeur était de 606 millions, contre 69 millions fin 2025. Le notionnel représente l'exposition maximale à des paiements futurs dans les scénarios de défaut prévus. La juste valeur est une estimation à la date du bilan qui intègre notamment risque de contrepartie et hypothèses de défaillance. Ce sont deux mesures d'un même dispositif, situées à des endroits différents du risque.

Le chiffre de 75,7 milliards de dollars figurant dans la discussion financière est plus large. Environ 48,0 milliards correspondent aux garanties déjà conclues avec des fournisseurs tiers de centres de données. Les 27,7 milliards restants représentent l'engagement de mettre en place des soutiens futurs pour les bâtiments et l'énergie; 10,0 milliards de cette tranche sont liés à Crux AI, partie liée. La première tranche est en vigueur et comptabilisée comme dérivé de crédit. La seconde attend encore les accords qui lui donneront sa forme finale.

Les contrats exécutés peuvent durer encore quinze ans et leur exposition potentielle diminue lorsque les parties sous-jacentes honorent leurs paiements. En cas de défaut, Alphabet peut occuper ou sous-louer les locaux. Selon les clauses ou après une période convenue, elle peut aussi éteindre son obligation par un paiement de résiliation. Des encaissements en actions ou en numéraire auprès des contreparties pourraient en compenser une partie; ces recettes possibles n'abaissent pas le notionnel publié.

Les autres montants du dossier ne décrivent pas cette même promesse. Alphabet annonce 130,5 milliards de dollars de paiements futurs sur des baux non encore commencés, 924,4 milliards d'engagements d'achat et 22,8 milliards de garanties financières dans d'autres circonstances, principalement pour des équipements à long délai d'approvisionnement. Le soutien de crédit aux loyers de tiers est une pièce distincte. La question à suivre est la transition possible d'une protection contingente vers un bail repris, une sous-location ou une sortie payante.

Le rapport ne détaille pas, installation par installation, les conditions de défaut, les récupérations possibles ni la date à laquelle les 27,7 milliards seront effectivement mis en place. Ces clauses rendraient la valeur de l'option plus calculable. Pour l'instant, la structure se lit clairement : l'exploitation reste chez un tiers, la queue du risque de paiement revient à Alphabet, et le bail pourrait changer de main au mauvais moment.