• La fiche OIRA indique que le projet « AI Action Plan Implementation » a été reçu le 26 février 2026 puis retiré le 13 mars.
  • Aucun motif ni aucune date de publication n’y figure: ce retrait n’a donc pas, à lui seul, modifié une obligation publique.
  • Des règles distinctes de licence pour le calcul avancé et des contrôles d’utilisateur final ont continué de s’appliquer.

Un projet quitte l’examen, pas le droit en vigueur

Le fait certain est procédural. Le Bureau of Industry and Security a transmis à l’OIRA une action intitulée « AI Action Plan Implementation » le 26 février 2026. Le 13 mars, l’examen s’est achevé avec la mention « Withdrawn ». La rubrique consacrée à la publication est vide et le registre ne donne aucune raison.

Un texte soumis à l’examen interadministrations n’est pas encore une règle finale. Sans publication au Federal Register, son retrait n’a créé ni seuil, ni exemption, ni abrogation. Il a fermé une version du futur dispositif américain.

La transition inachevée remonte à 2025

En janvier 2025, le BIS avait publié le Framework for Artificial Intelligence Diffusion, 90 FR 4544. Le texte étendait les licences mondiales pour certaines puces de calcul avancé, ajoutait des voies d’autorisation par pays et centres de données et contrôlait certains poids de modèles fermés. Il prenait effet le 13 janvier, avec une échéance de conformité importante le 15 mai.

Deux jours avant cette échéance, le Commerce a ordonné de ne pas appliquer les nouvelles exigences. Il annonçait une abrogation formelle et une règle de remplacement plus simple. Cette non-application ciblée ne signifiait pas la disparition de tous les contrôles antérieurs: le même communiqué renforçait les avertissements sur les puces chinoises et les risques de détournement.

Le projet de mars 2026 appartenait donc au chantier de remplacement. Son retrait prolonge l’écart entre le rejet de l’architecture de 2025 et l’adoption d’un successeur durable.

La fuite décrit des options, non des obligations

Reuters a rapporté qu’un document consulté envisageait, pour des exportations d’au moins 200 000 puces, un investissement étranger dans des centres de données aux États-Unis ou des garanties publiques de sécurité. Ces éléments permettent de comprendre la négociation interne.

Ils ne constituent pourtant pas le droit applicable. La version complète n’a pas été publiée, sa formulation n’est pas vérifiable dans un texte officiel et le seuil rapporté n’est jamais entré en vigueur. L’utiliser dans un contrat comme une autorisation ou une interdiction actuelle serait trompeur.

Le socle de licences a survécu

Une règle finale distincte de janvier 2026 avait déjà placé certaines demandes concernant la Chine et Macao sous examen au cas par cas, avec des conditions sur l’offre disponible aux États-Unis, la capacité de production, la sécurité du client et les tests. Le retrait de mars ne l’a pas annulée.

Le 31 mai 2026, le BIS a aussi confirmé que les licences instaurées en 2023 restaient nécessaires pour les articles de calcul avancé destinés aux entités dont le siège ou la société mère ultime se trouve dans un pays D:5 ou à Macao, même si l’entité opérationnelle est ailleurs. La non-application des nouvelles exigences de diffusion ne supprimait pas ce contrôle antérieur.

Le plan d’action de la Maison-Blanche conserve en outre une logique d’exécution: vérification de localisation, surveillance des détournements et alignement avec les alliés.

La prochaine preuve sera un texte publié

Le programme réglementaire continue de présenter RIN 0694-AJ90 comme un projet de règle finale, désormais rapproché d’un RIN connexe. Sa date cible n’est qu’une prévision administrative.

Les entreprises doivent surveiller le Federal Register, la version courante des EAR, les consignes du BIS et les nouvelles fiches OIRA. Les effets commerciaux devront être établis par les licences accordées ou refusées, les conditions imposées et les déclarations des fournisseurs. Le retrait a changé le calendrier, pas supprimé le poste de contrôle.