Résumé

  • La Commission européenne cherche un prestataire pour cartographier les dorsales terrestres et sous-marines desservant l’Union, sur dix-huit mois et pour 400 000 euros au maximum.
  • Le mandat comprend le risque de perte de propriété européenne et les critères des futurs projets d’intérêt stratégique. Les premiers choix financiers commencent dans la légende de la carte.

Dessiner un réseau, c’est déjà choisir les trous qu’on juge dignes d’être comblés. L’appel d’offres TEN-D ferme le 13 novembre. Il réclame une carte SIG des grandes dorsales, quatre rapports et des exigences applicables aux projets stratégiques. Le plafond de 400 000 euros paie l’analyse pendant dix-huit mois. Les câbles et les stations d’atterrissement relèveront de décisions ultérieures.

La première tâche relève la topologie terrestre et sous-marine. La deuxième examine capacité, redondance, sécurité, résilience et propriété face aux besoins des centres de données, de l’IA et du calcul intensif. La troisième mesure les lacunes d’investissement et le risque de voir des infrastructures critiques sortir du contrôle européen. La dernière doit recommander l’usage d’éventuels fonds européens. La Commission rattache ce travail au prochain cadre financier pluriannuel et au Fonds européen de compétitivité proposé. Les recommandations du consultant peuvent donc précéder la règle qui orientera les subventions.

La boîte à outils européenne pour les câbles sous-marins et les projets de câbles d’intérêt européen existent déjà. Le nouveau mandat étend leur logique aux artères terrestres et à la structure de propriété. Deux tracés sur une carte peuvent partager le même point d’atterrissement, le même vendeur de capacité ou le même propriétaire. Un score de diversité fondé sur la seule géométrie ferait passer une dépendance pour une solution. À l’inverse, une préférence de propriété sans examen de capacité pourrait financer un drapeau plutôt qu’un service.

L’appel prévoit un atelier et une carte complète. Il manque encore la règle d’accès aux données de topologie et de propriété ainsi que les conditions de publication des couches. Les opérateurs auront besoin de ces éléments pour corriger les oublis et les doublons avant que les critères ne soient figés.

Le véritable enjeu des 400 000 euros est là : l’Union achète le premier registre commun des routes qu’elle pourrait ensuite soutenir. Le prestataire ne choisira pas les bénéficiaires, mais il aidera à écrire le questionnaire auquel ils devront répondre.