Résumé

  • THOMAS est lancé le 5 janvier 1995 ; une note du 10 janvier signale l'absence du Web dans la Law Library Reading Room.
  • L'accès dépend du poste du lecteur. Les liens ajoutés ensuite entre résumés, état des textes et documents originaux rendent la recherche plus praticable.

Une révolution numérique peut commencer par une feuille à emporter. Le 10 janvier 1995, une note conservée puis publiée par la Library of Congress explique que la Law Library Reading Room ne dispose pas du World Wide Web. Le personnel peut remettre aux chercheurs une fiche pour consulter THOMAS depuis leur propre ordinateur. Le nouveau service public a une adresse ; la salle de lecture a son mode d'emploi.

THOMAS a ouvert cinq jours plus tôt. Le compte rendu de son lancement présente un point d'entrée vers des informations parlementaires jusque-là dispersées sur Internet. On y trouve le texte des projets de loi du 103e Congrès et de ceux introduits au 104e, une explication du parcours législatif et des ressources de la Chambre des représentants. Le nom rend hommage à Thomas Jefferson. L'ambition civique prend la forme très concrète d'un serveur administré par la Library of Congress.

Pour le consulter, la voie recommandée passe par un navigateur installé sur son ordinateur. Une solution de rechange utilise telnet et donne accès à un navigateur uniquement textuel, limité à vingt connexions simultanées. Cette petite porte élargit les possibilités, avec une capacité d'accueil soigneusement comptée.

La note du 10 janvier montre ce que le lancement laisse à organiser. Publier les documents mobilise une équipe ; équiper le poste où quelqu'un veut les lire en mobilise une autre. Dans cette salle, à cette date, le relais est assuré par une fiche. Le lecteur emporte les instructions jusqu'à un ordinateur disposant du bon accès. La distance institutionnelle peut être aussi encombrante que la distance géographique.

Puis vient la recherche elle-même. Lire un projet de loi exige souvent de savoir où en est sa procédure et de retrouver les débats pertinents. Le compte rendu de janvier annonce encore le Congressional Record et le Bill Digest parmi les futurs ajouts. Leur raccordement promet un itinéraire entre des pièces qui répondent à des questions différentes.

Le bilan de juin–juillet 1996 décrit ce travail en cours d'accumulation. Le fichier Bill Summary and Status, intégré en septembre 1995, conduit au texte intégral et aux passages correspondants du Congressional Record. Le Congressional Research Service prépare ces notices et ses analystes suivent aussi les textes majeurs examinés en séance. Un lecteur peut partir d'une présentation courte, vérifier l'état d'un texte, puis ouvrir la pièce originale. Le lien hypertexte prolonge un métier de documentation.

Le service tient donc par plusieurs équipes : celles qui publient, décrivent, actualisent, raccordent les documents et équipent les lieux de consultation. Pour le lecteur, elles composent un seul parcours. Un maillon absent suffit à transformer une recherche en promenade administrative.

La feuille conservée en 1995 raconte cette histoire avec une précision que les discours inauguraux atteignent rarement. THOMAS rapproche les travaux du Congrès de leurs lecteurs, puis relie leurs différentes pièces. Reste une excellente manière de juger cette ouverture : prendre place à une table de consultation et essayer.