Résumé

  • Les cinq classes de ports publiées par l'exploitant totalisent 417 ports membres et 28 434 Gbit/s, ce qui reproduit exactement le « 28+ terabits of connected member capacity » imprimé : le chiffre est une somme de débits nominaux, non un relevé de capacité en service.
  • Le pic publié de 3,70 Tbit/s ne se rapporte à cette somme que par un rapport de 13,0 %, qui n'est pas une utilisation, faute de base de mesure publiée pour le pic et parce que le dénominateur est la somme des débits nominaux de tous les ports membres.

Ce que la page additionne

Le bloc « Quick Facts » de la page d'accueil du SIX énumère, dans l'ordre, « 14 member-facing 400GbE ports 210 member-facing 100GbE ports 1 member-facing 40GbE port 178 member-facing 10GbE ports 14 member-facing GigE ports », puis deux totaux : « 3.70 Tbps of peak traffic » et « 28+ terabits of connected member capacity ». La même page compte « 372 ASNs, 442 routers, 371 members ». La page « à propos » confirme la gamme commercialisée : « The SIX offers 1GbE, 10GbE, 40GbE, 100GbE, and 400GbE port options. » Aucune autre classe de port n'apparaît dans les pages retenues.

L'addition se fait sans hypothèse : 14 × 400 = 5 600 ; 210 × 100 = 21 000 ; 1 × 40 = 40 ; 178 × 10 = 1 780 ; 14 × 1 = 14. Le total vaut 28 434 Gbit/s, soit 28,434 Tbit/s, pour 417 ports. Le chiffre imprimé « 28+ » est donc cohérent, au chiffre près, avec la somme des cinq classes.

Pourquoi une identité arithmétique n'est pas une mesure

Parce que chaque terme additionné est un débit nominal de port, la somme se referme toujours : elle ne dépend que du nombre de ports de chaque classe et de la vitesse que cette classe désigne. C'est une identité comptable, pas un relevé. Une mesure de capacité supposerait au minimum de savoir combien de ces ports sont équipés et actifs, et à quel débit ils fonctionnent réellement ; aucune page retenue ne le dit. Le total ferme donc trop bien pour être autre chose qu'un inventaire.

Le seul rapport calculable, et ce qu'il n'est pas

3 700 / 28 434 = 0,1301, soit 13,0 %. Ce nombre divise un débit agrégé publié par la somme des débits nominaux de tous les ports membres : ce n'est pas une utilisation, et il faut l'écrire dans la phrase même où le chiffre apparaît. La concentration est plus informative : 224 des 417 ports sont des 100GbE ou des 400GbE (53,7 %) et portent 26 600 des 28 434 Gbit/s de débit nominal additionné (93,6 %). Au pic imprimé, la moyenne calculée sur l'inventaire imprimé vaut 8,87 Gbit/s par port et 9,97 Gbit/s par membre — des moyennes sur l'inventaire, non des lectures par membre.

Enfin, 417 ports pour 371 membres donnent 1,12 port par membre.

Une obligation renvoyée à un instrument non lu

La page « à propos » contient la seule phrase des pages retenues qui traite des obligations des participants : « There are no requirements of participants, other than they follow the rules of the exchange. » Le prix est traité de la même manière : « One-time port fees are detailed on our join page. The SIX does not charge recurring fees, but they are offered as a payment option. » Or la page d'adhésion vers laquelle renvoie cette phrase n'a produit aucun texte lisible dans la fenêtre retenue : 477 octets de snapshot, aucun contenu de page. Le même résultat a été enregistré pour /fees/, /port-fees/, /technical/ et /membership/. Le montant, la durée, la procédure de préavis et le contenu des « règles de l'échange » sont donc non lus, et non absents. Là est le point d'observation : l'exploitant ne publie pas une obligation, il publie un renvoi.

La redondance est une consigne adressée aux membres

Sur la page des serveurs de routes : « The route server service is intended to supplement, not replace your direct peering. » Et surtout : « It is important to establish sessions with all of the route servers available on the VLANs to which you are attached, so that maintenance on one route server does not affect your connectivity. » L'instruction de redondance existe, mais elle est adressée aux membres et porte sur leurs sessions. Aucune page retenue n'énonce d'engagement de disponibilité de l'exploitant, ni de niveau de service chiffré, ni de remède. Cela borne ce que ces six pages disent ; ce n'est pas la preuve qu'un tel engagement n'existe nulle part.

Ce que six pages ne peuvent pas établir

La page des statistiques ne donne qu'une cadence d'échantillonnage : « The charts on this page are based on the IX standard 5 minute sampling rate. There is also a page with the charts based on a 1 minute sampling rate. » Rien sur la fenêtre, l'agrégation ni l'unité du 3,70 Tbit/s. La page des participants propose des exports — « CSV | Euro-IX JSON | PCH | SIX JSON | TSV » — et note : « Some data is from PeeringDB.com and is updated hourly. » C'est une provenance, pas une mesure de trafic. Enfin, 372 ASN contre 371 membres : un écart d'une unité que la page ne commente pas ; nous le notons sans l'expliquer. La fiche du répertoire BTW rattache ces observations à l'entité.

Ce que ces six pages établissent, c'est une surface de publication : un total qui se referme, un pic qui ne s'explique pas, des obligations renvoyées ailleurs. Un lecteur qui veut savoir ce que l'échange porte réellement devra demander une base de mesure, non relire la même page.