Résumé

Résumé

  • Le projet s’inscrit dans une réflexion engagée en 2023 sur la mesure participative, ses limites possibles et la comparaison des fournisseurs.
  • La publication des méthodes, des échantillons et des conditions de test permettra d’évaluer la représentativité sans confondre mesures ponctuelles, offres commerciales et expérience des usagers.

Un téléphone affiche une vitesse de téléchargement, un temps de réponse ou une mesure de qualité vidéo : le chiffre semble simple, mais sa portée dépend des conditions dans lesquelles il a été obtenu. À Maurice, KaliteNet entend rendre ces observations utiles au débat public sur les télécommunications. L’ICTA a lancé la plateforme lors d’un atelier le 11 mai 2026. Son site la présente comme un service gratuit développé par nPerf SAS, accessible sur le Web et par des applications mobiles. Une note du Cabinet, publiée le 15 mai, indiquait que les résultats recueillis devaient alimenter des graphiques régionaux sur la couverture et les vitesses.

L’enjeu dépasse donc la mise à disposition d’un outil : il consiste à rendre les mesures suffisamment explicites pour que chacun puisse en comprendre la portée.

Cette ambition prolonge un chantier engagé avant le lancement. Le 31 janvier 2023, l’ICTA avait proposé une évaluation participative de la qualité de service et de l’expérience utilisateur, assortie de publications comparant les fournisseurs. Dans sa réponse du 9 mai, le régulateur a résumé quatre contributions, provenant de Mauritius Telecom/Cellplus, d’Emtel, d’Ookla et de Respondent A. Les participants ont soulevé plusieurs difficultés possibles : répartition inégale des tests selon les lieux et les périodes, différences de comportement entre utilisateurs, plafonds de forfait, répétition des mesures et questions de vie privée.

Ils ont également interrogé la capacité d’une approche exclusivement participative à fournir une évaluation suffisante. Ces interventions documentent un débat méthodologique, et non des défauts établis du service aujourd’hui disponible.

La réponse de l’ICTA et les exigences de son appel d’offres de 2024 permettent de préciser ce qui compte dans une mesure exploitable. Le régulateur a indiqué que les données participatives pouvaient être complétées par d’autres méthodes, en insistant sur l’expérience de bout en bout, les limites des forfaits et la comparabilité des serveurs. Le marché demandait aux candidats de décrire leurs méthodes statistiques et de prendre en charge les connexions fixes et mobiles, les tests manuels et automatisés, le débit, la latence ainsi que les expériences de navigation et de vidéo.

Il envisageait un pilote de trois mois, puis trois années d’exploitation, avec des campagnes nationales de deux mois tous les six mois, selon un calendrier restant « à déterminer », et des rapports nationaux. Le contrat de 347 700 euros a été attribué à nPerf SAS le 11 septembre 2024. Ces clauses décrivent le programme attendu, pas son exécution vérifiée.

Pour interpréter les résultats, quatre notions doivent rester distinctes. Un test décrit une performance mesurée dans des conditions données ; un forfait annoncé définit une offre commerciale, sans garantir une vitesse identique à chaque instant. La couverture géographique indique où un service est disponible, tandis qu’une carte de mesures indique où des observations ont été recueillies et ce qu’elles ont enregistré. Enfin, aucune de ces informations ne suffit, à elle seule, à décrire l’expérience de tous les usagers.

Une publication méthodologique utile devrait donc préciser les périodes et zones couvertes, le traitement des tests répétés, les catégories de connexion, les limites liées aux forfaits et le rôle des serveurs, ainsi que les méthodes statistiques employées. La question n’est pas de présumer que KaliteNet produit des comparaisons inadéquates, mais de déterminer quelles preuves permettent de les interpréter, de les comparer et, si nécessaire, de les réviser.

Sources