Résumé

  • InterLAN Internet Exchange SRL (InterLAN-IX) se présente comme une société privée à capitaux roumains, détenue intégralement par l'Asociația Interlan, organisation à but non lucratif regroupant des fournisseurs d'accès à Internet roumains, dont le siège est à Bucarest (InterLAN-IX).
  • L'exploitant déclare plus de 180 systèmes autonomes présents, plus de 2,6 Tbps de capacité connectée et un pic de trafic quotidien supérieur à 1 Tbps, répartis sur 17 sites d'interconnexion (InterLAN-IX).
  • Le Romanian Network Operators Group décrit le même point d'échange comme fondé en 2005, avec 18 points de présence en Roumanie plus Francfort et Sofia, plus de 150 opérateurs et un trafic supérieur à 600 Gbps (RONOG).
  • Les deux récits divergent d'un facteur proche de deux sur le trafic et de plusieurs dizaines de réseaux sur le membership ; aucun ne précise la date de mesure de ses propres chiffres.

Ce que l'exploitant publie

InterLAN-IX présente InterLAN Internet Exchange SRL comme une société privée à capitaux roumains, détenue intégralement par l'Asociația Interlan, une organisation à but non lucratif de fournisseurs de services d'accès à Internet de Roumanie, dont le siège est à Bucarest (InterLAN-IX). La même page indique que le point d'échange est membre de plein droit d'Euro-IX depuis 2008 et de plein droit du RIPE NCC depuis 2015 (InterLAN-IX).

L'empreinte physique est énumérée nommément : 17 sites d'interconnexion, avec des points de présence nationaux à Bucarest, Constanța, Timișoara, Craiova, Arad, Cluj-Napoca, Iași, Suceava, Târgu Secuiesc et Gheorgheni, complétés par des points de présence internationaux à Francfort, en Allemagne, et Sofia, en Bulgarie (InterLAN-IX).

Les chiffres de charge sont tout aussi détaillés : plus de 180 systèmes autonomes présents, plus de 2,6 Tbps de capacité connectée et un pic de trafic quotidien supérieur à 1 Tbps, avec six instances de serveurs racine DNS hébergées (D, E, F, K, L et M) (InterLAN-IX). Sur le plan matériel, l'exploitant décrit des commutateurs Ethernet interconnectés par des dorsales à 10 Gbps et 40/100 Gbps, hébergés en centres de colocation, avec des interfaces à 1, 10, 40 et 100 Gbps (InterLAN-IX).

Le même point d'échange, décrit autrement

Le Romanian Network Operators Group donne une seconde version de la même plateforme : un point d'échange neutre fondé en 2005 par une association roumaine d'opérateurs de télécommunications, exploitant 18 points de présence en Roumanie et, en outre, à Francfort et Sofia, desservant plus de 150 opérateurs de Roumanie et d'ailleurs, avec un trafic supérieur à 600 Gbps (RONOG).

Comparés à la page de l'exploitant, les deux textes divergent sur trois des quatre grandeurs mises en avant. L'un compte plus de 180 systèmes autonomes, l'autre plus de 150 opérateurs : l'écart peut ressembler à un arrondi, mais les deux unités ne mesurent pas la même chose. L'un annonce 17 sites d'interconnexion, l'autre 18 points de présence en Roumanie auxquels s'ajoutent les deux sites internationaux. L'un retient un pic quotidien supérieur à 1 Tbps, l'autre un trafic supérieur à 600 Gbps. Ni l'une ni l'autre source ne précise la date ou la méthode de sa mesure (InterLAN-IX, RONOG).

La différence de comptage des membres est la moins instructive : un nombre d'opérateurs et un nombre de systèmes autonomes se relèvent à des moments différents et ne dénombrent pas la même population. L'écart de trafic est plus lourd de conséquences : un pic de 1 Tbps et un trafic soutenu de 600 Gbps décrivent deux réseaux différents, et un acheteur qui chiffre un port à Bucarest veut savoir lequel on lui propose.

Pourquoi l'écart a une portée commerciale

InterLAN-IX ne détient pas seul le marché roumain de l'interconnexion métropolitaine. DE-CIX cite Bucarest, en Roumanie, parmi les lieux depuis lesquels les réseaux peuvent se raccorder à sa plateforme d'interconnexion, aux côtés de plus de 60 emplacements et de plus de 4 600 réseaux connectés dans le monde (DE-CIX). Un réseau qui cherche à atteindre des internautes roumains dispose donc d'au moins deux voies commerciales vers la même ville : un point d'échange national, dont les membres sont majoritairement des fournisseurs d'accès roumains, et une plateforme internationale à base installée beaucoup plus large, également présente à Bucarest.

C'est là que les chiffres cessent d'être un argument de communication pour devenir une donnée d'achat. La valeur d'un point d'échange pour un membre potentiel dépend du nombre de réseaux qu'il doit joindre et qui sont déjà présents, ainsi que du coût pour atteindre ceux qui manquent. Selon l'exploitant, cela représente plus de 180 systèmes autonomes joignables localement, six instances de serveurs racine hébergées sur la plateforme et des interfaces jusqu'à 100 Gbps (InterLAN-IX). Selon le RONOG, cela représente plus de 150 opérateurs et plus de 600 Gbps (RONOG). Les deux lectures sont compatibles avec un tissu national substantiel ; aucune ne permet à un acheteur de le dimensionner précisément.

La couche de référence aggrave le problème. PeeringDB, la base que la plupart des opérateurs consultent avant de choisir où s'interconnecter, est librement accessible mais maintenue par ses utilisateurs, sans but lucratif et animée par des bénévoles (PeeringDB). Sa valeur dépend de la mise à jour des fiches par les participants eux-mêmes. Pour un point d'échange, l'empreinte visible dans cette référence commune dépend donc en partie de son propre entretien documentaire — et un écart entre une page commerciale et une description communautaire est exactement ce qui érode l'utilité de cette référence.

Ce qui est établi, et ce qui ne l'est pas

Établi : InterLAN-IX est un point d'échange roumain exploité par une société de Bucarest détenue par une association à but non lucratif de fournisseurs d'accès roumains, avec une empreinte nationale couvrant dix villes nommées et des points de présence internationaux à Francfort et Sofia, et une appartenance à Euro-IX et au RIPE NCC (InterLAN-IX). Établi également : la onzième réunion du RONOG a été accueillie par InterLAN à Bucarest le 29 septembre 2026, ce qui confirme l'existence d'une communauté d'opérateurs nationale active autour du point d'échange (RONOG).

Non établi : laquelle des deux valeurs de trafic décrit la plateforme aujourd'hui, comment chacune a été mesurée, et si les deux décomptes de membres portent sur la même population. La page de l'exploitant comme celle du RONOG décrivent le point d'échange depuis l'intérieur de la communauté opérateur roumaine, et aucun document réglementaire ou dépôt officiel n'a été consulté ici pour corroborer la structure de propriété ou la forme juridique : ces éléments reposent donc sur la seule déclaration de l'exploitant (InterLAN-IX).

En l'état, la lecture défendable est celle d'un point d'échange réellement national, doté d'une empreinte physique nommée, dont l'échelle publiée reste exprimée en fourchettes qu'un membre potentiel ne peut pas convertir en décision. Le prochain élément observable utile est un chiffre de capacité daté et accompagné de sa méthode — fourni par le point d'échange ou par les bases de référence qu'utilisent ses membres. D'ici là, l'écart entre les deux récits constitue le résultat. La fiche de l'exploitant est disponible dans l'annuaire BTW.