- Le budget de l'Inde permet aux entreprises étrangères de financer des équipements pour les sous-traitants dans les zones sous douane sans risque fiscal à court terme.
- Ce changement soutient la fabrication de produits électroniques orientée vers l'exportation, mais laisse des questions sur la création de valeur nationale.
Que s'est-il passé
Le gouvernement indien, dans le cadre deson budget fédéral 2026–27, a modifié son code fiscal pour permettre aux entreprises étrangères de financer des machines pour les sous-traitants sans encourir de dettes fiscales locales pendant cinq ans. Cette disposition s'applique aux installations « sous douane », c'est-à-dire aux zones industrielles traitées comme étant en dehors du territoire douanier indien, et devrait rester en vigueur jusqu'à l'année fiscale 2030–31.
La réforme est largement perçue comme une réponse directe au lobbying d'Apple Inc., qui craignait que le financement d'équipements de production d'iPhone haut de gamme pour ses partenaires en Inde ne crée un « établissement stable » (business connection) au regard du droit fiscal indien, pouvant entraîner une imposition de ses bénéfices. Sous les règles précédentes, les sous-traitants d'Apple, tels que Foxconn et Tata, devaient assumer eux-mêmes ces dépenses pour éviter de tels risques.
Selon les responsables des finances, ce changement supprimera un obstacle important pour les entreprises cherchant à investir dans la fabrication électronique indienne et réduira les charges financières initiales, ce qui pourrait accélérer les investissements. Cependant, l'exonération ne s'applique qu'aux zones sous douane orientées vers l'exportation; les appareils destinés au marché intérieur resteront soumis aux droits d'importation s'ils sont vendus localement.
Pourquoi c'est important
L'Inde s'efforce de renforcer son rôle dans les chaînes d'approvisionnement mondiales de l'électronique, en cherchant à diversifier la production en dehors de la Chine et à accroître la fabrication à haute valeur ajoutée sur son territoire. La nouvelle certitude fiscale pourrait encourager les entreprises multinationales à accélérer leurs investissements dans les lignes de production et l'outillage, une étape clé compte tenu des objectifs récents visant à stimuler la fabrication et les exportations dans des secteurs allant des semi-conducteurs à l'électronique grand public.
Ce contexte s'inscrit dans des efforts politiques plus larges, comme l'initiativeMake in India(Fabriquer en Inde), un programme lancé en 2014 visant à accroître la contribution de l'industrie manufacturière à l'économie. Cependant, des évaluations indépendantes indiquent que la part de l'industrie manufacturière dans le PIB de l'Inde peine à augmenter significativement malgré ces incitations.
Bien que l'ajustement budgétaire apporte de la clarté, son accent sur les zones sous douane et les exportations soulève des questions quant à savoir s'il permettra d'élargir véritablement la valeur ajoutée nationale ou simplement de faciliter l'utilisation par les entreprises étrangères des pôles d'assemblage à bas coûts de l'Inde. Les investisseurs et les décideurs politiques observeront si cette mesure et d'autres similaires se traduisent par des flux de capitaux et des emplois durables, ou si elles ne font que déplacer l'empreinte de production sans transformation industrielle profonde.

