Résumé

  • University of Hawaii présente HIX comme un réseau d'échange destiné aux administrations, à l'enseignement et à la recherche, connecté au réseau commercial de DRFortress.
  • L'identité de HIX et des listes publiques de réseaux sont documentées. Une vitesse de raccordement déclarée ne mesure ni le trafic local ni la résistance à une panne de câble.

Une université enseigne, mène des recherches, gère des campus. À Hawaï, elle organise aussi une partie des rencontres entre réseaux internet. Le travail est discret : permettre à des institutions proches de s'échanger du trafic localement, au lieu de dépendre d'un détour lointain faute d'interconnexion adaptée.

Cette mission est celle de Hawaii Internet Exchange, HIX. University of Hawaii en situe les débuts en 1995 et indique que son service Information Technology Services en assure la gestion et le financement. Les réseaux concernés sont ceux des administrations, de l'enseignement et de la recherche. Derrière la technique, il y a donc des établissements dont les interlocuteurs peuvent être tout près, même si leurs réseaux ne sont pas directement reliés.

Deux opérateurs, un passage entre eux

En 2013, HIX a recentré son activité sur ces institutions, tout en conservant son interconnexion avec le point d'échange commercial de DRFortress, selon l'historique de l'université. Cette liaison permet de rejoindre des réseaux de fournisseurs locaux. Elle ne fait pas de HIX et de DRFortress un seul opérateur.

Le récit technique de l'époque donne deux adresses fonctionnelles à ce rapprochement : un routeur sur le campus de Manoa, un autre chez DRFortress, près de l'aéroport d'Honolulu, reliés en Gigabit Ethernet. Mais la page d'accueil du site universitaire porte une date de dernière mise à jour d'avril 2014. Ce détail raconte une architecture historique, pas un débit vérifié aujourd'hui.

L'économie du raccordement mérite la même précision. Les conditions présentées par l'université ne prévoyaient pas de frais de connexion HIX pour le peering, mais laissaient aux participants les circuits et les éventuels frais d'hébergement. Chaque réseau devait disposer de son numéro d'identification et échanger des routes d'origine hawaïenne. Un échange local sans frais de peering n'est donc pas un accès gratuit à tout l'internet.

De son côté, DRFortress commercialise DRFxchange, avec une infrastructure d'échange annoncée comme redondante et des possibilités de peering bilatéral ou multilatéral. Il s'agit de la description du fournisseur, non d'une mesure indépendante du gain de temps obtenu par un utilisateur.

Les réseaux ont des noms, pas seulement des numéros

Il n'est pas nécessaire de deviner ce que signifie HIX. L'université donne son nom complet et son numéro de réseau, AS19035. ARIN enregistre également Hawaii Internet Exchange. Une recherche infructueuse portant sur un nom exact dans une autre catégorie de registre n'annule pas ces confirmations.

Au 21 octobre 2026, la fiche de raccordement PeeringDB indiquait une connexion HIX à DRF IX de 10 000 Mbps, soit 10 Gbps, avec des adresses IPv4 et IPv6. C'est la vitesse déclarée de cette connexion, pas le trafic constaté ni la capacité totale de HIX.

La ligne a été créée puis modifiée à 82 secondes d'intervalle le 18 décembre 2019. Rien ne permet de transformer ces horodatages en durée d'installation ou en preuve d'abandon. La fiche du réseau comporte d'ailleurs des mises à jour de 2023, distinctes de celles du raccordement.

Quant aux participants, ils ne sont pas tous cachés. La liste historique de l'université mentionne notamment Hawaii Department of Education, State of Hawaii et US Geological Survey parmi les réseaux accessibles. Elle ne constitue pas un recensement actuel audité. DRFortress renvoie pour sa part vers la page publique de DRF IX, qui affichait 34 pairs et 40 connexions lors de notre consultation. On peut donc consulter des noms et des raccordements sans pour autant connaître leur activité instantanée.

Rester proche sans renoncer au large

Le rôle de ces échanges apparaît mieux à côté de celui des câbles sous-marins. Le système North/South de Southern Cross relie Hawaï à l'Australie, à la Nouvelle-Zélande, aux Fidji et à la côte ouest américaine. BW Digital décrit Hawaiki comme desservant également Hawaï, avec une mise en service commerciale en 2018. Ces routes ne prouvent ni les contrats de HIX ni son itinéraire de secours lors d'une panne.

L'enjeu n'est pas de choisir entre le local et le large. Il est de ne pas demander à la liaison vers le large de résoudre à elle seule les relations entre voisins. La part de trafic réellement conservée à Hawaï reste à mesurer ; l'organisation qui cherche à le permettre, elle, est bien documentée.

Rectification du 21 octobre 2026 : l'identité complète de HIX et l'existence d'informations publiques sur les participants ont été confirmées. Nous retirons les affirmations contraires ainsi que l'interprétation d'une ancienne date de mise à jour comme preuve d'abandon du raccordement.