Résumé

  • Haiku 5.5 dispose d’une fenêtre de contexte d’un million de jetons, mais applique un tarif cinq fois supérieur au-delà de 100 000.
  • Le même texte générant environ 30 % de jetons supplémentaires par rapport à Haiku 4.5, les clients doivent refaire leurs mesures avant d’extrapoler l’économie annoncée par Anthropic.

Analyse

La capacité d’un modèle et le prix de son usage sont deux choses différentes. Anthropic a lancé Haiku 5.5 le 7 octobre avec une fenêtre de contexte d’un million de jetons et une sortie pouvant atteindre 128 000 jetons. Pourtant, la frontière économique se situe bien plus tôt. Pour une requête allant jusqu’à 100 000 jetons, le tarif affiché est de 0,10 dollar par million de jetons en entrée et de 0,50 dollar en sortie. Au-delà, il passe respectivement à 0,50 et 2,50 dollars. Les deux postes sont donc facturés cinq fois plus cher une fois le seuil franchi, selon la grille tarifaire de Claude Platform.

Cette structure ne réduit pas la fenêtre disponible. Elle sépare simplement la capacité maximale du contexte et le prix des requêtes longues. Pour les acheteurs, la distinction compte : la mention « un million de jetons » décrit ce qui peut entrer dans une requête, tandis que le seuil de 100 000 contribue à déterminer son coût.

Le changement de tokenizer rend les anciennes mesures moins fiables. Anthropic indique que le même texte produit environ 30 % de jetons en plus avec Haiku 5.5 qu’avec Haiku 4.5, avec des écarts selon le contenu. Le guide de migration demande donc de recompter les prompts et de revoir les estimations, plutôt que de réutiliser les anciens relevés.

Deux exemples montrent l’effet possible. Un texte mesuré à 50 000 jetons sur Haiku 4.5 pourrait en représenter environ 65 000 sur Haiku 5.5. Le coût d’entrée seul passerait alors de 0,05 à 0,0065 dollar, soit environ 87 % de moins au tarif catalogue. Un texte auparavant évalué à 80 000 jetons pourrait approcher 104 000 jetons après le changement de tokenizer : il se retrouverait dans la tranche supérieure. Le calcul d’entrée serait alors de 0,08 dollar sur Haiku 4.5 contre environ 0,052 dollar sur Haiku 5.5, soit 35 % de moins.

Ces chiffres illustrent la grille tarifaire ; ils excluent les sorties, les outils, le cache, les remises et toute différence de performance.

Anthropic affirme que Haiku 5.5 coûte en moyenne environ 75 % de moins à l’usage. La note associée précise que le calcul tient compte du changement de tokenizer et que 90 % des requêtes adressées à Haiku 4.5 ne dépassaient pas 100 000 jetons. Ce chiffre est une moyenne calculée par l’entreprise pour un ensemble de tâches. Il ne décrit pas la distribution de chaque client : 90 % des requêtes ne signifie pas 90 % du volume de jetons, et la part des requêtes longues peut changer après une migration.

Le cache de prompt et l’API Batch modifient encore la facture : les écritures et lectures en cache ont leurs propres tarifs, tandis que le traitement par lots réduit de 50 % les tarifs des jetons en entrée et en sortie. Une requête comprend aussi l’historique conservé, les définitions d’outils et leurs résultats, les documents ainsi que la réponse générée. La documentation sur les fenêtres de contexte précise que ces éléments sont pris en compte. La taille d’un fichier ne suffit donc pas à estimer le coût d’une requête.

Pour un acheteur, l’étape utile consiste à mesurer des prompts représentatifs avec le tokenizer de Haiku 5.5, puis à répartir le trafic en catégories situées en dessous, autour et au-dessus du seuil. Il faut suivre séparément les jetons d’entrée et de sortie, les lectures et écritures de cache, ainsi que les requêtes compatibles avec Batch. Si la tranche longue concentre la dépense, le client peut tester la récupération ciblée ou la synthèse de contexte — à condition de vérifier que l’information supprimée ne dégrade pas le résultat.

La question n’est donc pas de savoir si un million de jetons est préférable à une fenêtre plus petite. Il s’agit de déterminer ce que coûte Haiku 5.5 sur les longueurs de prompt réellement produites par le travail d’une équipe. La capacité est large ; la facture, elle, dépend de la fréquence à laquelle le contexte traverse une ligne tarifaire située à un dixième de cette capacité.

Sources