Summary

  • La version 2 de LAC-2025-5, ratifiée le 24 mars 2026, ouvre une voie pour sous-attribuer des IPv4 hors de l’infrastructure du titulaire initial. Les blocs vont de /24 à /22, doivent rester utilisés dans la région LACNIC et sont réservés à un bénéficiaire détenant un ASN et de l’espace IPv6 attribués par LACNIC.
  • Le membre doit inscrire le bloc et l’ASN du bénéficiaire dans WHOIS. Le texte prescrit un journal public des débuts et fins de sous-attribution. Le bénéficiaire ne peut pas transmettre le bloc à son tour ; le membre en garde la responsabilité et doit mettre fin à un usage contraire aux règles.
  • Deux délais de trois ans se distinguent : un bloc reçu directement ou par transfert doit attendre trois ans avant cette sous-attribution ; le membre qui sous-attribue ne peut demander de nouveaux IPv4 ni en recevoir par transfert pendant trois ans après sa dernière opération. L’avis de septembre annonçait une première mise en œuvre avant fin 2026, tandis que la liste des politiques affiche encore « Ratified ».

LACNIC a choisi d’ouvrir le registre à une pratique que son ancienne règle tenait à l’écart. Un membre pourra placer une portion de ses IPv4 dans l’infrastructure d’une autre organisation, à condition que l’opération laisse une trace et réponde à des critères précis. Le changement porte autant sur le pouvoir de disposer d’une ressource rare que sur la qualité des données publiques. La trace permettra d’identifier le réseau utilisateur ; la contrepartie immobilisera pendant trois ans l’accès du fournisseur à d’autres adresses.

Les auteurs de la proposition invoquent des locations informelles qui laissent des inscriptions obsolètes et l’accès des petits fournisseurs d’accès à l’IPv4. Il s’agit de leur diagnostic, sans mesure publiée du volume concerné. La décision vérifiable est plus étroite : le conseil a ratifié la version 2 le 24 mars 2026. Cette version modifie l’interdiction de sous-attribuer à un tiers situé hors de l’infrastructure du destinataire initial.

Le couloir est balisé. Il concerne seulement l’IPv4 et exclut les allocations destinées aux infrastructures critiques. Les adresses doivent être utilisées intégralement dans la région desservie par LACNIC. Le destinataire doit déjà avoir au moins un ASN et un espace IPv6 attribués par LACNIC. Le membre fournisseur doit détenir des ressources dans la région et un contrat de service valide avec LACNIC ou un registre national compétent. L’adresse ne devient donc pas une marchandise anonyme : le registre exige deux acteurs identifiables.

La taille admise commence à /24 et s’arrête à /22. La page de la proposition conserve aussi la première version, qui plafonnait à /21 ; cette limite appartient au brouillon, pas au texte ratifié. Le bénéficiaire doit démontrer une utilisation actuelle ou un besoin immédiat d’au moins 25 % du bloc et prévoir l’utilisation d’au moins 50 % sous un an. LACNIC peut demander des pièces et procéder à des contrôles. Un contrat privé entre entreprises devra ainsi s’accompagner d’une justification opérationnelle adressée au registre.

Le dispositif de publicité fonctionne à deux niveaux. WHOIS reliera chaque bloc à l’ASN du bénéficiaire. Un journal public inscrira début et fin de chaque mouvement, avec bloc, ASN, date et type d’événement, sans exposer d’autres détails opérationnels sensibles. La partie qui livre les adresses gardera pourtant la responsabilité finale. Si le bénéficiaire contrevient aux obligations, elle devra rompre la sous-attribution ; son inaction pourra mettre ses propres ressources en jeu selon les règles de révocation applicables. Le registre gagne une vue sur l’utilisateur et un moyen de pression sur son fournisseur.

Il faut ensuite lire les deux horloges sans les confondre. La première porte sur le bloc : un IPv4 reçu de LACNIC par attribution ou allocation, ou acquis par transfert, ne peut entrer dans ce mécanisme qu’après trois années. Cette attente empêche le passage immédiat d’une ressource nouvellement obtenue à un tiers. Le bénéficiaire ne peut pas relayer le bloc à un quatrième acteur sous le même dispositif.

La seconde horloge porte sur le membre. Après une sous-attribution, il perd pendant trois ans la faculté de demander de nouveaux IPv4 à LACNIC ou d’en recevoir par transfert. Le délai part de la dernière sous-attribution. Un fournisseur qui conclut un nouvel accord relance donc son propre compteur. Pour une organisation dont l’activité dépend d’un apport régulier en adresses, chaque contrat supplémentaire peut prolonger une incapacité d’acquisition. C’est le prix le plus lourd de la visibilité promise.

Une ratification ne met pas automatiquement le formulaire, WHOIS et le journal en service. Le message officiel du 1er septembre 2026 annonçait une première étape avant la fin de l’année et signalait des difficultés techniques à résoudre ensuite. Lors de cette vérification, le système des politiques classe toujours LAC-2025-5 comme « Ratified », et non « Implemented ». L’état actuel documenté est celui d’une règle adoptée et d’un calendrier annoncé. Une mise à jour du manuel ou un journal réellement consultable précisera la portée opérationnelle.