Résumé

  • L’invitation d’AFRINIC du 18 septembre 2026 fait état de 257 jalons issus de 19 Deployathons, avec 246 organisations participantes dans 27 pays.
  • Un billet du 21 février 2023 attribuait 377 jalons aux programmes Deployathon et DO Helpdesk réunis, avec 149 organisations dans 32 pays.
  • L’écart de 120 ne prouve pas un recul : les dates et les périmètres annoncés diffèrent, et aucun tableau de correspondance ni règle de comptage ne permet d’en faire une série comparable.

Deux publications d’AFRINIC donnent deux totaux pour son appui au déploiement d’IPv6. Le plus récent est inférieur. La soustraction est simple ; son interprétation ne l’est pas.

L’invitation du 18 septembre à un Deployathon à Gaborone indique que 19 Deployathons ont été organisés. Elle recense 246 organisations participantes dans 27 pays et 257 jalons. Un billet publié le 21 février 2023 faisait état de 377 jalons pour 149 organisations dans 32 pays. Il précise que le total venait des programmes Deployathon et DO Helpdesk ; les données par pays sont datées de février 2023.

Publication d’AFRINIC Périmètre annoncé Jalons Organisations Pays
21 février 2023 Deployathon et DO Helpdesk 377 149 32
18 septembre 2026 19 Deployathons 257 246 27

La différence brute est de 120. Elle ne peut être présentée comme 120 jalons perdus, annulés ou réfutés. Le chiffre de 2023 agrège deux dispositifs. L’avis de 2026 mentionne des Deployathons et, séparément, plus de 100 appels d’assistance ; il ne précise pas si les jalons issus du DO Helpdesk restent inclus dans les 257. Il ne donne pas non plus de date d’arrêté ni n’indique si les anciens enregistrements ont été conservés, reclassés ou recalculés. Un périmètre plus restreint pourrait expliquer tout ou partie de l’écart, tout comme une définition ou une pratique de publication modifiée. Les documents disponibles ne tranchent pas.

Un « jalon » recouvre des preuves différentes

Les catégories ne décrivent pas toutes le même type de résultat. Dans l’annexe de 2023, AFRINIC définit un objet route6 valide comme un objet IRR. Un plan d’adressage validé est indiqué comme mis en œuvre dans un gestionnaire IPAM. Un préfixe IPv6 annoncé est visible dans la table de routage Internet. Le trafic d’un VLAN de test circule dans un environnement d’essai ; un client activé en IPv6, lui, désigne un utilisateur final capable d’émettre et de recevoir du trafic IPv6.

L’avis de 2026 rassemble aussi des étapes différentes : objets route6 et RPKI, plans d’adressage, préfixes annoncés, cœur de réseau IPv6, VLAN de test, DNS et trafic utilisateur. Tous peuvent constituer des indicateurs utiles, mais ils ne prouvent pas la même chose. Un objet de registre documente un état administratif ou une configuration ; une mention de trafic utilisateur correspond à une étape opérationnelle ultérieure. Aucun de ces indicateurs ne renseigne à lui seul sur la fiabilité, la durée, la portée client ou la part du réseau concernée.

Les onze catégories chiffrées dans l’avis de 2026 totalisent 241, contre 257 pour le total annoncé. Le billet de 2023 donne cinq exemples dont la somme atteint 226, contre 377 au total. Les deux textes introduisent ces listes comme des exemples, non comme des décompositions exhaustives. Aucun ne précise si une organisation ou un déploiement peut apparaître dans plusieurs catégories. Les écarts de 16 et 151 ne peuvent donc pas être qualifiés de jalons manquants.

On ne peut pas davantage diviser les trois réseaux mentionnés pour leur trafic IPv6 utilisateur par les 246 organisations participantes afin de calculer un taux d’adoption. Le premier chiffre compte des jalons d’une catégorie ; le second, des organisations ayant participé. L’avis ne relie pas chaque jalon à une organisation distincte, ne dit pas combien ont participé plusieurs fois et ne définit pas la population des réseaux africains. Trois est la valeur déclarée d’une catégorie de programme, pas le nombre de réseaux compatibles IPv6 dans la région.

Il manque le raccordement entre les deux états

Ces instantanés restent utiles. Ils montrent ce qu’AFRINIC a choisi de publier à deux moments, mais la question demeure : que comprend précisément le total le plus récent et comment se relie-t-il à l’ancien ?

Une série comparable devrait préciser la date d’arrêté, les dispositifs inclus, l’unité de compte et la règle appliquée aux organisations participant plusieurs fois. Elle devrait définir chaque catégorie et le niveau de preuve nécessaire pour valider un jalon. Lorsqu’une mesure change, une courte table de correspondance pourrait indiquer si un dispositif a été exclu, une catégorie renommée, un enregistrement reclassé ou une cohorte recalculée. Il n’est pas nécessaire de publier des configurations confidentielles de clients ; il faut expliquer ce que signifient les chiffres rendus publics.

Le prochain Deployathon de Gaborone ne résout pas encore la question. L’invitation annonce l’événement du 6 au 9 octobre, après une date limite d’inscription fixée au 22 septembre. Au 28 septembre, l’événement n’a pas eu lieu et aucune sélection de participants ni aucun résultat ne sont établis. Cet article rend compte des chiffres cumulés publiés, pas des résultats de cette session.

Sources : l’invitation d’AFRINIC pour Gaborone en 2026 et son article 2023 sur les jalons de déploiement et son annexe.